Le réalisateur
Klay Hall confie : “Fan de
Peter Pan dès la première heure, je ne pouvais m’empêcher de voir s’accomplir l’un de mes rêves les plus chers en travaillant sur une aventure de la fée
Clochette. C’est un personnage universel, et l’environnement dans lequel elle évolue est propice aux imaginations les plus fertiles.
Clochette est aussi déterminée qu’impertinente. Elle cherche à bien faire, mais ses actions sont loin d’être toutes couronnées de succès. Néanmoins, elle assume ses erreurs et se montre persévérante, ce qui dénote déjà ses grandes qualités de cœur.” Le premier film avait permis de connaître la Vallée des Fées dans ses moindres détails, ce dont
Klay Hall est très reconnaissant : “Les créateurs de
La Fée Clochette ont accompli un excellent travail de mise en place.
L’arrivée de
Clochette au sein de la Vallée, ses origines… ne sont plus désormais un secret pour personne. Du coup, nous avons juste eu à créer une histoire qui tienne la route au sein d’un univers déjà acquis, et à mettre davantage l’accent sur l’aventure en elle-même.” Le producteur
Sean Lurie ajoute : “L’intrigue de
Clochette et la Pierre de Lune repose sur des notions d’amitié et de pardon, et
Clochette et Terence en sont les protagonistes principaux. La querelle qu’ils ont en début d’histoire, qui conduit
Clochette à entreprendre ce voyage insensé au nord du Pays Imaginaire, joue en quelque sorte un rôle de catalyseur qui permet à la jeune fée de découvrir la véritable valeur de l’amitié et à se remettre en question.
C’est la luciole Flambeau, un drôle de petit personnage muet avec qui elle va se lier d’amitié tout au long de son voyage qui l’amènera à prendre conscience de la relation particulière qu’elle entretient avec Terence.”
L'influence de John Lasseter
J’ai toujours pensé que pour faire de bons films d’animation, il fallait 3 ingrédients majeurs”, confesse
John Lasseter. “Le premier est de raconter une histoire captivante; le deuxième d’insuffler à celle-ci des personnages aussi attachants que mémorables; en dernier lieu de faire évoluer histoire et personnages dans un univers aussi cohérent que crédible. Si vous réussissez cette alchimie, alors le public vous suit dans votre aventure et en garde d’excellents souvenirs.”
“
John Lasseter s’est impliqué dans chacune des étapes du processus d’élaboration du film”, confie
Klay Hall. “
Clochette fait partie des personnages qui le passionnent. Il fait très attention au rôle qu’on lui attribue dans toute nouvelle histoire et comment celle-ci peut rejaillir sur sa personnalité. Ce qui est fantastique, c’est qu’il a un avis contributif sur tout.
Prenons les trolls par exemple. Nous les voulions amusants dans la démarche, tout en étant un peu effrayants également. John a su insuffler un certain équilibre à la séquence en affublant ces personnages de mousse verte, de bosses, de furoncles, d’oreilles pointues ou d’yeux globuleux, et du coup, même laids, on les trouve charmants et sincères…”
La création de l'histoire
Concevoir une histoire dont l’intérêt serait universel fut l’une des premières raisons qui incitèrent l’équipe créative à inventer une odyssée épique pour le personnage de
Clochette.
Sean Lurie confesse : “Klay et moi tenions à proposer un film populaire sur le monde des fées, un film où les garçons comme les filles y trouveraient un véritable intérêt. Je pense que nous avons réussi notre pari car il y a toujours dans
Clochette et la pierre de Lune une scène qui arrive à parler au cœur de chacun.”
Et effectivement, ce nouveau film entraîne le spectateur bien au-delà de la partie déjà connue de la Vallée des Fées. Dans sa quête désespérée pour trouver une autre pierre de lune,
Clochette se retrouve à affronter 1001 dangers, tels des chauves-souris, des trolls, des conditions météorologiques déplorables et même d’affreux gros rats. Mais elle n’a pas le choix : trouver le trésor de ce bateau pirate perdu aux confins du royaume est pour elle la seule chance de réparer sa maladresse et de sauver la Vallée de la pire des catastrophes.
Toute la pression qu’elle a désormais sur les épaules saura faire vibrer les familles à l’unisson, d’autant qu’un formidable compte-à-rebours contribuera à accentuer l’urgence de résultat. Toujours dans le but de capter un public mixte, l’équipe artistique mit un point d’honneur à ne pas accorder une importance démesurée aux éléments les plus effrayants du film. Cette notion prend tout son sens dans la scène avec les rats. “Les rats ont la taille d’un cheval quand on les compare à
Clochette”, reconnaît
Klay Hall. “Comme notre héroïne ne mesure que quelques centimètres de haut, ils peuvent sembler un peu monstrueux aux yeux des plus jeunes spectateurs. Il est indéniable que leur grosseur et leurs poils sombres apportent un vrai frisson à la séquence. Mais on a su tempérer leur côté menaçant en les rendant tantôt comiques ou maladroits, ce qui atténue d’autant la trop forte émotion que la scène aurait pu véhiculer auprès des plus jeunes.”
La place de la nature
L’emphase sur la nature a été un élément clé de la conception de la saga de la fée
Clochette. Pour
John Lasseter, “La nature répond aux questions que se posent la plupart des enfants, telles “Pourquoi les feuillent changent-elles de couleur ? ” “Pourquoi les brins d’herbe sont-ils parsemés de gouttes de rosée le matin ? ” “Qui donne ses couleurs aux arcs-en-ciel ? ”…
La Fée Clochette apportait la réponse à ces questions et l’on y découvrait un monde de fées en parfaite communion avec la nature.
