En 1932, elle présente au tout Paris émerveillé, une collection de Haute Joaillerie, entièrement consacrée au platine et au diamant, sa pierre préférée, dont elle disait
« Si j’ai choisi le diamant, c’est parce qu’il représente la valeur la plus grande sous le plus petit volume »
Elle fréquente les lumières de son temps : elle collabore avec Cocteau et Picasso au théâtre, elle est un soutien financier capital pour Stravinsky, Diaghilev, Radiguet et Pierre Reverdy. On la voit partout, à Venise avec ses amies telle Misia Sert, à Paris bien sûr, au Ritz, où elle a élu domicile. Femme d’affaires, elle ne laisse rien au hasard. Ses jugements sonnent comme des aphorismes:
« Si vous êtes nées sans ailes, ne faites rien pour les empêcher de pousser. » Ou encore: « Je n’aime pas que l’on parle de la mode CHANEL. CHANEL, c’est d’abord un style. La mode se démode, le style jamais. »
En 1939, elle ferme sa maison de Couture. Puis, à 71 ans, elle revient sur le devant de la scène avec un défilé événement présenté le 5 février 1954. C’est une seconde révolution ; en quelques défilés,
elle impose le tailleur de tweed, le sac
« 2.55 » en cuir matelassé, le camélia, la chaussure bicolore…
Elle redevient l’impératrice d’un monde qui croyait pouvoir se passer d’elle. Elle lance « Pour Monsieur », reçoit un Oscar de la mode à Dallas :
« Créatrice la plus influente du XXe siècle. »
Tout se retrouve dans son travail, ses amours et son style. Elle ne cloisonne rien, tout est interdépendant: sa mode est pénétrée de vie, de ses apprentissages, de ses découvertes. Le sport qu’elle pratique se retrouve dans les coupes et la simplicité de ses vêtements. Les bijoux qu’on lui offre se retrouvent dans ceux qu’elle conçoit, les voyages qu’elle fait, les rencontres, les amitiés qu’elle cultive, ses superstitions, elle pioche partout et crée ainsi une oeuvre
durable et de son siècle.
« J’ai créé la mode pendant un quart de siècle. Pourquoi ? Parce que j’ai su exprimer mon temps », disait celle qui s’est éteinte le 10 janvier 1971, quelques jours avant son défilé Haute Couture printemps-été. Le monde salue alors la femme la plus influente de son siècle, mais le grand livre
CHANEL ne se referme pas pour autant.