Notes de Prod. : Daratt

    en DVD le 18 Septembre 2007

Notes d'intention

Au Tchad, la guerre civile dure depuis 1965 ; elle a fait de nombreuses victimes. Parmi les 40 000 tués ou disparus sous le règne d’Hissène Habré, j’en connaissais beaucoup. Un de mes oncles en faisait partie... Après avoir été enlevé, on ne l’a plus jamais revu. Moi-même j’ai été blessé - j’ai dû quitter mon pays sur une
brouette, embrassant les chemins de l’exil ; autant dire que j’ai vécu ce drame dans ma chair...

À chaque fois que je retourne au Tchad, je suis confronté à cette réalité de l’après-guerre ; elle est là, omniprésente, comme une histoire en suspens, jamais terminée, une page qu’on n’a pas encore tournée... Je connais nombre des acteurs ayant participé à cette tragédie ; il m’arrive même de les côtoyer. Ils ont tué, violé, brûlé, endeuillé, pillé... s’en sont pris aux plus vulnérables qui, en définitif, sont les laissés pour compte d’aujourd’hui. Les bourreaux d’hier, eux, sont devenus des gens de pouvoir et paradent sans être inquiétés.

Ce qui est terrible dans les guerres civiles, c’est qu’elles légitiment toutes les atrocités, tous les crimes et, tout compte fait, les absolvent. C’est ce sentiment d’injustice qui nourrit le désir de vengeance - qui n’est, au fond, qu’un désir de justice.

Daratt ne traite pas de la guerre civile, mais de ses conséquences. Ce qui m’intéresse, c’est le paysage après la tempête. La vie, obstinément à l’œuvre, dans les champs de ruines et de cendres. Comment en effet continuer à vivre ensemble après tant de violence et de haine ? Quelle attitude adopter face à l’impunité ? Se résigner ou se faire justice soi-même ? Et quand on choisit cette dernière option, c’est quoi tuer un homme ?

Rencontre avec Mahamat-Saleh Haroun

Votre film traite du passage à l'âge adulte.
Il traite de l'apprentissage mais il traite aussi du pardon et de sa nécessité impérieuse pour pouvoir « grandir ». Comment créer son propre chemin lorsqu’on hérite d'une situation historique et familiale et des devoirs qu'elle impose ? Comment trouver sa voie quand un ancien vous confie une mission aussi lourde à porter que celle que le grand-père de Atim lui confie ?

La guerre civile au Tchad

Le Tchad connaît depuis octobre 1965 une situation de guerre civile. La déclaration d'indépendance, signée le 11 août 1960, a ravivé l'opposition entre le Sud, animiste et chrétien,et le Nord, musulman, influencé par le nassérisme. D'abord sous l'emprise d'hommes du Sud, François Tombalbaye puis Félix Malloum, le Tchad fut dirigé à partir de 1979 par des hommes du Nord : Goukouni Weddeye, Hissène Habré et Idriss Déby qui ont conquis le pouvoir en s'appuyant sur leur ethnie d'origine. Malgré la signature de plusieurs accords entre le président Déby et certaines factions armées, l'instabilité perdure, notamment dans le Sud, dans la région du lac Tchad, et plus récemment dans l’Est. Le gouvernement en place à N'Djamena est, aujourd'hui, loin de contrôler l'ensemble du territoire national. Le pays est aujourd'hui complètement exsangue en raison des effets conjugués de la guerre, de la sécheresse et de la famine.
 

Box-office au 09 Février 2010

  • 1ère semaine IDF : 6 414 entrées
  • Cumul IDF : 14 506 entrées

  • 1ère semaine France : 15 532 entrées
  • Cumul France : 43 012 entrées