Daddy Daddy Usa est un film personnel et de cinéma. Il a été longtemps en gestation. Dans ce sens, il est nécessairement loin de l'actualité. Il veut raconter une histoire universelle, celle du rapprochement tardif d'un fils avec son père. Mais comme tout documentaire, il porte en toile de fond les mouvements de son temps.
Son langage et sa matière sont l'engagement politique. Il parle d'engagement politique et cherche à en brosser le portrait. Il veut explorer la frontière qui sépare ceux qui commentent l'action et ceux qui agissent. Il propose une représentation différente d'une gauche américaine différente. Il ne prétend pas à l'exhaustivité. Il prend la forme d'une série de rencontres imbriquées avec quelques dissidents (si l'on peut employer ce terme sans impliquer l'existence d'un goulag) qui ont consacré leurs vies à la lutte.
Le spectateur a été trompé. Depuis des années, on lui fait croire qu'il connaît ce pays à travers des images qu'on lui vend systématiquement comme étant brûlantes, alors qu'elles sont surtout exagérément stylisées, dans une sorte de maniérisme médiatique. Avec
Daddy Daddy Usa, j'ai essayé de monter d'autres images. Pour cela, je crois en la force de la rencontre subjective. Je suis allé aux Etats-Unis renouveler mon propre regard sur ce pays, parce que j'en ressentais la nécessité. Le film est là. Dans le plaisir de ces rencontres et dans ce qu'elles peuvent bouleverser chez nous.