Notes de Prod. : Chromophobia

    en DVD le 04 Janvier 2007

A propos du film

Tout en étant le récit de la désintégration d’une famille bourgeoise londonienne, Chromophobia est avant tout une comédie dramatique à portée universelle, un film qui pourrait aussi bien se dérouler de nos jours à Los Angeles, à New York, à Paris ou à Tokyo. La scénariste et réalisatrice Martha Fiennes s’est ingéniée à débusquer les squelettes cachés dans les placards de ses personnages, sapant certaines fondations d’une certaine société londonienne, riche et influente.
Selon le producteur Tarak Ben Ammar, “ Chromophobia est une méditation incisive sur la vie moderne dans les grandes cités. Travailler avec ce groupe de comédiens de première classe a été un honneur pour moi, et aider à révéler le talent de Martha Fiennes fut un véritable plaisir. ” (…)
La psychanalyse, la chirurgie esthétique, les thérapies sur mesure, le yoga, l’adultère... Autant de façons pour les hommes et les femmes d’aujourd’hui de combattre l’ennui et l’insatisfaction chroniques qui les rongent. (…) Au coeur de Chromophobia, une famille anglaise moderne et contrastée telle qu’elle a rarement été dépeinte dans le cinéma contemporain.
(…) Harriet Walter, qui incarne (…) Penelope Aylesbury : “Je crois que l’une des raisons qui a attiré autant de comédiens prestigieux sur ce projet est qu’il s’agit d’un projet rare et ambitieux : un film contemporain qui parle vraiment de l’Angleterre telle que nous la vivons et la connaissons. Ce n’est pas un état des lieux du pays dans son ensemble, juste l’analyse de quelques-unes des strates qui le composent. Mais ces strates sont identifiables, concrètes, ce ne sont pas des caricatures embellies afin de distraire le public américain. (…).”
Ian Holm (lequel interprète le patriarche Edward Aylesbury, le père de Marcus) raconte de son côté : “ (…) Martha est une réalisatrice très précise, mais aussi et surtout extrêmement flexible. Elle apprécie beaucoup la réciprocité entre elle et ses comédiens, et c’est justement la méthode qui me convient le mieux. Aucune prise n’est jamais identique à une autre sous sa direction, ce qui, au moment du montage, lui permet une grande latitude dans ses choix. (…) ”
Rhys Ifans approuve : “ Il me semble que ce scénario ne pouvait avoir été écrit que par une femme, et c’est un sentiment... agréable ! Sa structure est ‘polyvalente’, ainsi que le sont de nombreuses femmes. Par ce terme j’entends que la trame narrative est complexe, que le récit ne se dévide par simplement d’un point A à un point B. ”

La complexité du scénario est précisément un élément très important dans le choix des comédiens d’avoir accepter le film. Ainsi que le fait remarquer Kristin Scott Thomas (Iona Aylesbury) : “ Martha est quelqu’un de très agréable à côtoyer, et son scénario est d’une richesse et d’une complexité rares. C’est un film particulièrement ambitieux. Martha est formidable, et j’aime le sentiment que certaines personnes s’engagent sur des projets difficiles. C’est tellement plus excitant pour les comédiens ! ”
A propos du casting, Damien Lewis ne tarit pas d’éloges : “Travailler avec tous ces comédiens fut également une raison pour moi d’accepter de faire ce film. C’est vraiment une distribution que l’on pourrait qualifier de “grand luxe” : Penélope Cruz, Ralph Fiennes, Ben Chaplin, Ian Holm, Harriet Walter, Kristin Scott Thomas, et la liste n’est pas finie... Il est toujours très bénéfique pour un comédien d’être entouré de gens talentueux. ”
Ralph Fiennes incarne Stephen, le meilleur ami de Iona Aylesbury explique : “ J’ai lu le scénario de Martha et j’ai été complètement bouleversé. C’est l’émotion émanant de Chromophobia qui m’a d’abord marqué. C’est
moi-même qui ai demandé si je pouvais jouer Stephen. J’ai trouvé que c’était le portrait d’un homme avec lequel on pouvait facilement s’identifier. C’est un homosexuel, un homme très raffiné, et ce que j’aime dans le film de Martha, c’est qu’aucun jugement n’est jamais porté sur quiconque. Il n’y a pas de stigmatisation ou de condamnation de quoi que ce soit. Tous les personnages sont faillibles, et c’est ce qui permet au spectateur d’entrer dans l’histoire du film comme s’il s’agissait de la sienne.”


