Comment êtes-vous arrivée sur le projet À DERIVA ? Heitor Dhalia vous a-t-il contactée personnellement ? Quelles ont été vos premières impressions en lisant l’histoire ?
Oui, Heitor m’a contactée directement. J’ai été très touchée par l’histoire et la dynamique des personnages en lisant le scénario.
Avant de venir tourner ce film, combien de fois étiez-vous venue au Brésil ? Connaissiez-vous Rio, Sao Paulo ou d’autres villes ? Qu’en saviez-vous par votre mère brésilienne ?
Je viens au Brésil chaque année depuis que je suis toute petite. Je connais donc plutôt bien le pays. Je passe toujours par Sao Paulo, mais je connais aussi Rio, Salvador, Maceio et l’Amazonie.
À la lecture du scénario, qu’avez-vous pensé d’Angela ?
J’étais très intriguée par le mystère qui l’entoure. Malgré le fait qu’elle ne soit pas un des personnages centraux du film, sa présence a un gros impact sur les gens qui l’entourent, et en particulier sur Filipa qui n’a que 14 ans.
Heitor vous a-t-il donné des instructions particulières pour construire votre personnage ? Quel genre de réalisateur est-il ?
Oui, nous avons beaucoup parlé d’Angela et de son rôle dans l’histoire avec Heitor avant le tournage. Nous étions d’accord sur le fait qu’elle ne pouvait pas juste être une aventure de plus, mais une pour laquelle Filipa éprouve une étrange fascination. Heitor est un réalisateur très sensible aux acteurs et il n’impose aucune distance entre lui et nous. Dès l’écriture du scénario, il savait exactement ce qu’il attendait de chaque personnage et il était toujours prêt à répondre à nos questions à propos de nos rôles.
Que pensez-vous de l’attitude d’Angela en tant que femme adultère ?
Bien qu’Angela ait une aventure avec un homme marié et père de famille, il y a quelque chose d’innocent chez elle qui est assez difficile à décrire. Elle est jeune et libre, et de toute évidence ne s’inquiète pas des possibles conséquences négatives de ses actes.
Et que pensez-vous de son style vestimentaire exubérant, comme son turban par exemple ? Avez-vous collaboré à l’élaboration de sa garde-robe ?
Sa garde-robe m’a beaucoup aidé à créer son personnage. Elle intensifie son caractère et contribue à la rendre mystérieuse et fascinante aux yeux de Filipa. Le turban nous est venu au dernier moment ; dès que je le mettais le matin, je me sentais complètement transformée.
Avant À Deriva, vous aviez joué dans un film qui présente des similarités de thème et de situation avec le film d’Heitor, The Ballad Of Jack And Rose (2005) de Rebecca Miller, avec Daniel Day-Lewis. Avez-vous tracé des parallèles entre les deux films ? Votre expérience précédente vous a-t-elle aidée sur ce nouveau projet ?
Oui. J’ai ressenti de grandes similitudes entre les deux films dès la lecture du scénario d’À Deriva. Ce sont deux histoires très personnelles qui présentent des relations très particulières entre un père et sa fille. Mais au niveau stylistique et de la mise en scène, les films ne pourraient pas être plus différents.
Vous avez travaillé sur des films à très gros budgets, comme 10 000, et sur des projets plus intimes, avec des budgets plus modestes, comme À DERIVA. Quelles différences avez-vous ressenties au niveau de votre travail ?
Je suis très privilégiée d’avoir pu travailler sur des projets si divers...avec des décors gigantesques et des centaines de figurants, comme pour 10 000, et sur des productions beaucoup plus petites, avec des équipes réduites, comme pour À Deriva et j’ai énormément appris de ces deux cas de figure. Je pense que la créativité d’un acteur est plus à même de se développer sur des projets plus limités, parce que l’attention se porte d’avantage sur le jeu et sur l’évolution des personnages. Alors que sur de plus grosses productions, toute l’attention se porte sur la magnitude de tout ce qui se passe autours. Mais la façon dont vous construisez votre personnage est plus ou moins la même, parce qu’au final, nous essayons toujours de rendre notre personnage crédible et intéressant.
Avez-vous vous reçu de nouvelles propositions de tournage au
Brésil ? Quel est votre prochain projet ?
À Deriva, de par son contexte brésilien, a été très spécial pour moi. Je n’ai pas encore reçu d’autres propositions, mais j’adorerais travailler à nouveau au Brésil. Je m’apprête à jouer le rôle-titre de
Mary, Mother Of Christ, aux côtés de Peter O’Toole et Jonathan Rhys Meyers, et sous la direction de l’Argentin Alejandro Agresti
(
Valentin,
Entre Deux Rives). Je suis très excitée par ce projet.