Notes de Prod. : Brice De Nice

    en DVD le 13 Octobre 2005

Entretien avec Clovis Cornillac

C'est la première fois que vous tournez dans ce type de comédie. Qu'est ce qui a déclenché cette envie ?
Avant tout, j'aime surprendre. Les spectateurs, mais aussi moi-même. Je ne ferme rien et la possibilité de changer d'univers contribue à mon plaisir de comédien. Pour BRICE DE NICE, tout a commencé lors du « Printemps du cinéma », dont jean et moi étions les parrains. On ne se connaissait pas, mais le courant est tout de suite passé entre nous. On a bu quelques verres ensemble et je lui ai demandé quels étaient ses projets. Il m'a alors parlé de ce pseudo surfeur de Brice. L'idée m'a fait hurlé de rire et je lui ai dit : « Il te manque un personnage ? Ne cherche plus, tu l'as devant toi ». Jean s'est bien sûr montré extrêmement surpris. Pourtant, de mon côté, je savais, grâce à la manière dont s'est déroulée notre rencontre, que je faisais le bon choix. Le lendemain, la lecture du scénario n'a fait que confirmer mon instinct.

Qu'est ce qui vous a séduit chez ce Brice ?
Son originalité. Je ne connaissais pas les sketches, mais Jean a donné vie à un type d'une incorrection qui me réjouit. Je le rapprocherais, même si leurs univers restent très différents, de certains personnages de Louis De Funès : ils ont une espèce de méchanceté en eux, mais ils sont tellement drôles qu'ils inspirent malgré tout la sympathie.

Concernant Marius, le colosse aux pieds d'argile que vous incarnez, avez-vous participé à sa création ?
Oui, Jean et James (Huth) m'ayant donné carte blanche. Dans le scénario que j'ai eu entre les mains, Marius jouait déjà un rôle important, mais il n'avait pas de contours. Brice étant un blond aux cheveux longs, un gosse de riche longiligne qui se prend pour un mannequin et un type doué avec les mots, j'ai imaginé que son acolyte serait son double opposé. Soit un frisé aux épaules larges venant de la rue et surtout qui a du ma à s'exprimer. Au départ, je voulais même que Marius ne puisse jamais finir une phrase, que le spectateur ne comprenne strictement rien à ce qu'il raconte. Jean et James trouvaient le parti pris intéressant, mais excessif et trop risqué. On a donc fait un compromis qui me convient.

La Bricemania

1995 : Jean Dujardin crée un personnage de grand ado, vivant à Nice et obsédé par le surf : Brice de Nice. Il reprend ce personnage sur le plateau de l'émission « Graines de Stars » sur M6 et le décline avec le groupe comique les « Nous C Nous » au travers de 6 sketches diffusés en 1996. La vie de Brice de fait que commencer… Le net se l'approprie : mise en ligne et téléchargement des sketches dès la première heure, adoption des attitudes, forums, rassemblements… Brice devient une star du net auprès des 10-35 ans.

Entretien avec Jean Dujardin

Vous êtes-vous inspiré de quelqu'un en particulier pour créer ce personnage de Brice de Nice ?
En classe de Terminale, je connaissais un Brice qui était franchement ridicule. Son manque de recul m'amusait follement. Il passait son temps à casser les gens, et se prenait pour quelqu'un d'intelligent et de très spirituel. Ce gars-là, je l'ai archivé dans un coin de ma tête. A côté de ça, habitant à l'époque la région du Médoc, j'avais l'occasion de croiser des surfeurs. Je les observais et les écoutais beaucoup, du moins ceux qui préféraient jongler ou frimer au lieu d'aller à la baille. J'ai alors pensé qu'en connectant le Brice du lycée avec un surfeur, j'obtiendrais un personnage intéressant. Au niveau de son « staïle », la perruque blonde s'est imposée tout de suite. Pareil pour l'espèce de fausse dent au cou et le tee-shirt bien jaune et bien moulant que j'ai acheté dans un magasin de fringues de filles. Un copain des beaux-arts a eu l'idée d'y inscrire le prénom avec la typo de Nike, ce qui faisait extrêmement prétentieux. Ainsi est donc né Brice de Nice, en 1995, qui est d'ailleurs très vite devenu le personnage phare de mes premiers spectacles.