Notes de Prod. : Crazy Heart

    en DVD le 25 Août 2010

Crazy Heart : “La Country, c’est trois accords et la vérité.” -- Harlan Howard

L’auteur, producteur et réalisateur Scott Cooper – un homme du Sud qui a baigné dans les légendes exubérantes et les thèmes doux-amers de la Country – a toujours vu le personnage de Bad Blake comme le miroir des héros de la Country qu’il idéalisait plus jeune. Bad est peut-être un raté – irritable, irresponsable, alcoolique et parfois ridicule – mais c’est aussi un conteur hors pair, un éternel romantique, une âme en peine et un homme capable de suivre le chemin de la rédemption quand tout semble perdu. Le roman de Thomas Cobb avait été un succès critique.
Le New York Times Book Review a écrit à son propos : « le milieu résonne autant qu’une guitare électrique et l’intrigue avance en rythme, sans rater une mesure… ». Kinky Friedman, star de la Country, auteur et homme politique, en a dit : « Les personnages sont tirés du coeur de ce qui fait l’Amérique – les bords de la route de l’Ouest, les salles de danse et les bars à bière, les grands concerts occasionnels… Et les sempiternelles chambres d’hôtel qui finissent par devenir ce qu’il y a de plus proche d’une maison pour les chanteurs de country… Bad Blake est un homme que vous n’oublierez pas de sitôt. »

Mais en se mettant à l’écriture, Cooper dut faire face à la tâche ardue de traduire le mélange d’humour et de tristesse de Bad Blake, qui permettrait de mettre autant en lumière l’exubérance géniale de son talent musical, que la menace omniprésente de ses démons.
Tout cela vint de façon assez naturelle à Cooper. Il en rit même : « J’ai grandi avec cette musique, j’ai vécu dans le même monde que Bad Blake. Je sentais que si je n’étais pas capable de faire ça, ayant grandi dans le Sud et baigné dans le Country Rock, c’est qu’il y avait un problème. » Je voulais vraiment saisir le mélange d’humour et de pathos qui constitue la vie de Bad, et lui ajouter de la légèreté. Bad est un vieux singe qui ne sait plus s’il peut faire la grimace, un homme qui passe perpétuellement de l’obscurité à la lumière, même si, quoi qu’il arrive, il se dirige toujours vers la rédemption. »

Une fois le script terminé, Cooper s’est tourné vers un autre acteur et cinéaste, originaire du Sud, qui a longtemps été son mentor : Robert Duvall, qui a lui-même interprété le rôle d’un chanteur de country dans Tendre Bonheur. Cooper se souvient : « Lorsque vous envoyez un scénario à Robert Duvall et qu’il vous dit « oui », vous ne pouvez pas rêver mieux».
« Ce film rend honneur à une grande tradition américaine, la country music, un monde que je connais très bien et que je suis très heureux de retrouver après tant d’années. L’histoire m’a rappelé Tendre Bonheur, même si Horton Foote a pris une approche beaucoup plus douce. Crazy Heart est empreint de brutalité et s’attache à raconter la dure vie d’un homme qui se bat contre ses démons. C’est une histoire éternelle, mais Scott Cooper l’a abordée de manière assez novatrice, avec une sincérité et un point de vue que les gens n’avaient pas eu l’occasion de voir avant » explique Duvall.

Judy Cairo de Informant Media les rejoints ensuite dans l’aventure. Elle se souvient : « La Country fait partie de mes racines. Chaque personnage du film est complètement attaché au paysage américain. »

T Bone Burnett et Stephen Bruton écrivent les chansons de Bad Blake pour Crazy Heart

Bad Blake fait corps avec sa musique, ce qui explique pourquoi l’écriture de ses chansons était aussi centrale dans le récit et se devait d’être 100% réelle et crédible, comme si les chansons provenaient de l’âme d’un chanteur de Country expérimenté et apprécié, même sur le retour. Personne ne pouvait mieux le faire que T Bone Burnett, qui a écrit la plupart des chansons de Blake avec Stephen Bruton.

“Tomber et Voler” Jeff Bridges se plonge dans Bad Blake pour Crazy Heart

Jeff Bridges est un de ces acteurs caméléons que l’on connaît mieux pour les différents personnages inoubliables dont il a endossé le rôle, plutôt que pour lui-même. Ses performances mémorables et naturalistes incluent le charmant Texan Duane Jackson dans La dernière séance de Peter Bogdanovich (qui lui a valu sa première nomination à l’Oscar du Meilleur Second Rôle)...

Maggie Gyllenhaal révèle le coeur sauvage de Bad Blake dans Crazy Heart

La vie de Bad Blake aurait sans doute continué comme toujours - d’une tournée de seconde zone à la suivante, d’un bar triste au suivant, d’un verre au suivant - s’il n’avait pas croisé le chemin de Jean Craddock. Après cette rencontre, Bad est déterminé à essayer de devenir meilleur qu’il ne l’a jamais été.

‘The Weary Kind’ Les seconds rôles de Crazy Heart

Tandis que Bad Blake lutte pour trouver des concerts rémunérés, son ancien petit protégé, Tommy Sweet, a touché le jackpot en devenant une véritable superstar de New Country, se produisant dans des stades gigantesques devant des fans en délire et évoluant dans un univers de musique populaire que Bad pourrait à peine imaginer. Tommy devient à la fois un poids pour Bad tout en étant sa source de revenus lorsque celui-ci l’engage pour écrire des chansons sur son très attendu nouvel album. Pour jouer Tommy, les producteurs, ont souhaité un cameo surprise, qui contient une performance que Rob Carliner qualifie de « complètement inattendue ».

La vision du nouvel Ouest américain dans Crazy Heart

L’histoire de Bad Blake se déroule dans les méandres de son monde, qui s’étend du Colorado au Nouveau-Mexique et au Texas, alors qu’il joue dans divers bars, clubs et même des salles de bowling, parcourant des étendues faites de vies fragmentées et traversées par la quête incessante des amours perdus ou jamais trouvés. En chemin, Crazy Heart ouvre de nouvelles perspectives sur l’Ouest américain, qui, peu importe la modernité croissante de la vie autour, reste sauvage à bien des égards. « Je voulais vraiment que le film ait une qualité intemporelle, explique Scott Cooper. Ce sentiment naturaliste qui émane des grands films intimistes des années 70. Du point de vue de la thématique, on a ces personnages et ces situations rudes, auxquels il fallait opposer un contrepoint visuel. »