Tourné en majorité au Royaume-Uni, la production de
Captain America : First Avenger s’est déroulée dans les célèbres studios Shepperton, dans le Surrey (également connus, depuis leur mise en service dans les années 30, sous le nom de "Sound City", dix ans seulement avant l’apparition de Captain America).
Le tournage a eu lieu du 12 juillet au 19 novembre 2010, avec une équipe d’environ 1 000 personnes. Il a été complété par un gros travail en extérieurs : à Manchester et Liverpool (au nord de l’Angleterre), à Caerwent (Pays de Galles, dans une ancienne usine de fabrication de poudre de la Royal Navy), à Aldershot (connu sous le nom de "Home of the British Army"), Black Park (Buckingamshire), Hackney Empire (Londres) et dans les studios Pinewood (Buckingamshire).
Même si la production souhaitait situer l’intrigue dans les années 40, elle a pris grand soin de bien l’ancrer dans la réalité historique. Comme le souligne la coproductrice
Victoria Alonso :
"Nous avions toujours à portée de main une liste de faits réels que nous intégrions quand nous le pouvions à notre histoire."
Le chef décorateur
Rick Heinrichs a été très méticuleux dans la conception des décors, adaptant les lieux de tournage anglais aux besoins du film, quitte à user de modifications, même informatiques. Anna Sheppard, qui a habillé parfois jusqu’à 300 figurants par jour pour certaines scènes, a dû utiliser des tissus d’époque et des costumes existants, afin de donner plus d’authenticité au film.
Le conseiller militaire
Billy Budd (qui a plus de 15 ans dans les British Royal Marines à son actif) a aidé tous les acteurs en prodiguant ses conseils sur le maniement des équipements militaires et des armes. Pour les scènes d’actions les plus violentes, la production a aussi fait appel à des militaires, sachant que ces derniers représentent parfois jusqu’à un tiers des troupes vues à l’écran.
Budd admet s’être retenu de donner des conseils à Evans pour tout ce qui concerne les scènes avant l’apparition de Captain America :
"Je ne voulais pas qu’il ait la moindre idée de la façon dont les choses se passent dans l’armée. Il doit donc passer par pas mal d’étapes avant de devenir le héros qu’il est censé incarner."
Le chef armurier
Nick Jeffries a recherché des armes d’époque et a entraîné les acteurs à s’en servir de façon appropriée... et sécurisée.
Steve Dent, le chef cascadeur, a aussi assuré la sécurité sur le tournage et aidé à mettre en œuvre les prouesses physiques de Captain America, notamment la course-poursuite qui suit immédiatement sa transformation (réalisée avec Evans filmé en train de courir sur un tapis de course à grande vitesse.)
Mais l’entraînement n’a pas été réservé qu’à la gent masculine : Hailey Atwell s’est soumise à un entraînement militaire rigoureux avec un ex-Marine, non seulement pour se préparer physiquement, mais aussi pour apprendre à tirer tant au revolver qu’à la mitraillette et être crédible sous les traits de Peggy Carter :
"Je me suis entraînée au tir assez tôt, avec un Walther PPK. J’avais déjà tiré quelques fois auparavant, mais jamais à cette échelle. J’avais vraiment hâte de m’y mettre et on a même filmé quelques-unes de mes sessions d’entraînement. C’est alors que Joe (Johnston), le réalisateur, a dit 'Et si nous prenions une mitraillette ? Je pense qu’on devrait faire de Peggy quelqu’un de spécial.'
Ils ont amené cet engin, et je suis presque tombée la première fois que j’ai tiré. C’est tellement près du visage et il y a ces morceaux de cartouche et de poudre qui retombent de partout en dégageant une énorme chaleur. Je me suis vraiment demandé comment j’allais faire pour tirer sans broncher. Ça m’a pris quelques semaines pour m’y habituer, tirer sans tressaillir, être capable de me concentrer et de me détendre. À la fin j’ai presque senti que l’arme pouvait être un prolongement de mon bras. Je dois dire que j’étais plutôt contente de moi, et Joe également, et c’était très important pour moi."
