Les Effets visuels
Jim Rygiel et Pete Travers, de chez Imageworks, ont supervisé les effets visuels de CLICK. Rygiel explique : « Ce film exigeait ce que l’on appelle des « effets cachés ». Fondamentalement, les effets font intervenir deux plans différents formant une même image, comme lorsque le personnage d’Adam remonte à lui-même quand il était jeune : il y a le Michael jeune et le Michael plus âgé en même temps à l’image. Il a fallu imaginer comment les avoir tous les deux ensemble, les faire se regarder et réagir l’un par rapport à l’autre.
« Nous avons utilisé des caméras pilotées par ordinateur qui permettent de répéter indéfiniment le même mouvement. Nous filmions le Michael plus âgé, puis le Michael plus jeune, puis nous les combinions dans la même image. »
Jim Rygiel a collaboré avec plusieurs départements différents tout au long du film. Il a travaillé en coordination constante avec les dresseurs des animaux et le département effets spéciaux afin d’obtenir les plans que souhaitait
Frank Coraci. Il explique : « Les effets spéciaux sont d’ordre physique, c’est ce département qui s’occupe par exemple de faire pleuvoir sur tout un décor. Ils travaillent dans le concret alors que les effets visuels sont plus impalpables. Ils sont faits généralement en assemblant des petits morceaux d’images créés ça et là par différentes méthodes, puis traités chez Sony Pictures Imageworks et unis pendant une période de trois ou quatre mois à la postproduction. Lorsque les monteurs ont leur liste de montage, ils nous la donnent et nous décidons de la manière dont nous allons pouvoir tout rassembler. »
Jim Rygiel poursuit : « La composition d’image en temps réel est une technologie plutôt ancienne dans le monde des effets visuels. Aujourd’hui, nous disposons de la nouvelle caméra numérique Genesis. Avec la pellicule, les choses peuvent vite se compliquer parce qu’il faut scanner et corriger les couleurs. Avec la nouvelle Genesis, tout se fait dans le système informatique. Avant, il nous aurait fallu deux ou trois jours pour entrer les images d’un morceau de pellicule dans notre système. A présent, je peux littéralement sortir du plateau avec les données et les intégrer dans notre système en une heure… Cela gagne un temps considérable. Et la qualité est fantastique pour les écrans bleus, il n’y a plus le grain de la pellicule. Cet aspect-là de la technologie est passionnant. »
Pour Rygiel et son équipe, créer un style visuel futuriste a été une question d’équilibre délicat. « Il fallait constamment mesurer le pour et le contre, savoir jusqu’à quel point on pouvait aller. Ce n’est pas parce que quelque chose est possible que c’est forcément la bonne solution. »
Jim Rygiel a travaillé avec le département décoration sur l’utilisation d’un TransLite, un immense écran photographique en rétroprojection qui sert sur les décors. Pour éviter que ce procédé ne paraisse trop statique, Rygiel y ajoute par la suite des éléments qui lui donnent de la vie, comme de la fumée qui sort des cheminées, des oiseaux qui volent, un avion au loin… Ces éléments visuels font croire au public qu’il s’agit d’un élément vivant, réel, et non pas d’une image fixe.
Les Effets spéciaux
Le superviseur des effets spéciaux
John Hartigan explique : « Bien qu’il y ait toujours de nombreux défis pour mon département quand nous travaillons sur une production Happy Madison, on s’y amuse toujours aussi beaucoup. Ici, par exemple, nous avons dû trouver comment faire la scène où
Adam Sandler reçoit un hélicoptère miniature dans la figure. Nous avons fabriqué un hélico dans une mousse très souple, puis avons utilisé un câble pour contrôler exactement la trajectoire et le mouvement. Le résultat est un gag visuel très drôle. »
Le département effets spéciaux a utilisé des grues et une grande rampe à pluie de 30 m de long pour les prises de vues du décor extérieur d’un hôpital à Thousand Oaks. Hartigan et son équipe ont fait venir deux grues de 300 tonnes pour répartir la pluie sur tout le décor.
Une autre scène difficile a nécessité de transformer tout un bloc d’immeubles à Glendale en un magnifique paysage hivernal. Hartigan et son équipe ont travaillé toute la nuit et la matinée suivante pour floquer tous les arbres et recouvrir de neige les rues et les toits, ajouter des stalagtites sur les avant-toits… Une centaine de tonnes de glace pilée a été broyée et transformée en vraie neige.
« Il y avait des blocs de glace de 130 kg, des remorques de 12 m et cinq tonnes de blocs de glace, et nous avons utilisé des gros souffleurs pour projeter la neige à 12 à 15 m en l’air. Quand elle retombait, nous la répartissions à la pelle, comme si elle était le produit d’une récente tempête. »
Pour une autre scène,
John Hartigan et son équipe ont câblé
Christopher Walken afin qu’il se déplace comme par magie. « Nous avons utilisé un harnais sur écran vert. Nous avons fabriqué un système qui lui permette de se déplacer longitudinalement, de monter et descendre, et qui permette de faire des scènes composites pour le fond. Nous voulions que Morty paraisse flotter et que ses vêtements semblent eux aussi flotter dans les airs. »
Rick Baker, le concepteur des maquillages spéciaux, avait travaillé avec le producteur exécutif
Barry Bernardi sur
La Maison Hantee Et Les 999 Fantomes. C’est Bernardi qui lui a demandé de lire le scénario de Click.
