Quel est le sujet de Chloé ?
C’est l’histoire d’une relation que quelqu’un croit contrôler, mais à partir du moment où une relation implique les sentiments d’autres que soi, on n’a jamais réellement le contrôle. Catherine pense qu’elle est capable de contrôler sa vie, mais elle voit les choses lui échapper peu à peu. Elle pense que son mari ne la trouve plus attirante. Lorsqu’il le nie, elle a l’idée d’engager une jeune femme pour flirter avec lui et lui rapporter ce qui se passe. De façon inattendue, elle devient peu à peu obsédée par les récits que fait
Chloé de ses rencontres avec son mari. Catherine se prend au jeu, elle s’engage de plus en plus loin. La relation entre les deux femmes devient incroya- blement dense, intense et complexe. Elle prend un tour inattendu. Je pense que tous mes films ont quelque chose à voir avec ce qu’on se raconte, ce que l’on se dit de sa propre vie, et celui-ci est un examen de la façon dont vos rêves et vos fantasmes peuvent solliciter et faire émerger le meilleur de vous-même.
Chose inhabituelle pour vous, vous n’avez pas écrit le scénario.
Non, mais lorsque
Ivan Reitman m’a contacté, je connaissais le travail d’
Erin Cressida Wilson et l’admirais depuis bien longtemps. Quand j’ai lu son scénario, j’ai été très séduit parce que c’était une chance pour nous deux de pouvoir travailler de concert, et nous en parlions depuis un certain temps. C’était intéressant pour moi de travailler sur des dialogues que je n’avais pas écrits, justement parce qu’ils étaient très diffé- rents de ce que j’aurais fait moi, et c’était aussi très gratifiant de travailler avec ces acteurs parce qu’ils sont extraordinaires, et qu’ils ont donné vie à leurs personnages d’une manière à laquelle je ne m’attendais pas complètement. Et puis je trouvais formidable que ce projet me parvienne par Ivan, que je respecte énormément.
Selon vous, qu’est-ce qui caractérise un bon scénario ?
Un bon scénario recèle beaucoup de possibilités et reste un peu mystérieux ; il y a des choses assez insaisissables, pas complètement claires, des choses que l’on doit découvrir. C’est un défi, c’est très excitant d’explorer les moyens d’interpréter ces possibilités. Ce qui me passionnait dans cette histoire, autant que de diriger ces acteurs, c’était de l’installer dans une ville que je connais sur le bout des doigts - le personnage de la ville de Toronto joue un rôle important dans l’histoire. Il y avait là la possibilité d’explorer les qualités spécifiques de la ville, des qualités que d’autres films qui y ont été tournés n’ont pas explorées, particulièrement à cette époque de l’année, entre la fin de l’hiver et le début du printemps. C’était visuellement très excitant.