Notes de Prod. : Cash

    en DVD le 27 Novembre 2008

François par François Bérléand

Je connais Eric depuis ses tout débuts dans la production. Il avait produit un court métrage de Laurent Heynemann auquel j’avais participé. Il m’a parlé de Cash avant même que le scénario ne soit écrit. Son idée de base m’intéressait vraiment et lorsque j’ai découvert le script achevé quelques mois plus tard, je l’ai trouvé formidable. Impossible de s’arrêter, on veut aller à la page d’après pour savoir. Beaucoup d’images de grands classiques me revenaient, L'Arnaque, même Usual Suspects ou Ocean'S Eleven, mais Cash avait pour moi une dimension en plus : l’humanité et quelque chose d’authentique.

On ne se contente pas d’admirer les protagonistes, on vit l’histoire avec eux. Bien que connaissant l’histoire, le film achevé m’a encore procuré une excellente surprise. On est face à un bel objet, tout est soigné, la musique, le cadre, les décors, les costumes. Tout est haut de gamme avec du rythme, du brio. Jean Dujardin a quelque chose de Belmondo en héros viril, sympathique, positif. Il est difficile de communiquer sur ce film sans tout dévoiler et ce serait vraiment dommage pour le public. Chaque élément prend sa place à la toute fin et pourtant, il n’y a aucun mensonge pendant le film. C’est la lecture des faits qui se modifie au fil des informations. Eric réussit à tout nous montrer mais on se fait avoir quand même !

Mon personnage, François, est une espèce de maître artisan, un faussaire. Il me fait penser à ces personnages des années cinquante incarnés par Jean Gabinou Paul Frankeur, avec quelque chose de parisien, de concret, à l’aise dans un atelier avec les lunettes sur le bout du nez. D’ailleurs, beaucoup de personnages du film ont ce côté parisien au sens classique du terme.
Le scénario est conçu autour d’une bande de petits futés avec un parfum Ménilmontant ou gamins de Montmartre. Je suis le plus vieux, avec Roger Dumas qui a lui aussi son côté titi parisien. C’est pourquoi j’ai l’accent de Paris, laissant à Jean Reno le côté bande internationale. Le film est jubilatoire. En le voyant, j’ai été soufflé par le jeu de tous les comédiens, qui sont tous au mieux de leur forme.

Le rôle de François n’était pas simple parce que c’était le seul personnage à avoir des moments de vérité. Par moments, lui n’est plus dans la manipulation. Il est le seul qui veut vraiment arrêter le casse, s’en éloigner. Cela apportait une autre couleur au film mais ce n’était pas facile à jouer dans l’ambiance globale. C’est le personnage qui amène des moments de panique et de danger. Il donne au spectateur le sentiment d’authenticité : celui-ci ne peut plus douter. L’autre point qui le caractérise, c’est que je l’ai toujours imaginé dans la plainte. Nous en avons parlé dès le départ avec Eric. François geint en permanence ! C’est sûrement pénible pour ses comparses mais c’est assez joyeux pour le spectateur ! Je ne suis pas du tout directif sur le domaine de l’apparence. Ma seule exigence était d’avoir le crâne rasé. Je laissais tout le reste à l’appréciation de la costumière. Elle a fait un boulot admirable –j’ai bien fait de ne pas y mettre mon grain de sel !

J’aime beaucoup les scènes dans la salle de billard. Je les trouve jolies et elles renvoient à un imaginaire cinéma qui rappelle bon nombre de classiques. Il y a une atmosphère. Là encore, Eric a su jouer avec l’image que l’on a des choses pour mieux nous balader. Certaines scènes, comme celle où je joue les milliardaires dans un palace en pédalant sur mon vélo avec mon coach, étaient très drôles à tourner. Le tournage a été idyllique. Travailler avec Eric et tous ces acteurs qui avaient une vraie complicité était un pur bonheur. Eric a su, par son calme olympien, son sang-froid absolument extraordinaire, créer une ambiance sur le plateau où tout le monde était détendu, sympathique. Je crois que nous étions tous heureux de jouer un bon tour aux spectateurs. Nous savions quel plaisir ils prendraient à découvrir l’histoire et je crois que cela nous motivait dans notre fonction de comédiens. Le fait est que même en connaissant l’histoire, j’ai vraiment été bluffé par ce film. Il vous donne du plaisir et l’impression que vous avez quelques neurones en plus ! C’est une belle expérience.

