Je suis né le 18 avril 1976, c’est-à-dire 24 jours après le coup d’état militaire. Dans ma petite enfance, bien sûr je n’étais pas au courant de ce que nous étions en train de vivre, du moins sur un plan conscient. Je n’avais pas idée de cette tragédie, de cette guerre silencieuse qui avait lieu dans mon pays. Je pouvais néanmoins le sentir dans le climat de peur, de crainte, d’incertitude. Mais je n’ai su, que bien plus tard, que nous, Argentins, étions en train de traverser une guerre. Au fur et à mesure, en grandissant, et avec l’avènement de la démocratie, j’ai commencé à en prendre conscience. Et ce n’est qu’à 14 ans que j’ai manifesté pour la première fois, contre l’amnistie. C’est à ce moment-là que j’ai pris part au combat. Mais, d’une certaine