L’auteur, producteur et réalisateur
Scott Cooper – un homme du Sud qui a baigné dans les légendes exubérantes et les thèmes doux-amers de la Country – a toujours vu le personnage de Bad Blake comme le miroir des héros de la Country qu’il idéalisait plus jeune. Bad est peut-être un raté – irritable, irresponsable, alcoolique et parfois ridicule – mais c’est aussi un conteur hors pair, un éternel romantique, une âme en peine et un homme capable de suivre le chemin de la rédemption quand tout semble perdu. Le roman de
Thomas Cobb avait été un succès critique.
Le New York Times Book Review a écrit à son propos : « le milieu résonne autant qu’une guitare électrique et l’intrigue avance en rythme, sans rater une mesure… ». Kinky Friedman, star de la Country, auteur et homme politique, en a dit : « Les personnages sont tirés du coeur de ce qui fait l’Amérique – les bords de la route de l’Ouest, les salles de danse et les bars à bière, les grands concerts occasionnels… Et les sempiternelles chambres d’hôtel qui finissent par devenir ce qu’il y a de plus proche d’une maison pour les chanteurs de country… Bad Blake est un homme que vous n’oublierez pas de sitôt. »
Mais en se mettant à l’écriture, Cooper dut faire face à la tâche ardue de traduire le mélange d’humour et de tristesse de Bad Blake, qui permettrait de mettre autant en lumière l’exubérance géniale de son talent musical, que la menace omniprésente de ses démons.
Tout cela vint de façon assez naturelle à Cooper. Il en rit même : « J’ai grandi avec cette musique, j’ai vécu dans le même monde que Bad Blake. Je sentais que si je n’étais pas capable de faire ça, ayant grandi dans le Sud et baigné dans le Country Rock, c’est qu’il y avait un problème. » Je voulais vraiment saisir le mélange d’humour et de pathos qui constitue la vie de Bad, et lui ajouter de la légèreté. Bad est un vieux singe qui ne sait plus s’il peut faire la grimace, un homme qui passe perpétuellement de l’obscurité à la lumière, même si, quoi qu’il arrive, il se dirige toujours vers la rédemption. »
Une fois le script terminé, Cooper s’est tourné vers un autre acteur et cinéaste, originaire du Sud, qui a longtemps été son mentor :
Robert Duvall, qui a lui-même interprété le rôle d’un chanteur de country dans
Tendre Bonheur. Cooper se souvient : « Lorsque vous envoyez un scénario à
Robert Duvall et qu’il vous dit « oui », vous ne pouvez pas rêver mieux».
« Ce film rend honneur à une grande tradition américaine, la country music, un monde que je connais très bien et que je suis très heureux de retrouver après tant d’années. L’histoire m’a rappelé
Tendre Bonheur, même si Horton Foote a pris une approche beaucoup plus douce.
Crazy Heart est empreint de brutalité et s’attache à raconter la dure vie d’un homme qui se bat contre ses démons. C’est une histoire éternelle, mais Scott Cooper l’a abordée de manière assez novatrice, avec une sincérité et un point de vue que les gens n’avaient pas eu l’occasion de voir avant » explique Duvall.
Judy Cairo de Informant Media les rejoints ensuite dans l’aventure. Elle se souvient : « La Country fait partie de mes racines. Chaque personnage du film est complètement attaché au paysage américain. »