Passages
Il y a un fort engagement à choisir un sujet sur lequel on va passer plusieurs années de sa vie. C’est encore plus vrai pour un premier film. J’ai longtemps trouvé ce choix impressionnant. Entre les scénarios que j’écrivais avec ma mère, Danièle Thompson, ou avec
Thierry Klifa, qui est mon coscénariste ici, j’avais plusieurs idées autour desquelles je tournais depuis un an ou deux ; et puis je suis passé un jour devant une bande de jeunes et, en les regardant, je me suis souvenu de moi à cet âge-là, du sentiment d’amitié très fort, de l’aventure collective comme un cocon protecteur, qui rassure, mais peut aussi devenir un enfermement. Je les regardais de loin et en même temps j’avais l’impression d’être parmi eux. Je me sentais, finalement, à bonne distance, observateur et complice, avec l’intuition qu’il y avait là la matière d’un film.