L’un des premiers gestes de colère du monstre consiste tout bonnement à… décapiter l’emblématique Statue de la Liberté. Le plan figurait déjà dans le teaser de 2 minutes tourné en mai 2007, avant le film et projeté avec le blockbuster estival de Michael Bay
Transformers. On voyait aussi dans ce film annonce quelques images de la party et diverses déprédations.
«Cette séquence de la Statue décapitée témoignait d’une grande confiance de la part du studio et elle eut un impact immédiat chez les fans, alors que personne ne soupçonnait encore l’existence du film. Nous n’avions même pas donné de titre au teaser – une première dans l’histoire de la MPAA ! Le titre vint beaucoup plus tard, car nous tenions à préserver le mystère pour que les gens découvrent Cloverfield comme nous découvrions les films lorsque nous étions gamins.»
Le plan choc de la Statue, tourné par Hammerhead Productions dans un extérieur permanent des studios Paramount, puis peau né par Double Negative, est un hommage d’Abrams au film de John Carpenter (
New York 1997). Le challenge, pour Reeves, Tippett et Double Negative, fut aussi de créer des scènes de destruction urbaine réalistes, pouvant soutenir la comparaison avec des épisodes, hélas bien réels, restés gravés dans nos mémoires.
«Tout le monde a vu s’effondrer des gratte-ciel», note Ellis,
«mais ici la chute résulte de la poussée exercée par un monstre géant. Il a donc fallu des recherches précises pour générer à l’écran les débris et le nuage de poussière correspondant aux demandes de Matt et J. J.» L’effet fut réalisé conjointement par les deux équipes d’effets visuels.
«Nous avons construit une maquette de plusieurs étages, fixée à une structure externe, et avons pulvérisé successivement chaque niveau, en commençant par les vitres et en terminant par les parquets et le mobilier.»
Le monstre détruit aussi d’un vigoureux coup de queue le vénérable Pont de Brooklyn… ou plutôt une section de quelque 15 mètres de long, construite sur les plateaux Downey et entourée d’un diaporama. Le reste du pont fut réalisé en images de synthèse par Ellis et son équipe à partir d’images de l’effondrement du Tacoma Narrows Bridge de Washington, en 1940. Soucieux d’éviter tout rapprochement avec les tragiques événements du 11 septembre, les producteurs choisirent de détruire uniquement des bâtiments anciens dont le style n’évoque en rien celui des Tours de Manhattan. Et Reeves de conclure :
«Le monstre de Cloverfield est à bien des égards une métaphore de notre temps et des terreurs qui lui sont propres. Ces sentiments méritent tout notre respect, et ne sauraient être rabaissés ni exploités.»