Le Da Vinci Code & Léonard de Vinci
La Cène
Dans DA VINCI CODE, le personnage de Sir Leigh Teabing donne une interprétation particulière de cette peinture légendaire, commencée par Léonard de Vinci en 1495 et achevée en 1498. Commandée par le duc de Milan, Ludovico Sforza, la Cène est une fresque murale peinte directement sur le mur du réfectoire du monastère Santa Maria della Grazie, à Milan.
La peinture, qui mesure 4,60 m sur 8,80 m, représente l’instant où Jésus annonce à ses apôtres que l’un d’eux l’a trahi. La façon naturelle dont les émotions sont représentées, allant du choc à la consternation en passant par le manque d’expression sur le visage de Judas, est radicalement différente de ce qui se faisait alors. La peinture est anachronique : la table, la nappe, les chaises droites et les couverts et ustensiles de table représentés sont ceux utilisés quotidiennement par les moines au XVe siècle.
Léonard de Vinci a organisé les apôtres en quatre groupes de trois, le Christ étant au centre, se distinguant des apôtres par l’espace vide autour de lui. La composition du tableau est celle d’un triangle central, avec deux triangles de chaque côté. A la droite de Jésus se trouve un jeune apôtre aux traits féminins, indice clé qui mènera à la conclusion renversante du « Da Vinci Code ».
Malheureusement, Vinci a choisi de ne pas utiliser la méthode habituelle utilisée pour peindre des fresques, la tempera (détrempe dont le liant est une émulsion à base d’œuf) sur du plâtre humide, mais de peindre directement sur le mur sec. En 1556, l’historien de l’art Vasari écrivait que « la peinture s’est tellement détériorée qu’il ne reste plus que la vague forme des personnages ».
Mona Lisa
Mona Lisa est l’un des portraits les plus célèbres au monde. Léonard de Vinci a commencé à peindre cette femme énigmatique à l’étrange sourire en 1503, et aurait continué à travailler dessus pendant plusieurs années. Trois ans avant sa mort, lorsqu’il s’est installé en France pour peindre pour le jeune roi François 1er, il a emmené le portrait avec lui. La peinture, réalisée sur bois, a d’abord été exposée à Fontainebleau, puis à Versailles, et pour finir au Louvre, où elle sourit maintenant à des milliers de visiteurs par an à travers sa paroi de verre protectrice. C’est l’œuvre la plus emblématique et la plus populaire du musée.
Pendant des années, la peinture a été surnommée la Joconde, parce que l’on pensait qu’il s’agissait peut-être du portrait d’Elisabetta, la troisième épouse du marchand florentin Francesco del Giocondo. Mais il ne s’agit que de suppositions. Certains pensent même que Léonard se serait pris pour modèle, d’autres que la femme était la maîtresse d’un des Médicis…
Jean Reno confie : « Je suis un grand admirateur de cette peinture depuis que je suis tout jeune. Elle m’attire. Elle a ce que j’appelle un « parfum ». Lorsque vous vous déplacez devant elle, elle semble vous suivre des yeux. Cet échange entre la peinture et l’observateur est envoûtant. On dit que le pouvoir de cette œuvre réside dans son sourire, pour moi il est dans son regard. »
Ron Howard ajoute : « Il y a quelque chose d’hypnotique dans cette œuvre, elle vous absorbe, vous vous y perdez, elle donne à réfléchir… C’est pour cela qu’elle symbolise si bien le film, parce que c’est non seulement une peinture de Léonard de Vinci, mais qu’elle a une qualité énigmatique et mystérieuse qui reflète les thèmes du film. »
La Vierge aux Rochers
En 1483, la Congrégation des Sœurs de l’Immaculée Conception commanda à Léonard de Vinci un tableau central pour le triptyque surmontant l’autel de l’église Saint-François-Majeur de Milan. Il existe deux peintures de la Vierge aux Rochers, l’original, sur toile, qui se trouve au Louvre, et une version postérieure légèrement modifiée sur bois, exposée à la National Gallery à Londres. Elle montre la Vierge Marie assise avec l’Enfant Jésus et le petit Jean-Baptiste, et l’ange Uriel.
