Quelle a été votre réaction à la lecture du scénario ?
Je l’ai lu d’une tarite, et me souviens avoir été impressionnée par l’écriture, apr les personnages et les rappor(s qui exitaient entre eux. Sans doute plus que le versant polar lui-même. Lorsqeu vous refermez le livre, il y a un univers qui se referme avec. On m’a souvent proposé des personnages troublés psychiatriquement. Donc ce n’est pas vraiment cela qui m’a surprise. Là, il y avait quelque chose de lancinant dans ce film. Il y avait tout pour que je n’y crois pas, et pourtant, j’y croyais. C’était étrange. Je me suis posé des questions sur moi-même… Je dois être un peu gamine, mais je crois à n’importe quoi à partir du moment où l’on me met dans de bonnes conditions pour y croire. Et là, je me suis dit, c’est possible d’y croire. C’est un risque. Parce que la folie, comme la violence, lorsque ça ne marche pas, ça ne marche pas. C’est ridicule. Cela tient à un cheveu. Sinon, on joue à fond et là c’est un numéro d’acteur et l’on n’en parle plus. Mais ce n’est pas le but du jeu. Ici, les dialogues sont très simples, sans aucun effet de langage. J’ai trouvé cela presque clinique. C’était droit. C’est ce qui m’a plu.
Lors d’une interview sur le tournage, vous disiez que René Manzor avait tendance à vous faire jouer au-delà de la fatigue…
Il voulait absolument obtenir le dénuement total des personnages. Ils sont tous dans une situation qui n’est pas très glorieuse bien qu’ils soient tous différents. C’est cela que
René Manzor voualit obtenir : ils savent qu’ils sont tous en train de lutter pour survivre. Ils sont emprisonnés. Et chacun, lorsqu’il s’exprime, demande le droit de vivre. Je ne joue que cela en fait. Des personnages qui sont en train de crever et disent : je ne veux pas mourir. Et on leur explique que pourtant, il va falloir. Et eux répondent qu’ils veulent vivre. Quand on a dit cela, on a plus rien à perdre. Sauf que, lorsque vous avez trop d’énergie, vous trimballez des résidus de quelque chose. Et René voulait qu’il ne reste plus rien. Atteindre la dernière vibration de vie…