Lorsque
Michael De Luca veut racheter les droits du film pour réaliser un remake, il découvre que
Sighvatsson les possède déjà. Ils décident donc de s’associer et produire ce remake.
Sighvatsson et
Michael De Luca font alors appel au scénariste
David Benioff (
Les Cerfs-volants De Kaboul,
Stay et
Troie) pour transposer le scénario à l’univers américain. Benioff incorpore ainsi l’histoire contemporaine des Etats-Unis à travers la destinée de Sam et de Tommy Cahill, fils d’un ex-officier des Marines qui a servi durant la guerre du Vietnam.
« La base de l’histoire reste inchangée », assure Benioff,
« il s’agit de deux frères : un qui a toujours suivi le droit chemin réussissant tout ce qu’il entreprenait sans jamais laisser tomber personne ; et l’autre, le frère cadet, qui gâche tout ce qu’il touche. » Les producteurs contactent alors
Jim Sheridan. Dans ses films, de
My Left Foot,
Au Nom Du Père,
The Boxer à
In America, il a toujours exploré l’enchevêtrement des relations familiales, qui constitue justement le cœur de
Brothers. Selon
Sighvatsson,
« Jim reste toujours focalisé sur l’émotion. Sans jamais perdre de vue ni son histoire ni le cours des évènements ; tout cela compte pour lui beaucoup moins que l’émotion qui anime ses personnages. »
Depuis
My Left Foot, la plupart des personnages sont issus de familles ouvrières, il se sentait donc très proche des Américains provinciaux de
Brothers.
Jim Sheridan :
« Les Cahills sont des prolétaires, et ça je connais bien. Ils sont déchirés par la guerre et le film pose la question de savoir s’ils peuvent en guérir. La déchirante épreuve que Sam traverse en captivité ajoute une dimension supplémentaire à la manière dont le film dépeint la condition humaine. L’expérience de Sam en Afghanistan dépasse la compréhension et c’est ce qui change toute l’histoire. Elle va bien au-delà de la tragédie.»
Le fondateur de
Relativity Media,
Ryan Kavanaugh, a rejoint les rangs de l’équipe de
Brothers en tant que producteur,
Relativity assurant le financement du projet. Comme Sheridan, Kavanaugh s’est senti bouleversé par le dilemme de Sam, ses conséquences et son impact sur toute la famille Cahill.
« Le film ne se soucie pas tant de la guerre que de ce qu’il advient lorsqu’un être humain est aussi profondément blessé, qu’il se retrouve forcé de prendre des mesures que la plupart d’entre nous ne peuvent même pas concevoir. Comment un être humain peut-il en arriver là et quel impact cela peut-il avoir sur son entourage ? Lorsque Sam revient chez lui, il est devenu un personnage sombre et secret, à la fois colérique et paranoïaque ; il se cache de tout le monde y compris de sa propre famille. Et c’est Tommy qui assume alors son rôle de grand frère responsable. »
La perspective de travailler avec Sheridan sur des personnages dramatiques aussi solides a très vite attiré
Jake Gyllenhaal, qui interprète Tommy, le frère brebis galeuse:
« J’avais très envie de tourner avec Jim, mais je voulais travailler à ses côtés pour jouer un personnage distinct de tous les rôles que j’ai pu occuper précédemment. Tommy a grandi dans l’ombre de Sam et il sent bien qu’il n’est pas aimé. Il a la rage et est renfermé. Mais à travers d’horribles circonstances il va se transformer. »
Tobey Maguire a été attiré par le personnage du frère aîné, Sam Cahill, dès la lecture de la première version du script. Maguire perçoit la carrière militaire de Sam comme le choix raisonné d’un homme habitué à assumer des responsabilités et porté par un profond désir de stabilité.
« A cause de sa famille, Sam retrouve presque un sentiment de sécurité en intégrant l’armée. » explique Maguire,
« Sam a perdu sa mère lorsqu’il était enfant et son père est rentré du Vietnam avec ses propres blessures émotionnelles. Sam s’est occupé de son frère après le décès de leur mère et sans doute se sent-il comme un des parents de Tommy. »
Tobey Maguire s’est préparé à son rôle en visitant le Camp Pendleton en Californie et celui de la Garde nationale du Nouveau-Mexique. Il décrit ainsi l’entraînement des recrues :
« On ne voyait pas le gars d’à côté comme un type qui tentait toujours de vous dépasser, mais comme quelqu’un à qui tu disais « allez vas-y, on tient le bon bout, on va y arriver ensemble ».