L’amour qu’éprouva John Keats, ce grand poète romantique anglais, pour une jeune fille nommée Fanny Brawne lui inspira certaines des plus belles lettres d’amour jamais écrites. Fanny était la fille aînée de la famille Brawne, et John Keats la considéra tout d’abord comme une jeune fille effrontée et aguicheuse. Mais c’est à l’époque où il vécut dans la maison voisine de la sienne à Hampstead, un faubourg du nord de Londres, entre 1819 et 1820, qu’il connut une prodigieuse explosion de créativité et écrivit trois de ses plus beaux poèmes, « Ode on a Grecian Urn », « Ode on Melancholy » et « Ode to a Nightingale ».
Le jeune couple se fiança en octobre 1819, sans que cela soit officiel, mais John et Fanny ne purent jamais se marier. Frappé par la tuberculose, Keats partit en convalescence pour un climat plus chaud sur le conseil des médecins, et quitta l’Angleterre pour l’Italie en 1820. Il ne revit jamais Fanny et mourut à Rome en février 1821. Il n’avait que 25 ans et ne devint célèbre que bien après sa mort. Son ultime poème s’intitulait simplement « To Fanny ». Fanny Brawne porta le deuil de John comme s’ils avaient été mariés, arborant une robe noire de veuve pendant trois ans et passant des heures dans sa chambre à
relire ses lettres, ou bien errant seule à Hampstead Heath. En 1833, elle se maria, puis eut deux enfants, mais elle n’ôta jamais l’anneau que Keats lui avait donné. Elle conserva aussi plus d’une trentaine de ses lettres d’amour. Certains de ces écrits étaient de simples notes, d’autres de longues chroniques de sa dévotion envers elle. Ces lettres sont devenues célèbres et figurent parmi les plus belles lettres d’amour
qu’un homme ait jamais écrites.