« Le scénario m’a profondément touché, confie Baker. Il dit qu’il faut apprécier les gens qui sont autour de vous tant qu’ils sont là… »
Click a été un film particulièrement complexe pour Baker, qui explique : « Le plus difficile dans le maquillage est de faire vieillir les acteurs de façon réaliste. C’est beaucoup plus facile de faire un alien ou un monstre parce qu’on n’en voit pas tous les jours ! Mais on voit des personnes âgées tout le temps, elles nous sont très familières… et le film couvre toute la vie d’une personne. »
Le personnage d’
Adam Sandler passe en effet de 17 ans à la vieillesse, et ses parents, joués par
Henry Winkler et
Julie Kavner, sont tour à tour jeunes, d’âge mûr et beaucoup plus âgés.
« En plus, nous faisons cela avec plusieurs personnages que vous voyez à différentes époques à des âges différents, commente
Rick Baker. Heureusement, j’avais une équipe de gens très doués qui ont de l’expérience… »
La première étape du processus a consisté à rassembler des photos de tous les acteurs.
Rick Baker explique : « Nous prenons ensuite une empreinte du visage, à partir de laquelle nous réalisons une sculpture. Nous filmons aussi les acteurs en mouvement, pour observer comment bougent leurs traits, à quel endroit la peau se plie et se tend. A partir de l’endroit où la peau se plie, nous essayons de prédire où se formeront les rides et les zones où les traits se relâcheront, où la peau s’affaissera lorsqu’ils vieilliront. Nous faisons ensuite des images Photoshop de ce à quoi nous pensons qu’ils ressembleront et nous proposons plusieurs choix aux acteurs.
« Avec une femme aussi belle que
Kate Beckinsale, poursuit Baker, nous savions que même plus âgée, elle sera encore très belle. Le changement est subtil, mais néanmoins perceptible. »
« Nous avons rencontré l’une de nos plus grandes difficultés avec
Henry Winkler et
Julie Kavner, qui doivent avoir l’air non seulement plus âgés, mais aussi plus jeunes qu’ils ne le sont actuellement. On les voit à la naissance de Michael, et il fallait qu’on les fasse passer pour de jeunes parents. Nous avons réalisé plusieurs moulages de leur visage, un « normal » et un avec la peau tendue par du scotch, presque comme pour un lifting chirurgical. C’était très inconfortable pour les acteurs parce que leur peau était tirée autour du cou et du visage… Nous avons collé la peau sous leurs yeux juste sous la ligne des cils. Puis nous les avons maquillés avec précaution et leur avons posé des perruques et des postiches de cheveux… Le résultat est assez impressionnant. Ils ont vraiment l’air plus jeunes… C’est même dommage que les scènes où Henry apparaît plus jeune et plus vieux ne soient pas juxtaposées, on n’en aurait que mieux apprécié le changement. »
Rick Baker poursuit : « La coopération entière de l’acteur est nécessaire pour réussir ce genre de maquillage. C’est très dur de rester assis pendant aussi longtemps. Il m’est arrivé d’être moi-même maquillé, et je sais d’expérience que le temps passe beaucoup plus lentement quand vous êtes dans le fauteuil que lorsque c’est vous qui appliquez le maquillage !
« Si vous devez faire une fausse tête et la peindre, cela vous demande une semaine. Ici, vous disposez d’une heure pour accomplir ce qui demanderait plusieurs jours… Coller toutes les pièces, en particulier le silicone, est très difficile. C’est un matériau souple, et lorsque vous le mettez en place vous risquez facilement de le déformer si vous n’y prenez pas garde. C’est aussi très difficile de faire les raccords pour les bordures, parce que si vous ratez, il faut tout recommencer… »
Rick Baker raconte : « Avant de commencer, j’ai expliqué à Adam les différentes phases de maquillage pour modifier son apparence, et il m’a confié qu’il avait du mal à rester en place… Heureusement, il n’en avait que pour quelques jours, cela n’avait rien à voir avec des films comme
Le Grinch ou
Professeur Foldingue, dans lesquels les acteurs doivent être maquillés tous les jours pendant trois mois ! Heureusement, j’avais avec moi des champions du maquillage comme
Bill Corso, qui a appliqué son maquillage à Adam, ou
Kazuhiro Tsuji, un Japonais qui a beaucoup contribué au style visuel de Click. Il s’est énormément investi dans la conception et la fabrication des pièces et dans l’application du maquillage. Il a fait les essais initiaux et s’est occupé de l’application des maquillages pour Henry et
David Hasselhoff. »
Adam Sandler subit une transformation spectaculaire en devenant obèse… Ce maquillage a été réalisé à partir d’une seule grande pièce de silicone sans jointure.
Rick Baker a effectué un moulage de la tête de l’acteur puis l’a ensuite séparé en de multiples morceaux comme un puzzle. Il lui a fallu six semaines pour faire le moulage, un impressionnant puzzle, qui a ensuite été transformé en moule sans aucune jointure de manière à ce qu’il puisse être appliqué et avoir l’air complètement crédible.
Rick Baker explique : « Dans le film, le personnage d’Adam se réveille un beau jour et il se voit dans le miroir… Il hurle parce qu’il pèse maintenant plus de 135 kg ! »
Il fallait de quatre à cinq heures pour appliquer la pièce de silicone, le maquillage et les cheveux, et faire enfiler à
Adam Sandler son « fat suit ».
« Il n’a pas été facile pour Adam de rester assis durant tout ce temps, mais il l’a fait pour le film… et le résultat est époustouflant ! »