Notes de Prod. : Cercle Vicieux

    en DVD le 15 Janvier 2004
Cercle Vicieux est un film noir, profond et intelligent possédant un regard réaliste sur une face sombre et violente de l’homme et de l’homosexualité. Un esthétisme harmonieux, une musique branchée ainsi qu’un jeu d’acteurs irréprochables ne sont que les atouts formels qui construisent le film.

Sa vraie valeur est d’oser présenter un phénomène violent et méconnu de notre société : la prostitution masculine.

Tom à la voix cristalline, au visage d’ange et au corps sculptural, est plongé corps et âme dans la réalité violente, honteuse de la prostitution. Conquis, possédé, acheté par Georges, un roi de la pègre londonienne, Tom devient son objet de satisfaction sexuelle et d’expression de sa violence. Il lui vend l’exclusivité de son corps et chute dans le cercle vicieux du sexe, de l’argent et de la violence.

Quand Georges meurt dans son appartement, se profile alors pour Tom une issue pour échapper peut-être à son existence.

Se rendre à la police corrompue étant impossible, Tom, perdu, ne sait que faire du corps de Georges. Il trouve aide et refuge auprès de Nikki et Max, un couple voisin qui l’a pris en affection. Le trio quitte Londres afin de cacher Tom dans leur maison de campagne au pays de Galles. Là, il trouve le repos et la sérénité, propices à la réflexion. Tom est alors prêt à affronter ses blessures d’antan et à apprendre à vivre.

Attiré par la douceur de Nikki, elle-même fascinée par le passé de Tom, tous deux vont vivre une relation humaine empreinte d’écoute et de compassion. Pour Tom, il s’agit d’enlever le « pilote automatique », de prendre conscience de sa vie actuelle et de son passé, éventuellement de faire un choix d’existence.

En quoi la prostitution est-elle un choix de vie ? Dans quelle mesure peut-on fuir son passé, échapper à sa condition et transformer son destin ?

Cercle Vicieux est une démonstration des mutilations psychologiques et émotionnelles comme facteurs de déconstruction sociale. Personne ne peut forcer Tom à avoir une « vie normale », car il est nécessaire d’être suffisamment structuré psychologiquement pour l’être aussi socialement.

Tom ne peut fuir son passé, car son état de dépendance, ses meurtrissures, l’empêchent de vivre autre chose, de se forger une individualité. La vie de Tom illustre cette fatalité violente.
Depuis l’âge de treize ans, on achète son silence afin de mieux pouvoir abuser sexuellement de son corps. Sa mère adoptive, qu’il aimait comme « une vraie mère », l’a protégé en tuant à coups de fourche son mari qu’elle avait surpris en train d’abuser de Tom. Il fut le témoin de son arrestation. La seule personne qui a tenté de le préserver, de le sauver, lui a été enlevée. Ce fut le point d’impact de sa souffrance ultime.

Brisé en deux, Tom n’a pu échapper à cette « programmation » d’être objet et victime sexuel. Il n’a rien connu d’autre que la soumission.

Dès lors, la prostitution et la violence sexuelle furent l’unique chemin balisé, le seul environnement où Tom a pu se reconnaître psychologiquement et réussir à survivre. C’est seulement dans le schéma bien connu de relation : objet sexuel/client, dominé/dominant, qu’il peut continuer à se reconnaître ou plutôt à ne pas être.

Cette violence à travers le sexe est cathartique. Elle le fait souffrir mais également réveille et stimule sans cesse le point d’impact de ses blessures passées. Tom, en quête d’identité et à la recherche de son histoire parmi ses souvenirs nébuleux et confus, fait l’apprentissage de la violence avec Georges pour mieux exister.

Georges est l’incarnation parfaite de l’égoïsme et du sadisme latent dans notre société : son ambition est écrasante, il a un besoin vital de posséder et maîtriser le monde, il ne recherche que l’éclat de la satisfaction immédiate de ses désirs au mépris des conséquences douloureuses de ses actes.

Pour lui, Tom est un objet sexuel, un exutoire. Pour Tom, Georges est son maître à qui il réserve l’exclusivité de son corps. Sa vie n’est construite que dans le non-choix. Son premier choix de vie sera de rejeter son client/maître. Ce drame structurera sa personnalité.