Le Da Vinci Code & L'histoire
Les Chevaliers du Temple
L’ordre militaire et religieux des Chevaliers du Temple a été fondé en 1119 à Jérusalem, après que la ville, conquise en 614 par le calife Umar, a été reprise par les Chrétiens durant la Première Croisade. Le nouveau Royaume de Jérusalem était dirigé par Baudoin 1er, couronné en 1100, et les Chevaliers, sous la direction de Hugues de Payns, occupaient une aile de son château, dans l’ancienne mosquée Al Aqsa, sur l’emplacement de l’ancien Temple de Salomon - d’où leur nom, Chevaliers du Temple, ou Templiers. Il s’agissait d’un ordre monastique et militaire dédié à la protection des pèlerins chrétiens en Terre sainte. Moines chevaliers, ils faisaient vœu de pauvreté et de célibat. Leur emblème était une croix rouge sur une tunique blanche. Leurs sergents, qui n’étaient pas membres de la noblesse, arboraient quant à eux une croix rouge sur fond noir. L’ordre a été soutenu par Bernard, puissant abbé de Clairvaux et fondateur de l’ordre des Cisterciens, qui sera béatifié par la suite et deviendra Saint Bernard. L’ordre a été reconnu officiellement par l’Eglise au Concile de Troyes en 1128. C’est probablement Bernard qui a écrit la Règle de l’ordre des Templiers, qui juraient seule allégeance au Pape.
De la protection des pèlerins, ces guerriers de légende ont étendu leurs activités et combattu pour toutes les causes du Saint Royaume de Jérusalem. Ils protégeaient les biens des pèlerins absents, devinrent banquiers en prêtant des fonds aux futurs pèlerins pour leur voyage contre leurs propriétés, et collectant les impôts et la dîme. Leurs propriétés terriennes et leurs richesses ont rapidement augmenté, et leur influence est devenue si puissante qu’elle a provoqué le ressentiment de certains chefs politiques incapables de les contrôler. Les possessions des Templiers s’étendaient dans toute l’Europe et incluaient des châteaux en Terre sainte et à Chypre, et leur connaissance de l’Asie les a poussés inévitablement à s’impliquer en politique. Ils étaient les précurseurs de l’armée de métier moderne, une institution remarquablement entraînée, disciplinée et dévouée, qui refusait l’héroïsme individuel au profit d’un objectif commun plus élevé.
Les principaux rivaux des Templiers furent les Hospitaliers, un ordre créé en 1070 pour veiller sur les pèlerins et fournir un toit aux plus démunis. Eux aussi ont rapidement évolué pour devenir un ordre militaire riche et puissant. Les deux ordres ont toujours refusé de collaborer. Les dettes contractées auprès des Templiers par les dirigeants séculiers de toute l’Europe sont vite devenues gênantes, ce qui a provoqué leur chute, mais les Hospitaliers ont poursuivi leurs activités caritatives, déviant la colère qui a fini par détruire les Templiers.
Le vendredi 13 octobre 1307 (cette date serait à l’origine de la superstition voulant que le vendredi 13 porte malheur), le roi Philippe Le Bel a ordonné leur arrestation et la confiscation de leurs biens. Les Templiers capturés ont été torturés et contraints de confesser diverses hérésies et perversions. Malgré les efforts pour sauver l’ordre – dans certains procès, les membres étaient jugés innocents – les forces qui avaient juré sa perte étaient trop déterminées, et Jacques de Molay, le dernier Grand Maître des Templiers, fut brûlé sur le bûcher en 1314. Les Templiers disparaissaient, après deux siècles d’existence.
Le Prieuré de Sion
Dans « Da Vinci Code »,
Dan Brown assure que le Prieuré de Sion est une société secrète réelle fondée en 1099, et que des parchemins connus sous le nom de Dossiers Secrets découverts en 1975 à la Bibliothèque Nationale révèlent le nom de plusieurs de ses membres, d’éminentes figures de la littérature, de l’art et de la science, dont Sir Isaac Newton, Botticelli, Victor Hugo et Léonard de Vinci.
Cependant, ces documents se sont révélés être des faux modernes placés par Pierre Plantard, qui a admis avoir « fondé » le Prieuré avec trois amis en 1956, comme une blague, un canular ou une escroquerie. Il a été élu Grand Maître du Prieuré en 1981.
Les faux documents et manuscrits des Dossiers Secrets prétendaient que l’organisation secrète avait été fondée en 1099 par Godefroy de Bouillon, qui a conduit la première armée en partance pour Jérusalem durant la Première Croisade, et a été le premier souverain de la Terre sainte reconquise. Le Prieuré est aussi censé avoir créé les Chevaliers du Temple, qui sont supposés s’en être séparés un siècle plus tard.