Entretien avec le réalisateur

Vous revenez à la réalisation après huit ans et de nombreux scénarios, qu’est-ce qui a motivé votre décision ?

Depuis mon premier film, j’ai beaucoup écrit et vécu deux ou trois tentatives de réalisation avortées. Il faut à chaque fois digérer l’incident. Tous ces projets m’ont au moins permis de rencontrer beaucoup de monde, ce qui m’a servi pour ce film. J’avais ainsi pu parler avec des comédiens comme Valeria Golino et Clovis Cornillac, ce qui nous a fait gagner énormément de temps quand je les ai recontactés. Cette année, le hasard du calendrier veut que trois films que j’ai écrits sortent à quelques mois d’intervalle.

Ca$h par Jean Dujardin

Je connaissais Eric Besnard depuis Le Convoyeur, dont il était coscénariste. Quand il m’a donné ce scénario, je me suis d’abord dit que Cash était un excellent titre. On imagine beaucoup de choses et ça donne envie de lire. J’ai embarqué le script au Venezuela où je terminais 99 F et je l’ai lu d’une traite. Je me suis laissé prendre, en me faisant avoir toutes les dix pages ! Je lis toujours les scénarios en spectateur, sans penser que je vais faire le film. Quand ça sent aussi bon dès les premières pages, on espère juste que ça va se tenir jusqu’à la fin. Et là, ça tient ! Tout collait bien, l’histoire et l’homme, Eric Besnard.

Maxime par Jean Reno

Pour moi c’est toujours pareil, il existe des projets mais il faut d’abord sentir ceux avec qui on va s’embarquer. D’une part, j’avais cette fidélité avec Patrice Ledoux, le producteur, et ensuite j’ai rencontré Eric Besnard et le courant est passé. Il est l’inverse de ses scénarios, c’est un homme discret, qui ne parle pas trop alors que ses histoires sont extrêmement riches, foisonnantes, pétillantes. Je me suis aussi rendu compte qu’il avait un vrai rapport avec ceux avec qui il travaille. L’amitié est quelque chose qui compte pour lui ; il est proche de François Berléand, il a un lien avec Jean Dujardin, avec Valeria, Clovis, et il aime bien Alice et Jocelyn. Il associe un côté jeune à une vraie sagesse. C’est quelqu’un qui aime les comédiens et ça donne envie de partir avec lui.

Julia par Valéria Golino

Il y a environ trois ans, Eric Besnar dm’avait proposé un projet de film qui n’a malheureusement pas abouti. J’avais pu apprécier sa façon de penser et lorsqu’il est revenu avec Cash, nous nous connaissions déjà. C’était la première fois que l’on me proposait un tel scénario. Tout était original, il y avait du rythme et l’histoire était remarquablement prenante. Pour moi, c’était aussi l’occasion de jouer un rôle d’un nouveau genre. Mon personnage est ambigu, à la fois séduisant et dangereux. Je joue très souvent des rôles de femmes plus douces, et d’une certaine manière, ingénues. Julia, mon personnage, est plus dure, solitaire comme un loup.

Garance par Alice Taglioni

J’avais tout de suite accroché sur le scénario et je suis restée attachée au projet tout au long de son évolution. C’est le rôle de Garance qui m’intéressait le plus et d’une certaine façon, je l’ai choisi. Je n’avais jamais interprété un personnage comme cette jeune fille de bonne famille, pure et innocente, à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession. J’avais envie de jouer un rôle de jeune première. Mais malgré sa fraîcheur, c’est aussi un personnage à tiroirs qui cache quelques secrets...
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 961 entrées

  • 1ère semaine France : 456 073 entrées