Cercle Vicieux soulève finalement la question de l’ascendant que l’on peut avoir sur sa propre vie. Peut-on véritablement maîtriser ses choix ? Peut-on exister librement dès lors que le moi est atrophié ? L’objet de la violence dérangeante véhiculée par Cercle Vicieux n’est pas de faire l’apologie d’une façon de vivre ou de penser, mais de présenter et représenter une réalité, celle de Tom. Le film lève ainsi le voile sur une existence de non-choix au sein d’une société où le contrôle, la compétition et la performance deviennent les seules valeurs phares…


Daniel NEWMAN (TOM)

Né à York (Royaume-Uni) le 12 mai 1976, Daniel est élevé à Londres et se tourne très tôt vers une éducation théâtrale, suivant les cours des Corona Stage School et Ravenscourt Theatre School. Son premier rôle au cinéma est celui du jeune Wulf dans Robin des Bois : Prince des voleurs aux côtés de Kevin Costner. Il se marie en février 1997 et divorce au mois d’août de la même année. Il est le père de deux filles : Isobel Autumn et Jessica Lauren. Pratiquant d’arts martiaux, c’est aussi un grand amateur de surf.

Filmographie sélective :
1991 ROBIN DES BOIS : PRINCE DES VOLEURS
(Robin Hood : Prince of Thieves – Kevin Reynolds)
1992 DRACULA (Bram Stoker’s Dracula – Francis Ford Coppola)
1994 BEFORE THE RAIN (Milcho Manchevski)
1994 SHOPPING (Paul W. S. Anderson)
1998 SPEAK LIKE A CHILD (John Akomfrah)
2001 CERCLE VICIEUX (Endgame – Gary Wicks)


Mark McGANN (George NORRIS)

Né à Liverpool (Royaume-Uni) le 12 juillet 1961, Mark McGann est devenu célèbre du jour au lendemain en incarnant John Lennon dans la comédie musicale du même nom en 1981. Il reprendra d’ailleurs le rôle du Beatles dans un téléfilm quelques année plus tard. Partageant son temps entre série télés, cinéma et théâtre, Mark a aussi fondé avec ses frères Joe et Stephen, également acteurs, un groupe de musique pop, « The McGanns », qui a sorti un album en 1999.
La femme de Mark, une productrice de clips, est séropositive depuis vingt ans. Mark l’a rencontré il y a cinq ans, l’a épousé en 2000 et s’implique au quotidien dans la lutte contre le SIDA, la prévention et les préjugés liés à ce fléau.

Filmographie sélective :
1985 NO SURRENDER (Peter Smith)
1985 JOHN AND YOKO : A LOVE STORY (TV – Sandor Stern)
1987 BUSINESS AS USUAL (Lezli-An Barrett)
1991 L’ÂGE DE VIVRE (Let Him Have It – Peter Medak)
1995 CATHERINE LA GRANDE (TV - Marvin Chomsky)
1996 SAMSON ET DALILA (TV – Nicolas Roeg)
2001 CERCLE VICIEUX (Endgame – Gary Wicks)
2002 SHACKLETON (TV – Charles Sturridge)


John BENFIELD (Inspecteur DUNSTON)

John Benfield est avant tout connu pour ses multiples apparitions à la télévision (films et séries) depuis plus de vingt ans. Son physique de « dur » l’a rapidement catalogué dans des seconds rôles typés qui ne prêtent pas à confusion. Depuis quinze ans, sa carrière alterne entre petit et grand écran.

Filmographie sélective :
1981 LE CONTE D’HIVER (TV - The Winter’s Tale – Jane Howell)
1983 LE SIGNE DES QUATRE (TV - The Sign of Four – Desmond Davis)
1985 TITUS ANDRONICUS (TV – Jane Howell)
1988 BUSTER (David Green)
1990 HIDDEN AGENDA (Ken Loach)
1993 AU NOM DU PÈRE (In the Name of the Father – Jim Sheridan)
1996 BEAUTIFUL THING (Hettie MacDonald)
1996 LES 101 DALMATIENS (101 Dalmatians – Stephen Herek)
1998 LA COUSINE BETTE (Cousin Bette – Des Mcanuff)
2000 24 HOURS IN LONDON (Alexander Finbow)
2001 CERCLE VICIEUX (Endgame – Gary Wicks)
2002 AN ANGEL FOR MAY (Harley Cokeliss)
2003 THE THIRD WAVE (Anders Nillson)