Le producteur
Michael Costigan a découvert le travail de Jay et
Mark Duplass en 2005, au Festival du Film de Sundance où était projeté leur premier long métrage, The puffy chair. Écrit, réalisé et produit par les deux frères, et tourné avec seulement 15 000 dollars, The puffy chair a impressionné
Michael Costigan: « Je me suis dit que ce film ne ressemblait à aucun de ceux que j’avais pu voir jusque-là. Mark et Jay avaient fait un film incroyablement drôle, original et émouvant sur les rapports humains. » Portrait semi-improvisé des derniers jours d’une relation, le film a remporté le Prix du Public du prestigieux SXSW Film Festival. La réputation de The puffy chair s’est très vite étendue grâce au bouche à oreille.
Michael Costigan a ensuite rencontré Jay et
Mark Duplass pour discuter du genre de film qu’ils aimeraient faire s’ils avaient le budget d’un film de studio. Les deux frères ont répondu qu’ils souhaitaient poursuivre leur exploration des réalités, à la fois douloureuses et drôles, des relations humaines modernes.
Ce fut le début de Cyrus... L’idée de départ était simple : faire un film basé sur les rapports humains, avec des acteurs professionnels et l’originalité des précédents films des frères Duplass.
Mark Duplass raconte :« Nous voulions travailler avec un petit groupe de gens et faire le meilleur film possible. Nous avons toujours mis l’accent sur les éléments comiques et tragicomiques des relations humaines. C’est une ambiguïté que nous aimons. Est-ce sérieux ? Est-ce drôle ? C’est aux spectateurs d’en discuter après le film autour d’un café. »
Jay Duplass ajoute : « Ce que nous aimons montrer, ce sont ces moments de vérité que l’on voit rarement dans les films mais dont nous faisons tous l’expérience dans la vie. Nous n’avons pas choisi de faire du cinéma-vérité ou d’adopter un style documentaire, mais c’est comme cela que nous faisons nos films. »
Mark Duplass explique : « Nos précédents films ont coûté peu d’argent parce que nous avons tout fait nous-mêmes. Jay tenait la caméra et moi la perche. Nos acteurs parcouraient le plateau sans aucune marque au sol. Il y avait un scénario, mais les acteurs improvisaient à leur guise et nous filmions les choses comme elles arrivaient. » La sensibilité des frères Duplass est à cheval entre la comédie et la tragédie.
Jay Duplass raconte : « Avec Mark, nous essayons de trouver ces répliques sur le fil qui font que vous ne savez pas si vous devez rire ou vous sentir mal à l’aise. Nous évoluons dans cette zone intermédiaire où les gens éprouvent des émotions très différentes. Un critique a dit d’un de nos films : « C’est du John Cassavetes avec de l’humour. » C’est exactement ce que nous recherchons : l’émotion brute et la vérité dans les rapports humains. Ce que nous espérons, c’est que vous rirez en regardant le film, tout en ayant conscience que derrière l’humour il y a un propos authentique sur les gens et ce qu’ils vivent. »
Michael Costigan observe : « Si le film n’est pas réaliste, il ne peut pas être amusant. Toute la comédie repose sur l’authenticité des relations entre les personnages. Même si elles sont parfois exagérées, elles sont toujours ancrées dans quelque chose de très réaliste. C’est comme cela que les frères Duplass construisent leurs films. Et c’est ce qui donne à toutes les personnes qui travaillent avec eux le sentiment de créer quelque chose de réellement original. » N’étant pas habitués à travailler sur un projet d’une telle ampleur, les frères Duplass ont d’abord été intimidés.
Chrisann Verges, la coproductrice du film, raconte : « Sur leurs précédents films, ils avaient une équipe de cinq personnes. A la première réunion de préproduction, nous étions déjà une douzaine.
Quand Mark et Jay sont arrivés, ils ont dit : « Il y a plus de gens autour de cette table que sur nos deux derniers films réunis ! » Au final, nous avons travaillé avec une équipe de 80 personnes. » Ayant longtemps travaillé seuls, les frères Duplass connaissent les exigences de chaque poste sur un plateau.
Chrisann Verges a fait appel à beaucoup de nouveaux talents pour travailler sur Cyrus, dont le directeur de la photographie
Jas Shelton, la chef décoratrice
Annie Spitz et la chef costumière
Roemehl Hawkins. Jay Deuby, qui avait monté The puffy chair, a aussi signé le montage de Cyrus.
Chrisann Verges observe : « C’était fantastique de pouvoir présenter Jay et Mark à des personnes capables de les aider à concrétiser leur vision du film. »
Jay Duplass explique : « Notre esthétique est le fruit d’un long parcours fait d’essais et d’erreurs. Mark et moi avons fait beaucoup de mauvais films quand nous avions une vingtaine d’années. Nous essayions de faire les films que nous pensions devoir faire. A un certain moment, quand nous avons commencé à intégrer dans nos films nos conversations privées sur les choses gênantes mais drôles qui arrivaient dans nos vies et au sein de nos relations, les gens se sont mis à en parler et à avoir envie de les voir. »
Mark Duplass ajoute : «En fait, à partir du moment où nous avons commencé à nous moquer de nous-mêmes à l’écran, tout est devenu bien meilleur!»