Origine du projet
Depuis cinq ans, pour des raisons de travail, j’avais perdu l’habitude d’aller chaque année en pèlerinage à Scarborough, le fief d’
Alan Ayckbourn, où, au cours de l’été, il crée une nouvelle pièce dans son Stephen Joseph Theatre. J’ai donc imaginé qu’il en avait écrit cinq et j’ai voulu les lire. Vingt-quatre heures plus tard, grâce à mon agent et au courrier électronique, elles étaient sur ma table. Je les ai lues avec délice, elles étaient toutes bonnes. Mais dans
Private Fears In Public Places, j’ai trouvé un matériau particulier, plus grave et mélancolique que d’habitude, pas le «slapstick » que j’adore chez lui, pas de tarte à la crème jetée à la tête des personnages, mais un mystère que je n’analysais pas. Que j’ai d’abord tenté de découvrir comme un détective, mais qui ne se laissait pas approcher. Oui, il y avait pour moi quelque chose dans cette pièce de plus étrange, quelque chose qui se cachait sous les sourires. Un mystère que je n’ai rien fait pour accentuer mais qui s’est développé tout seul au cours du tournage. J’ai eu tout de suite cette vision des sept personnages pris dans une toile d’araignée, je dirai même que je la voyais au crépuscule sur une lande bretonne. L’araignée n’est pas là, elle est partie, mais dès qu’un insecte bouge, essaye de se dégager, la toile vibre, et un autre insecte qui n’a rien à voir avec le premier en est affecté...