“ J’adore travailler en Angleterre ”, s’amuse Kristin Scott Thomas. “ J’ai beaucoup tourné en langue française et j’avais oublié combien il est facile, finalement, de s’exprimer dans sa langue maternelle ! Un des éléments que j’apprécie le plus dans ce métier, c’est quand il m’est donné l’opportunité de jouer des femmes anglaises contemporaines. Et il est toujours formidable de faire un film dans ce pays où l’industrie du cinéma n’existe que difficilement. Les créations cinématographiques qui proviennent d’Angleterre sont toujours marquées d’un sceau très spécial qui les rend particulièrement excitantes. Il y a quelque chose d’incroyablement glamour dans le fait de faire des films anglais ! ”
Damian Lewis acquiesce : “ Travailler au sein d’une petite structure, où l’on est obligé de tourner beaucoup de minutes utiles au sein d’une même journée parce que les délais sont plus courts, tout cela crée une atmosphère plus intimiste : c’est une expérience où l’on se sent davantage impliqué. Chromophobia est un film rare parce que ce n’est pas un film à gros budget bien que son casting, lui, soit imposant. ” (…)
La réalisatrice Martha Fiennes : “ (…) J’ai été très inspirée par cette nouvelle vague de films indépendants américains. Un jour, j’ai pris conscience que je ne recevrais jamais aucun projet de cette veine-là, qui pourtant m’inspire beaucoup en tant que cinéaste. Après avoir fait Onegin, j’avais été labellisée “réalisatrice spécialisée dans les films d’époque” et j’avais fait mon deuil d’un scénario contemporain, risqué et original, que l’on viendrait me proposer. Je me suis donc assise à mon ordinateur, je me suis retroussé les manches et j’ai commencé à écrire le scénario de ce qui allait devenir Chromophobia. Le cinéma est vraiment un domaine où l’on vous colle rapidement une étiquette sur le dos. (…). ”

Ron Rotholz : “ Le film jouit d’un casting exceptionnel, et je pense que Martha a atteint son but, qui était de faire état des différentes graduations co-existant dans la vie socio-économique contemporaine. Elle et moi sommes d’accord sur le fait qu’il n’y a pas eu, dans le cinéma britannique, de mouvement artistique similaire a celui qui a secoué le cinéma indépendant américain avec des réalisateurs tels que Paul Thomas Anderson, Alexander Payne, David O. Russell, Wes Anderson, Michel Gondry ou Spike Jonze, qui sont des réalisateurs chevillés à une description très critique des classes moyennes. En Angleterre, le cinéma se concentre d’un côté sur des thèmes liés à la bourgeoisie ou à la noblesse, et de l’autre sur des sujets très durs qui se déroulent dans les milieux défavorisés. Il me semble que les classes moyennes ont été oubliées en cours de route, et le fait qu’un cinéma qui en rende compte me paraît nécessaire, un mouvement artistique que j’appellerais “post-cool Britannia” ou “post-nouveaux travaillistes”. (…). ”
“ Je dois dire que réunir un tel casting est quelque chose de rare, et que j’ai eu beaucoup de chance ”, poursuit de son côté Martha Fiennes. “ Tous ces comédiens ont répondu à mon scénario avec énormément de générosité et d’intelligence. Ce sont des personnes avec lesquelles il m’a été très facile de travailler, qui ont vraiment tiré le film vers plus haut que j’aurais pu en rêver. (...). Ce qui est intéressant dans ce métier, c’est d’explorer, d’essayer des choses, de faire des erreurs et d’en déduire ce qui fonctionne ou pas. Chacun de mes comédiens a vraiment donné tout ce qu’il avait. Travailler avec quelqu’un comme Ian Holm a par exemple été une expérience extraordinaire pour moi. (…). ”

“ Il y a deux aspects dans le travail avec des comédiens aussi différents et importants que ceux que j’ai eu pour Chromophobia ”, continue Ron Rotholz. “ D’abord les enjeux administratifs, et ensuite tout le côté créatif. Tourner un film au casting prestigieux sur une durée de quarante-trois jours vous oblige quasiment à diriger en parallèle une agence de voyages ! Mais tout a fonctionné merveilleusement bien. D’un point de vue strictement créatif, ce film a été un enchantement parce que nous racontions plusieurs histoires au lieu d’une. Tous les dix jours, nous abordions un nouveau personnage et une nouvelle histoire, ce qui est très rafraîchissant pour les techniciens dans la mesure où, au-delà de l’agitation que cela peut générer, cela
permet aussi de maintenir une motivation permanente. On ne se sent jamais à la merci d’un seul et unique fil narratif. Et cela se traduit à l’écran : chaque spectateur aura son histoire préférée et son personnage de prédilection ! ” (…)

“ Chromophobia est un drame contemporain ”, ajoute Ron Rotholz, “ mais c’est un drame à caractère introspectif, internalisé, loin des schémas habituels des films dits ‘londoniens’. Je n’avais jamais travaillé avec une réalisatrice auparavant, mais j’ai passé quatre ans en étroit partenariat avec Madonna au sein de Maverick, donc je sais parfaitement bien ce que signifie travailler avec des femmes de pouvoir ! ” (…)
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 19 139 entrées
  • Cumul IDF : 30 048 entrées

  • 1ère semaine France : 31 821 entrées
  • Cumul France : 45 088 entrées