Entretien avec Gérard LanvinComment avez-vous réagi lorsque Fabien Onteniente vous a parlé de ce projet ?
« Après 3 Zéros, j'avais acquis une certaine complicité avec lui et je sentais que nous avions quelque chose de nouveau à faire ensemble. Quand il est venu me voir avec Philippe Guillard et Manu Booz pour me parler de Camping, j'ai tout de suite été intéressé. On a passé toute la soirée à définir mon personnage et j'ai fini par leur dire que ce serait intéressant qu'il soit chirurgien esthétique. »
Pourquoi ?
« Parce que j'ai toujours fantasmé de jouer un chirurgien ! C'est une certaine sorte d'homme et la chirurgie est un domaine qui m'étonnera toujours. J'ai beaucoup d'admiration pour toutes sortes de gens qui font autre chose que mon métier. Et puis, par rapport au film, il me paraissait évident qu'un type qui travaille dans l'esthétique toute la journée se retrouve par hasard dans un contexte qui, pour moi, est totalement inesthétique. L'entrée, l'épicerie, le marchand de journaux... Tout est inesthétique dans un camping !
Et pourtant, si vous y vivez un peu,vous allez trouver une esthétique suivant la façon dont vous pouvez devenir objectif et vous dire que ces gens sont heureux.On oublie la différence.« Le Goût des autres » parlait déjà de cette façon de juger les gens sur leur aspect. Prenez par exemple le personnage de Franck. Derrière ce type en slip de bain avec son T-shirt « J'aime le Cotentin », il y a un individu qui peut provoquer de l'émotion. »
Quel genre d'homme est Michel Saint-Josse ?
« Il est divorcé et entretient des rapports difficiles avec son ex-femme, mais aussi avec sa fille qu'il ne connaît pas trop. Il a envie de lui faire plaisir et veut l'emmener dans un très bel endroit à Marbella. Ce type a le défaut majeur de penser que parce que l'endroit est cher,ce sera forcément bien. C'est archi-faux, je peux vous le dire pour l'avoir vécu ! Non, sa fille trouve son compte dans ce camping et il est bien obligé de l'admettre. Il se retrouve au milieu d'individus très sincères avec leur histoire. Ils ont un plaisir à être ensemble, à boire des coups... »
Hormis une différence de milieu social, le rapport entre Michel Saint-Josse et Patrick Chirac ne repose pas sur une grande différence d'âge ou de physique...
« C'est pour cette raison que ce duo avec Franck Dubosc m'a intéressé. Je me suis dit qu'avec lui, on allait fonctionner sur l'observation l'un de l'autre. Saint-Josse a été créé pour être à la place de ceux qui vont aller contre l'idée qu'on puisse un jour ou l'autre mettre des tongs et chanter la danse des tongs. Le personnage de Franck a l'extrême générosité d'accueillir Saint-Josse avec sa fille. Il l'autorise à partager son Benco, ses boîtes de thon, sa chambre... Saint-Josse observe et n'émet aucun jugement. Il essaie de supporter pour savoir jusqu'à quel point il peut résister. Et à la fin, il revient par amitié. Il se dit que,finalement,il était bien avec ces gens-là parce qu'ils étaient simples. Et, dans la vie « la meilleure des finesses, c'est la simplesse ». Le camping, c'est une façon d'être, de vivre et de penser qui n'est pas forcément ringarde et qui fonctionne sur de la sentimentalité. »
Quel plaisir y a-t-il à faire partie d'un film choral ?
« Quand on est contre l'idée du mot « meilleur » et pour le partage dans notre profession d'acteur,le plaisir est énorme.Tant qu'il y a une belle partition à jouer, il faut y aller et d'autant plus avec des acteurs que vous aimez. Claude Brasseur, Mathilde Seigner, Antoine Duléry, Mylène Demongeot, Franck Dubosc, ont tous été des plaisirs de rencontre. »
Franck est un nouveau venu dans le monde du cinéma. De quelle manière l'avez-vous aidé ?
