Jean-Yves Labat de Rossi l’organisateur
Sa vie ressemble à un roman. Personnage atypique, Jean-Yves Labat de Rossi a connu de grandes heures. Rocker à succès dans les années 70 aux Etats-Unis avec le groupe Utopia, il fréquente Woodstock et mène une vie « sex, drug and rockn’ roll ». Mister Frog, son nom de scène, et ses fameux collants verts, séduisent pour un temps le public américain avant que des divergences artistiques ne l’amènent à quitter le groupe.
Il ne cherchait pas la gloire, il voulait jouer de son synthétiseur, inventer de nouveaux sons, une musique psychédélique, hymne à la liberté et au plaisir... Et la musique, expression subversive, deviendra, au fil du temps, une arme contre la guerre. En 1994, il réussit l’exploit de reformer en pleine guerre la chorale éclatée de Sarajevo – alors composée de Serbes, de Croates et de Bosniaques – et de les faire chanter dans la cathédrale alors que la mitraille sévit tout autour. Il pousse l’audace jusqu’à organiser l’évasion des choristes de la ville assiégée - par le tunnel de l’aéroport - afin de les faire chanter en France. Finalement, Sarajevo le laisse brisé. Dissident face à l’inertie politique, il revient avec un terrible sentiment de frustration. Il ne lui reste, pour bagages, que des visions récurrentes de l’horreur dont l’Homme est capable. Il se retire alors de la société. Sept années au terme desquelles un reportage sur le siège de la Nativité à Bethléem réveille de plus bel son activisme « pour la paix ». Autrefois Sarajevo, maintenant le Proche-Orient et toujours la musique comme un manifeste pour la paix.
« Plus qu'un film, c'est un témoignage unique, émouvant et troublant, qui retrace avec force et vérité ce que fut cette incroyable aventure, mais aussi, au delà, nous éclaire de façon rare et privilégiée sur l'état des sentiments et des motivations des artistes qui se sont engagés à mes côtés dans cette démarche. Alors que l'on croit tout savoir sur la question israélo palestinienne, en nous permettant de pénétrer les coulisses, de partager la vie des artistes pendant cette tournée et de les entendre s'exprimer (parfois même dans leurs non dits), il éclaire d'une nouvelle lumière la situation au Proche Orient et l'état des consciences des parties respectives. Loin de tout angélisme, ce film, parfois dur, touche le coeur et éveille les esprits».
Jean-Yves Labat de Rossi, initiateur de la tournée «
d’Une Seule Voix »
Haggy (juif israélien) - Jerusalem Oratorio Chamber Choir
Haggy, la cinquantaine, est Chef de choeur du « Jerusalem Oratorio Chamber Choir ». Formé de plusieurs chorales, le Jérusalem Oratorio est le plus grand ensemble choral d’Israël. Une fois par an, les membres adultes du chœur (envion150 personnes) interprètent un grand oratorio, avec orchestre et solistes. Ils ont ainsi interprété des oeuvres de Bach, Haendel, Vivaldi, Mozart, Beethoven, Schubert, Rossini, Puccini, Fauré, Mendelssohn, Poulenc, Bernstein... Réunissant 26 chanteurs, le « Jerusalem Oratorio Chamber Choir » constitue le noyau du Jerusalem Oratorio. Il a représenté Israël au sein de plusieurs festivals internationaux. Il s’est également produit sur des scènes prestigieuses, comme le festival d’Israël, le festival « Liturgica » de Jérusalem ou le festival de musique vocale d’Abu Gosh. Le répertoire de ce chœur s’étend d’oeuvres de la pré-Renaissance jusqu’à des oeuvres contemporaines, en passant par des arrangements pour chœur de musique traditionnelle.
Atef (musulman palestinien) – Ensemble musical de Palestine
L’ensemble Musical de Palestine a été créé en septembre 2004, à Gaza. Orchestre de la PBC (Palestinian Broadcasting Corporation), il a pour vocation d’assurer la pérennité de la tradition musicale palestinienne et de la valoriser. Placé sous la direction musicale de Mohammedatef Okasha, il se consacre tout particulièrement à l’interprétation d’œuvres anciennes oucontemporaines, ayant un lien direct avec la culture musicale traditionnelle gaziote. Il se produit à de nombreuses occasions à Gaza où il est très apprécié pour l’authenticité et la qualité de ses interprétations. La tournée «
D’une seule voix » a été pour ces artistes la première occasion de se produire hors de Palestine.
« Depuis ma naissance, on m’a toujours interdit de sortir de Palestine et depuis la construction du mur, je ne peux même plus sortir de Gaza. Je fais depuis quelques temps le même rêve : un monde sans porte et sans mur. On est tous fatigués du conflit. La situation des Israéliens n’est pas enviable non plus (...) Tous les soirs j’appelle ma femme pour savoir si tout va bien, s’il n’y a pas eu de violence. Tuer, c’est perdre. Avec la musique, on parle ici un langage qui efface la politique. On joue ensemble, on mange ensemble, on dort ensemble, on peut donc parler ensemble. Et avoir de l’espoir».
