Notes de Prod. : Collision

    en DVD le 20 Avril 2006

Notes de production

Juger les autres par peur de l'être soi-même…
Paul Haggis, scénariste et réalisateur, a eu envie d'écrire le scénario de Collision à partir de ses expériences personnelles, de ses peurs et de ses observations sur notre monde. Un jour, en sortant d'un vidéo club à Los Angeles, il s'est fait vole sa voiture sous la menace d'une arme à feu. Il est rentré chez lui, a changé toutes les serrures de sa maison…et a commencé à s'interroger sur ses agresseurs. Depuis combien de temps étaient-ils amis, qu'aimaient-ils faire pour se distraire, se considéraient-ils ou non comme des criminels, comment justifiaient-ils leurs actes… Quelques années plus tard, il décida d'écrire une histoire selon leur perspective à eux.
« A l'époque, raconte-t-il, je vivais à Los Angeles depuis 25 ans et j'avais eu le temps de bien observer la subtile petite guerre de race et de classe sociale qui s'y déroule tous les jours. J'ai été témoin de la manière dont on pratique la discrimination les uns envers les autres dans notre vie quotidienne. J'ai vu comment on rationalise cela, comment on l'excuse à nos propres yeux, comment on organise nos vies pour ne pas avoir à l'affronter, et comment on nie l'existence des problèmes raciaux. Mais ce n'est qu'après le 11 septembre que j'ai compris commet écrire sur ce sujet. Le film ne porte pas vraiment sur la question de la race ou la classe sociale, il porte sur la peur de ceux que l'on ne connaît pas. Il parle de l'intolérance et de la compassion, de la manière dont nous détestons tous être jugés sans jamais refuser de juger les autres, ce qui est totalement contradictoire ».
Bobby Moresco, coscénariste avec Haggis, précise : « Je crois qu'à un niveau ou à un autre, tout le monde, particulièrement en Amérique, est touché par la question de la race et du racisme. Personne n'y échappe ».
Paul Haggis reprend : « Nous vivons dans une société de peur, où des gens comme notre Président utilisent la peur pour nous contrôler, où les médias l'emploient pour nous manipuler. J'avais envie de parler de cela et de la manière dont la peur résonne en nous et déforme notre manière de percevoir le monde qui nous entoure ».


Le choc des mondes
Sandra Bullock joue Jean Cabot, l'épouse solitaire et soupçonneuse de l'ambitieux district attorney joué par Brendan Fraser. Elle explique : « Ce film nous rappelle combien on peut être isolé dans la vie moderne. Notre réalité est si détachée qu'il nous faut souvent un événement catastrophique pour nous faire ressentir, pour nous faire vraiment prendre conscience de ce qui se passe. Nous vivons trop confortablement, beaucoup trop ».
Jennifer Esposito incarne l'inspecteur Ria, de la police de Los Angeles. Pour elle, la puissance de Collision réside dans le fait que le film donne envie de sourire ou de rire à un moment et vous met mal à l'aise l'instant suivant. « Le scénario est l'un des plus humains qu'il m'ait été donné de lire, confie-t-elle. Je pense que personne ne peut rester indifférent à ce film. Les gens l'aimeront ou le détesteront, mais ils auront un avis fort. Ce film va donner envie aux gens d'en parler. Il va les divertir, ou il va les mettre en colère. Il engendre tout sauf l'indifférence ».
Paul Haggis souligne : « Souvent, la vérité blesse. Ce film ne parle pas d'autres personnes, d'autres peuples, de sales types qui vivent loin de nous… C'est un film sur des gens bien, des gens qu'on connaît, des gens comme vous et moi, des gens qui croient savoir qui ils sont. Et puis ils sont mis à l'épreuve, et ils réalisent qu'ils n'ont aucune idée de leur vraie nature. Aucun des personnages ne s'en sort indemne ».
L'histoire que raconte Haggis, et le scénario qu'il a écrit avec Moresco, font intervenir toute une galerie de gens qui ne se connaissent pas, et dont la vie va se croiser un peu avant Noël dans le Los Angeles d'aujourd'hui. Haggis précise : « Je voulais jouer avec les stéréotypes, avec les idées toutes faites que l'on a sur les étrangers ». Ryan Philippe joue l'officier de police Tom Hansen, un homme qui s'engage sur la mauvaise pente sans parvenir à redresser. L'acteur explique : « Ce film est un conte moral et c'est aussi une histoire édifiante. On y voit combien l'Humanité est fragile en général et comment les moindres choix, ceux qui peuvent nous sembler les plus futiles au moment où nous les faisons, peuvent se révéler avoir des implications énormes, un effet boule de neige qui nous dépasse ».
Paul Haggis remarque : « Je déteste que nous, Américains, aimions tant définir les gens. Nous aimons dire « untel est un type bien, untel n'est pas quelqu'un de bien ». Dans ce film au moins, j'ai voulu ne pas juger les autres. Je voulais nous permettre de nous juger nous-mêmes ».
« Si vous ressortez de ce film sans vous y reconnaître au moins en partie, alors vous êtes un menteur, un menteur absolu, insiste Sandra Bullock. On s'y retrouve forcément, si on est honnête avec soi-même ».


Le tournage
La plus grande difficulté pour la production a été de réussir à tourner le film sur 35 jours seulement sans faire de compromis.
Paul Haggis explique : « J'aime ce qui est spécifique et précis, je déteste les généralités. J'aime saisir un moment particulier, je refuse de traverser rapidement une scène, de la survoler. Arriver à prendre mon temps, à aller au bout des choses avec les acteurs et tous les détails du tournage, des décors, de la lumière, tout cela a été un vrai défi ».
« C'est l'esprit général, l'envie de tous, acteurs et techniciens, qui nous a permis d'y arriver, observe Don Cheadle. Etant petits, nous avons dû travailler plus dur. Mais ce qui rend les choses meilleures, je crois, c'est que tout le monde a joué le jeu. Tous étaient là par envie de faire les choses bien, pas pour l'argent ».
Etant à la fois scénariste et réalisateur, Paul Haggis savait très exactement ce qu'il voulait de ses acteurs, ce qui s'est traduit par une plus grande vitesse de travail sur le tournage. « Paul voulait tout repérer, jusqu'aux moindres détails. Il voulait que tout soit parfait, raconte Chris Bridges. C'est un perfectionniste, et je le suis aussi, je comprenais parfaitement ce qu'il voulait et ça n'a jamais été un problème. Il ne perd pas son temps et il s'assure que tout correspond à sa vision et atteint le but fixé ».
Pour tout ceux qui ont participé à la création de Collision, ce film restera à part. Collision essaie de révéler les vérités les plus âpres sur les individus et la société, et ce faisant, il devient une expérience unique et passionnante.
Cathy Schulman, la productrice, résume : « Le film balance les choses telles qu'elles sont, et il permet de dire ce qu'on ne dit jamais ».
Au bout du compte, le film en révèle davantage sur les êtres que ce qu'ils aimeraient savoir. Mais pour tous ceux qui acceptent sa complexité, Collision est un appel nécessaire à se réveiller. Terrence Howard confie : « Cette histoire m'a montré que je suis à quelques pas seulement de m'effondrer… Si vous êtes honnêtes, c'est le cas pour beaucoup d'entre nous. Nous sommes juste à quelques mètres de nous crasher… »
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • 1ère semaine IDF : 80 467 entrées
  • Cumul IDF : 257 326 entrées

  • 1ère semaine France : 180 564 entrées
  • Cumul France : 561 415 entrées