Notes de Prod. : Demonlover

    en DVD le 18 Juin 2003

Notes du réalisateur Olivier Assayas

"Après avoir fait un film historique, j'avais besoin de revenir vers des enjeux très modernes. Je venais de sortir des Destinées Sentimentales, que j’avais porté pendant très longtemps. J’étais satisfait d’avoir mené à bien ce film très difficile à faire et qui était peut-être l’un des derniers dans son genre.
J’en étais enfin libéré, et après avoir enchaîné les tournages, j’avais envie de me remettre à écrire. Mais j’avais l’impression, depuis Fin août, début septembre, d’être arrivé au terme de quelque chose, d’un questionnement en grande partie autobiographique. Je devais repartir à zéro. C’est à la fois intimidant et passionnant.
Il me fallait un projet auquel Les Destinées ne faisaient pas d’ombre et j’ai réfléchi à ce qui me stimulait le plus dans le cinéma d’aujourd’hui. Je me suis remis en question, et interrogé sur les nouveaux enjeux du récit cinématographique, la manière dont il peut rendre compte du monde contemporain."


Le travail d’écriture
"J’avais depuis un moment une idée de film qui parlerait de relations de pouvoir et de sexe entre des femmes dans une entreprise. Dans sa première version, c’était un film expérimental, assez abstrait, et je n’avais aucune certitude sur ce qu’il pouvait donner à l’écran, si les gens allaient y comprendre quelque chose.
J’avais même l’impression que, dans le contexte du cinéma français actuel, c’était infaisable. Je l’ai donné à lire à Jacques Fieschi, qui l’a passé à Xavier Giannoli. C’est après la conversation que j’ai eu avec Edouard Weil et Xavier Giannoli, leur manière de me parler du scénario que j’ai compris que cette histoire pouvait en valoir le coup.
Je l’ai réécrit en le structurant, en étoffant les personnages et leurs rapports et en réunissant un peu de documentation. Je pensais que cela pouvait donner quelque chose dans le genre d’Irma Vep, que j’avais pu faire avec très peu d’argent.
Le scénario s’est enrichi progressivement, et le budget a très vite gonflé. J’ai été libre d’y intégrer tout ce que je voulais traiter, et surtout notre rapport aux images, les affects qu’elles véhiculent et la manière dont elles influent sur notre imaginaire, mais aussi sur notre conduite sociale, professionnelle ou amoureuse."