Pendant que les acteurs et l’équipe se préparaient à simuler les combats de la Seconde Guerre Mondiale, d’autres devaient faire en sorte que Steve Rogers ait l’air moins prêt à se battre. Le superviseur des effets visuels
Christopher Townsend a été chargé du style de Steve Rogers avant sa transformation. Fort d’une expérience dans le cinéma fantastique, ou encore le film d’action et d’aventure, il était tout désigné pour ce travail.
Il avoue aussi avoir été emballé car il est un grand fan de l’adaptation Marvel d’
Iron Man au cinéma :
J’avais vraiment aimé le film et j’étais très excité à l’idée de ce qu’on pourrait obtenir avec Captain America : First Avenger
. Surtout, j’aimais bien l’idée de travailler sur un film retraçant ses origines et de pouvoir donner le ton de la suite, ce à quoi les personnages vont ressembler et vont être capables de faire."
Pour transformer Evans en un Steve Rogers de 45 kilos, Townsend a employé toute une palette d’effets spéciaux, allant jusqu’à un remplacement de la tête de l’acteur, car il était plus crédible d’affiner la tête et le corps d’Evans. Une doublure amincie regardait Evans jouer la scène, puis devait reproduire sa gestuelle du mieux possible. Ensuite, tête et corps étaient mixés grâce à la magie de Townsend.
"Chris Evans a un physique exceptionnel, et c’était presque un crime de le transformer ainsi", souligne le producteur exécutif
Louis D’esposito.
"Mais vous allez être impressionné de voir combien les effets spéciaux soulignent sa performance !"
Durant le tournage, Johnston a été salué comme un véritable directeur d’acteur.
Chris Evans l’explique ainsi :
"Joe (Johnston) aime entendre ce que les acteurs ont à proposer, et il est toujours prêt à répéter et parler des scènes à venir. Il s’implique pour que tout le monde collabore de façon efficace et créative, et on n’a pas toujours un tel luxe. Il vous épargne aussi toute la hiérarchie des approbations qui sont nécessaires sur les moindres détails, et ça vous donne l’impression qu’il n’y a que vous et lui en train de faire un film indépendant ensemble ! Quelle que soit la situation, il fait ce qu’il faut pour tout arranger et sur un projet de cette échelle, c’est vraiment hyper-rassurant."
Kevin Feige avoue être un grand admirateur de BD :
"Nous nous considérons comme des fans, on voit les choses de la même manière. Si on fait les choses telles qu’elles nous sont demandées, c’est aussi parce qu’on souhaite les voir ainsi. Le pire serait d’avoir la prétention de penser que ce qu’on fait dépasse ce qui a été fait depuis 70 ans ! Si Captain America existe depuis tant d’années, ce n’est pas un hasard, et il nous survivra tous ! Ce qui est fascinant chez Steve Rogers/Captain America, c’est qu’il s’agit d’un personnage qui n’a pas changé. Il est capable de s’adapter aux époques, et de refléter l’état d’esprit du pays à n’importe quel moment. Il est très excitant de pouvoir enfin raconter son histoire dans une adaptation sur grand écran."
Chris Evans, lui, se considère chanceux de faire partie de ce projet d’adaptation :
"Le nombre d’admirateurs de la BD est sidérant et je dois faire vraiment attention à chaque décision que je prends pour ce film, afin de respecter les fans : ils sont influents et veulent que leur point de vue soit pris en compte. Mais c’est génial : un acteur a besoin d’un public et c’est super d’avoir tous ces fans car ils vont nous soutenir. Pour autant, ce qui a motivé ma décision a été la présence de Joe Jonhston aux commandes et de Kevin Feige. Donc le mieux que je puisse espérer, c’est que j’ai fait mon boulot correctement."
Pour Johnston, réaliser
Captain America : First Avenger a représenté un aboutissement à bien des égards.
"Je me suis dit, voici un personnage qui est une incarnation d’un idéal national. Historiquement, le personnage apparaît avant notre entrée en guerre et il devient vite une sorte de symbole de ce qu’on peut accomplir quand on s’en donne les moyens. Faire ce film m’a aussi permis de me dépasser : on a essayé de raconter l’histoire de Captain America pour que tous en soient fiers, le grand public, les fans et les créateurs chez Marvel. Je suis le plus heureux des hommes."