Mohammedatef Okasha, directeur artistique L’ensemble Musical de Palestine
Limor (juive israélienne) -groupe Ashira
La fusion des registres musicaux traditionnels et contemporains, la rencontre entre les cultures juive et arabe et la diversité des styles sont la marque de Ashira. L’Ensemble s’est produit dans le cadre du festival Ethnique de Jérusalem, au HaGadah HaSmolit café de Tel Aviv, au théâtre arabo-hébraïque de Jaffa, ainsi qu’au festival Hutzot Ha’If de Jérusalem. Fondateurs et leaders de l’ensemble, Doron Shalom et Limor Azariah s’inspirent pour leurs compositions des souvenirs des prières de leur enfance, pour donner à ces chants un sens tout personnel, à travers des adaptations extrêmement poignantes et empreintes de mysticisme.
« Je suis sûr que personne n’a la même position (à propos du conflit israélo-palestinien). Nous sommes là pour la musique avant tout, et c’est de cela que nous discutons la plupart du temps. Pour moi, c’est aussi l’occasion de découvrir la musique palestinienne, ce qui est impossible en Israël ».
Eitan Refua, membre du groupe Ashrechem
« Je ne crois pas que nous allons changer le monde avec cette tournée. Notre idée est qu’on va partager notre art pendant quelques semaines, passer du temps ensemble, jouer ensemble, s’écouter les uns les autres et je pense que c’est la chose la plus importante ».
Limor Azaria, chanteuse du groupe Ashira
Le chœur d’enfants de Taibeh (chrétiens palestiniens) et le chœur Efroni (juifs israéliens)
Le Chœur d’enfants de Taybeh
Situé à 30 kilomètres au Nord de Jérusalem, à proximité de Ramallah, Taybeh est un village de 1.500 habitants, tous chrétiens. Au sein de l’église latine, une chorale d’enfants et de jeunes (9 à 16 ans) a pris son essor depuis six ans environ. Arabes palestiniens, filles et garçons se réunissent chaque semaine pour préparer l’animation de l’Eucharistie dominicale. Les pèlerins de passage à Taybeh sont toujours émus d’entendre leurs
voix et il n’est pas rare que, pour animer une fête ou une rencontre, la chorale soit sollicitée. Chœur d’enfants de Taybeh est membre de l’Ensemble
“D’une seule voix“, qui réunit une centaine de musiciens israéliens et palestiniens.
Le Chœur Efroni
Fondé en 1980 par Maya Shavit et placé sous sa direction, le Chœur Efroni est composé de jeunes filles juives israéliennes âgées de 12 à 18 ans, principalement issues de milieux ruraux et de Kibboutz. Son répertoire comprend des chants traditionnels juifs aussi bien que des œuvres écrites pour le chœur par des compositeurs israéliens contemporains. Le Chœur s’est notamment produit à l’occasion de la cérémonie de remise des Prix Nobel de la Paix en 1994.
Seize adolescents et adolescentes sélectionnés au sein de chacune de ces deux formations (8 par formation) ont été réunis pour la première fois à l’occasion de la tournée «
d’Une Seule Voix » .
Eti et Saz (juive israélienne et arabe israélien)
Eti Castro, artiste Pop, Juive israélienne, a grandi à Ramat Gan. Dès son plus jeune âge elle n’a vécu que pour la musique. En tant que “wonder girl”, découverte à l’âge de 6 ans, elle chante à l’occasion d’événements culturels, sur scène et à la télévision. Elle a également chanté pour l’armée lors de son service militaire. Après celui-ci, elle continue à chanter et accompagne des vedettes israéliennes telles que Yoram Gahon et Dana International. Elle est notamment connue pour avoir fait partie de “Hamsa”, le premier groupe entièrement féminin en Israël, extrêmement populaire. Elle est aujourd’hui une artiste confirmée. D’origine palestinienne, Sameh Zakout, artiste de Hip-Hop, est né et a grandi dans un quartier pauvre et défavorisé de Ramle. Il a fait ses études à l’école de la paroisse de Santa-Terra. Confronté à la pauvreté et aux autres difficultés qui sont le quotidien des Arabes israéliens, Sameh a décidé de lutter par la musique: le Rap et le Hip Hop. A l’âge de 16 ans, il a commencé à se produire dans des petits clubs. Il a depuis pris part à plusieurs tournées internationales en France, Angleterre, USA, Hollande... Les difficultés quotidiennes que rencontre Sameh sont évoquées dans ses chansons qui traitent des problèmes politiques, sociaux et personnels.
Ensemble, Eti et Saz ont enregistré le CD « Master Peace » et participé à la tournée «
d’Une Seule voix » .
« On s’est rencontrés il y a deux ans. C’était la première fois que j’allais chez un arabe. Il a fallu oublier tout ce qui nous sépare, ses amis et cousins morts, les miens perdus. Depuis, on a fait un album ensemble. Peut-être que notre musique changera ce que les politiques ne pourront pas changer».
Eti Castro