« La seule façon de l'aider, c'est d'avoir dit oui. Quand il m'a appelé pour me dire qu'il était très heureux de travailler avec moi, je vous assure que cela m'a fait plaisir. Et il a été naturel immédiatement. Au cinéma, on n'est pas si libres que ça. Il y a des contingences techniques à respecter, il faut faire attention aux autres en permanence. Ce n'était pas évident pour lui qui a l'habitude de la scène. Mais il a compris tout de suite comment fonctionne un film. Le cinéma est un domaine dans lequel il peut aller loin et vite, mais il va falloir qu'il fasse des choix. »
Avez-vous constaté une évolution dans le travail de Fabien Onteniente entre 3 Zéros et Camping ?
« Retravailler avec ceux qui vous aiment, quoi de plus motivant et de plus agréable ? Fabien et moi, on se connaît depuis « 3 Zéros » et nous savons travailler ensemble. C'est en plus un rieur et j'aime les mecs qui savent rire. Claude Brasseur est un rieur aussi et retravailler avec lui sur le film de Klifa, c'est un bonheur. La complicité est immédiate quand on se connaît, qu'on s'aime et qu'on se respecte. Fabien c'est un sanguin qui a, depuis 3 Zéros, fait beaucoup de progrès.Il a compris,admis ses faiblesses et appris à se contrôler dans des situations délicates. C'est un directeur de plateau sachant motiver ses troupes, et à l'écriture il sait se remettre en question, tout est possible, la discussion et le choix. Enfin, ses idées sont populaires et j'aime aussi le cinéma populaire, celui qui nous parle simplement et nous détend. Bref, ces raisons me permettent donc de vous le dire, quand Fabien aura besoin de moi,je serai à l'écoute avec toujours de l'intérêt. »
Qu'avez-vous ressenti en découvrant le film ?
« Du bonheur et du plaisir, celui de la détente, du rire, le plaisir également de retrouver à l'image tout ce bien-être physique. Cette région d'Arcachon, Biscarosse m'est restée gravée dans la tête profondément, comme un prénom sur une gourmette,j'étais très heureux sur ce tournage,moralement et physiquement. »
Pensez-vous que les vrais campeurs vont se retrouver dans le film ?
« Je pense qu'ils ne seront pas déçus. Il n'y a aucun mépris. Certains figurants étaient de vrais campeurs etvoyaient bien que nous n'étions pas là pour critiquer leur façon d'être.Ils étaient très heureux avec nous... Vous savez, je ne suis pas très loin de cette vie-là ! Je ne suis pas campeur mais camping-cariste. J'ai un camion et je circule beaucoup avec. Et j'ai rencontré des « collègues », des gens extrêmement heureux, charmants et accueillants. Pendant le tournage, j'ai dormi plusieurs fois dans mon camping-car et je vous assure que j'étais super heureux ! Finalement, je suis un campeur mais d'une autre manière... » Notes de tournage...Le 18 juillet 2005 - Gérard Lanvin et Franck Dubosc font du camping
Après avoir croqué le monde du showbiz, champagne, ballon rond et Miss Monde avec Jet Set et 3 Zeros, Fabien Onteniente va maintenant s'attaquer à celui des vacanciers, Pastis, pétanques et des Miss Camping. À partir du 15 août jusqu'au 30 septembre, le réalisateur pose tentes et caméras dans un camping de la région d'Arcachon pour tourner son nouveau film intitulé tout naturellement… Camping. Entretien avec Fabien OntenienteDepuis Jet Set, 3 Zéros et maintenant Camping, on sent que ce qui vous plaît à travers vos films est d'investir un univers bien défini et le restituer ?
« Ce que j'aime particulièrement, ce sont les gens. Ils m'intéressent car je suis curieux de nature. Déjà, tout petit, lorsque mes parents recevaient des invités, j'étais sous la table et j'observais le caractère des convives à travers le choix de leurs chaussures... Il est vrai que j'aime observer les groupes, les communautés,et surtout étudier les individus lorsqu'ils doivent vivre ensemble.Pour « Camping »,mon envie première était de faire un film sur les vacances,sujet qui touche tout le monde. J'avais le souvenir ensoleillé des « Bronzés »,« Hôtel de la plage » bref, de tous ces films mêlant loisirs et intrigues durant cette parenthèse bien spéciale où la France est au repos. » |
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