Note d'intentionJ’ai bien peur que ce film ne soit pas un film sérieux. En effet, on y parle de chiens et de coups de coude, on y vomit deux fois, d’abord le fils et ensuite le père, on y tombe amoureux en faisant un concours de rots sous les arcades d’une ancienne poissonnerie, on y déclare la faillite d’une vie dans les autos-tamponneuses d’un Luna Park, on y sourit devant une pierre tombale, on y envoie se faire foutre des dauphins, on y court en plein milieu de la rue pour établir un record, on y fait des conserves de tomates pelées, on s’y suicide et on s’y embrasse avec la même fougue. Mais, pour être tout à fait sincère, qui donc a le temps d’être sérieux ?
Gianni Zanasi A propos du filmLa Naissance Du Film
 A Rome, un matin d’été, je suis dans un bar près du Vatican. Je ne porte ni veste ni cravate, je me sens fatigué, il fait chaud et je commande un café. Après un moment, le patron du bar me demande de sortir, je le regarde et je me rends compte qu’il me parle comme si je devais ne pas très bien comprendre l’italien. Il répète les mots distinctement à haute voix... Je comprends qu’il me prend pour un immigré roumain. Je sors. Je retourne au bureau et je vois une contrebasse électrique appuyée au mur, c’est moi qui l’ai achetée et je n’ai jamais appris à en jouer. Je pense... qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Autour de moi, mais aussi en moi. Que peut-être il vaudrait mieux que je parte et que je retourne chez moi, chez mes parents, pour un peu de temps. Comme... comme un musicien punk rock en perte de vitesse qui pense à retourner chez lui dans sa famille... Puis, une autre image se superpose aussitôt, celle d’un bocal de cerises à l’eau de vie... Ma famille vit dans une petite ville du Nord de l’Italie célèbre pour ses cerises à l’eau de vie. Ainsi j’ai vu Stefano, vêtu négligemment en rocker, seul dans une station-service, avec un bocal de cerises à la main. Un de ceux que produit la petite usine familiale. Et plus j’y pensais, plus me venaient à l’esprit d’autres choses à raconter, avec un sentiment de liberté dont je ressentais le besoin depuis trop longtemps. C’est ainsi qu’est né Ciao Stefano. |
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