La peur a mauvaise réputation, mais je pense que ce n’est pas justifié. La peur permet de clarifier les choses car elle vous oblige à vous focaliser sur ce qui est important, en laissant de côté ce qui est accessoire. Lorsque
Mark Boal, le scénariste, est rentré d’un reportage en Irak, il m’a parlé de ces soldats qui désamorcent des bombes en pleine zone de combat – ce qui, de toute évidence, est une mission réservée aux hommes les plus qualifiés qui s’en acquittent au péril de leur vie.
Quand il m’a raconté qu’ils étaient totalement exposés et qu’ils n’utilisaient rien d’autre que des pinces pour désamorcer une bombe suffisamment puissante pour faire des victimes à 300 mètres à la ronde, j’ai été sonnée. Lorsque j’ai découvert que ces hommes se portent volontaires pour ce type de mission extrêmement dangereuse, et qu’ils y prennent tellement goût qu’ils ne pourraient pas concevoir de faire autre chose, j’ai compris que je tenais là le sujet de mon nouveau film.
Kathryn Bigelow