Clochette et la pierre de Lune continue sur cette lancée, notamment à travers les tous nouveaux vêtements des personnages.” “Le fait que le film se déroule en période automnale nous a permis de modifier quelque peu la garde robe traditionnelle de
Clochette et de ses amies.”, reconnaît
Klay Hall.
“Comme il fait généralement plus frais quand les feuilles commencent à tomber, nous avons eu l’idée avec Ritsuko Notani, le responsable du design des personnages, et Ellen Jin Over, la directrice artistique, de rendre moins légers les vêtements de nos adorables fées. A grand renfort de jambières, de capes ou de châles, nous avons ainsi pu revisiter leur look tout en restant fidèles aux principes chers à
John Lasseter, à savoir n’utiliser que des matières naturelles à même d’avoir été trouvées au sein de la Vallée. Les feuilles, les brindilles, la mousse, les graines ou bien encore les pétales de fleur ont ainsi été mis à contribution dans la confection de ces nouveaux habits.”
Elen Jin Over ajoute : “
Clochette est aussi “fashion” qu’éco-citoyenne. Tous ses vêtements sont recyclables, et elle prête une attention considérable à tout ce qui peut avoir trait à l’environnement. Tous nos efforts se sont donc concentrés sur les choses que nous pouvions trouver telles quelles dans la nature et que nous pouvions modifier aussi légèrement que possible pour en faire des tenues ou des accessoires au look impeccable. L’automne est certainement la saison la plus excitante qui soit en termes de couleurs, avec des teintes d’arbres passant du vert au marron, ou du rouge au jaune. C’est très valorisant.” Elle poursuit : “Concevoir ces nouveaux vêtements n’avait rien de très facile car il fallait qu’ils expriment eux aussi la personnalité aventureuse de
Clochette.
Dans le film, la jeune fée s’embarque dans un voyage qui la conduira vers une multitude d’environnements différents. Elle marche, elle saute, elle grimpe de façon quasi continue, et une robe aurait été inadaptée dans de telles circonstances. On lui a donc donné une tenue plus baroudeuse, avec notamment un chapeau et des jambières. Elle est ainsi plus libre de ses mouvements, et peut même s’offrir le luxe de tomber de temps à autre. Comme elle ne connaît pas la météo à l’avance, on lui a même créé en plus un châle et des bottes de randonnée.”
Clochette en 3 dimensions et en musique
Doug Little, producteur digital sur les deux premiers films de la saga
Clochette, confie : “Donner une ampleur tridimensionnel à un personnage aussi iconique que
Clochette s’est révélé une vraie gageure. Il nous a fallu près de 20 versions pour arriver à un résultat qui satisfasse tout le monde. Les débats les plus animés ont tourné autour de sa hauteur et de la forme de ses yeux. Le premier a néanmoins tourné court puisqu’on a découvert qu’en 2005, au sein du Great Ormand Hospital de Londres (à qui J.M. Barrie a cédé les droits de “Peter Pan”), a été érigée une statuette de
Clochette de 17,7 centimètres de haut et de 24,1 cm d’envergure. Ces dimensions ont offert aux cinéastes une véritable perspective de travail, si bien que notre personnage a dans les films 14 cm de hauteur.”
Il poursuit : “Le débat pourtant sur la forme des yeux de
Clochette s’est en revanche avéré plus ardu car Marc Davis, l’animateur et créateur du personnage dans
Peter Pan, n’avait pas hésité à la modifier en fonction des différentes poses qu’elle pouvait prendre. Elle avait la plupart du temps de beaux yeux en amande, mais dans quelques inclinaisons de tête, on la découvre également avec des yeux bien ronds. Nous avons néanmoins convenu de rester le plus fidèle possible à l’image qu’elle a laissé dans le cœur du public depuis une soixantaine d’années et de lui laisser ses yeux en amande.
Mais l’animation par ordinateur n’en a pas été facilitée pour autant car, se voulant plus réaliste, il nous fallait faire constamment attention au rendu de la forme de ses yeux, de son nez et de sa bouche dans toutes les scènes un peu plus mouvementées, et je dois avouer que nous sommes plutôt fiers du résultat.” Déjà auteur des musiques de
Peter Pan 2 : Retour Au Pays Imaginaire et de
La Fée Clochette, le compositeur
Joel Mcneely s’est évertué à écrire une musique aussi universelle qui soit, certes fondée sur une solide base celtique, mais rehaussée par des instruments et des influences musicales culturellement différents.
C’est ainsi que les plus mélomanes pourront découvrir des sonorités aussi diverses que celles de la flûte indienne en bambou, de la cornemuse écossaise, de la balalaïka russe ou de l’ocarina péruvien, auxquels s’ajoutent des bouteilles de tequila remplies d’eau en guise de basses. Les percussions ont quant à elles été assurées par des tambours venus d’Afrique, d’Inde, d’Irlande et de Chine. Enfin des sonorités de vielles, de mandolines, de contrebasse et de guitares complètent la partition. “Tout ceci peut sembler très éclectique, mais ça fonctionne merveilleusement bien dans le monde des fées”, reconnaît
Joel Mcneely.