Avant de se lancer dans l’écriture de
Contagion, Burns rencontra des experts de réputation mondiale et s’octroya plusieurs mois de recherches. «Ces gens sont possédés d’une curiosité passionnée qui frise le délire.»
Parmi les personnalités qui lui accordèrent de leur précieux temps figurent notamment : le
Docteur W. Ian
Lipkin, directeur du Center for Infection and Immunity à la Columbia University et professeur d’épidémiologie, de neurologie et de pathologie ; le
Docteur Larry Brilliant, spécialiste de médecine préventive et président du Skoll Global Threats Fund ; l’épidémiologiste
Mark Smolinski, médecin formé au CDC et également membre du Skoll Global Threats Fund ;
Nathan Wolfe, directeur de la Global Viral Forecasting Initiative et membre de l’équipe qui découvrit l’Hantavirus ; l’auteur scientifique
Laurie Garrett (
The Coming Plague).
Ces spécialistes ouvrirent à l’équipe et aux comédiens de nombreuses portes pour atteindre un maximum de précision et d’authenticité dans la représentation des lieux de recherches, des procédures, du langage médical.
Lipkin conçut à partir du scénario envisagé un virus fictif, «biologiquement viable», dans la lignée du
coronavirus, mais en plus agressif. «
Au cours des dix à vingt dernières années, on a assisté à une hausse significative de maladies émergentes. Beaucoup de facteurs y concourent : les mouvements de populations entrant en contact avec de nouvelles espèces animales, des changements climatiques entraînant des migrations d’insectes porteurs de virus, l’extension des transports de marchandises à travers le monde.»
Steven Soderbergh : «
Ce que j’ai appris sur ce film m’a à la fois inquiété et rassuré. Inquiété parce que tous ceux avec qui nous avons parlé pensent qu’un super-virus se manifestera un jour ; rassuré de voir se battre en première ligne des scientifiques d’un tel niveau d’intelligence et de compétence, qui n’hésitent pas à payer de leur personne sur le terrain pour recueillir minutieusement le moindre indice. Bien que le film ne les traite pas en héros, ils le sont bel et bien. Lorsque nous avons commencé à travailler à ce projet, nous n’avions qu’une connaissance limitée de leur travail. Nous ne mesurions pas la complexité des enjeux politiques, pratiques et simplement humains auxquels ces gens sont confrontés.»
Scott Z. Burns : «
J’ai notamment appris que nos relations avec les virus ne seront jamais rompues, et que les virus font partie de notre vie sur cette planète. La science et la médecine ont progressé, mais la facilité avec laquelle nous nous déplaçons maintenant d’un continent à l’autre a entraîné de nouveaux risques sanitaires. Nous sommes tous solidaires face à ces dangers.»
Matt Damon : «
Le film nous rappelle à quel point nos sociétés sont fragiles. On estime que, lors de l’épidémie de grippe espagnole, la population mondiale ne fut qu’à une semaine de la fin du monde. Non en raison du nombre de morts, mais des risques d’effondrement total des structures
sociales. C’est dans un laps de temps comparable que se situe le film.»
«
Sans avoir la phobie des germes, je suis maintenant bien plus conscient des risques impliqués dans les contacts humains les plus ordinaires», conclut Soderbergh. «
Ce film pourrait inciter les gens à se méfier autant d’une poignée de porte ou d’un bouton d’ascenseur que Les Dents De La Mer d’une innocente baignade en mer...»