Notes de Prod. : Captivity

Note d’intention du réalisateur

J'avais depuis longtemps envie de réaliser un thriller. Le propre du thriller est de soumettre ses personnages à des tensions extrêmes, dévoilant du même coup leur vraie nature. C'est une alchimie que je trouve fascinante. Captivity est à la fois un thriller et une histoire d'amour hors normes qui parle de la peur d'aimer, de la découverte de l'amour en un temps, un lieu et des circonstances inattendus. L'histoire m'a plu par son originalité et les challenges qu'elle me lançait. Sous-tendu par un érotisme latent, le film communique un sentiment croissant de danger physique et psychologique. J'ai trouvé passionnant de développer cette dimension avec mes acteurs et mon chef opérateur, en observant ce qu'ils y apportaient par leur travail.

L'intrigue se déroule essentiellement dans deux décors : une maison et une cellule. Ce confinement sert d'autant mieux le film que les personnages évoluent de façon surprenante. Captifs avec eux, nous partageons plus intensément leurs épreuves, leurs peurs et leur douleur. Etre kidnappé est une expérience traumatisante, mais devenir la proie d'un psychopathe obsessionnel supérieurement intelligent est réellement terrifiant. Surtout lorsque celui-ci a étudié sa victime et sait sur quels ressorts jouer pour la terroriser, la paniquer et, finalement, la soumettre. Le destin de Jennifer Tree, la captive, se joue entre ombre et lumière. Jennifer a une peur panique de l'obscurité, que met à profit son ravisseur. Il éclaire sa cellule lorsqu'il veut la “récompenser”, et la plonge dans les ténèbres lorsqu'il lui prend l'envie de la châtier. La lumière devient intolérable à Jennifer car elle met à nu ses terreurs.

Les ténèbres lui offrent paradoxalement un refuge - un refuge temporaire où vont grandir des peurs encore plus redoutables. Ce balancement engendre une dynamique visuelle richement évocatrice, sensuelle et menaçante, qui vous "embarque" avec Jennifer et vous fait pleinement vivre ses expériences. Du fond de ses propres ténèbres, ce geôlier et tueur raffiné a choisi pour exprimer ses tourments le magnifique poème de T. S. Eliot “The Wasteland”, dont il sème des extraits comme autant d'indices matériels et de reflets de sa vision tragique de l'univers. Ce beau poème sur la condition humaine est aussi en résonance avec le sous-texte de Captivity.

Notes de production

Captivity est la première coproduction russo-américaine de la société Ramco, fondée en 2002 par Leonid Minkovski et Serge Konov. Le projet débuta en septembre 2004, lorsque Mark Damon (Il était Une Fois En Amérique, Le Bateau, Monster) adressa aux deux producteurs russes le scénario de Larry Cohen (Cellular, Phone Game). “Il n'y avait pas eu de vraie coproduction russo-américaine jusqu'ici”, souligne Damon. “L'infrastructure des Studios Mosfilm s'y prêtait, et j'ai été heureux d'ouvrir la voie avec ce film.” Conscients que Captivity pouvait être bien plus qu'un thriller, Damon et ses associés choisirent de faire appel à Rolland Joffé (La Dechirure, Mission). “Nous avions avec lui la garantie de produire un film de genre hors normes”, explique Konov. Et Minkovski d'ajouter : “Grâce à Joffé, le script prit une toute autre dimension, sortant du cadre du film d'horreur pour aboutir à un fascinant thriller psychologique.”
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 10 409 entrées
  • Cumul IDF : 16 989 entrées

  • 1ère semaine France : 32 273 entrées
  • Cumul France : 58 473 entrées