Notes de Prod. : Des temps et des vents

Note d'intention du réalisateur

« C’est un film sur le temps. Le rythme du temps est le rythme du film. On s’attache aux destins de trois enfants, Yildiz, Yakup et Ömer, leurs interactions avec leurs parents et la maîtresse d’école. Nos trois enfants sont attrapés par le temps qui passe dans un village coincé entre la mer et la montagne, entre le ciel et la terre. S’y dresse le minaret, balancier réglant la vie du village, brillant parfois comme un poignard d’argent, coupant le jour en cinq temps. Le titre original du film « Bes vakit » signifie d’ailleurs « cinq fois ». La prière dite cinq fois par jour reflète le mouvement du soleil, de la lune et des saisons et correspond aux cinq états d’esprit devant lesquels l’homme est placé : le désir et la peur, l’amour et la rancune, la passion et la haine, les cris et les sanglots, la foi et la souffrance. Chaque rencontre provoque une nouvelle souffrance, la douleur de grandir, de mûrir, de vieillir. C’est la tragédie de la vie. Ce film se veut l’accompagnement de cette tragédie, où les mots et les sons flottent dans la pureté et la fraîcheur de ce lieu unique, dans un temps cinématographique précis. Ce film se veut le témoin de cette souffrance. »

Reha Erdem

Reha Erdem en quelques mots

Reha Erdem est né à Istanbul en 1960. Après avoir suivi des études de cinéma à l’Université de Paris VIII, il réalise en 1989 son premier long métrage A Ay , pour lequel il est nommé Meilleur Réalisateur de l’année par l’Association des
Écrivains Turcs. En 1991, il met en scène Les Bonnes de Jean Genet pour le Théâtre National Turc. En 1999, il signe Run For Money, son deuxième long-métrage puis On Est Bien Peu De Choses en 2004 et Des Temps Et Des Vents en 2007.

Entretien avec le réalisateur

Votre film est centré sur les personnages des enfants, Yakup, Ömer et Yildiz, dont c’était, pour chacun, la première expérience devant la caméra. Comment s’est passée la direction d’acteurs ?
On les a choisis parmi une centaine d’enfants. Au cinéma trouver « la bonne figure » est primordial. Et la relation créée avec cet interprète constitue le rythme du tournage et donc indirectement celui du film. D’où l’importance de faire le bon choix. On a fait un long travail de casting dans la région (et en même temps à Istanbul, au cas où...). Les garçons sont originaires de la région où s’est déroulé le tournage. Quant à Yıldız, elle vient d’Istanbul. Je ne leur ai pas donné le scénario à lire tout de suite, je leur ai vaguement parlé du film. Ils l’ont découvert, scène par scène... C’était presque un jeu de puzzle pour eux, et ça a marché, ça les a bizarrement motivés.

Le cinéma Turc

« Les Turcs pensent avec leurs yeux ». Cet adage souvent repris se vérifie avec le mot « oeil », qui figure plus que tout autre dans les expressions et tournures de la langue turque. À travers les siècles, la vie des Turcs a été façonnée et enrichie par l’iconographie cinétique. Dans une culture où l’alphabet n’apparaît que tardivement, l’imaginaire collectif est donc dominé par les représentations, qu’elles soient parades, peintures ou pièces de théâtre. Ainsi, du XVIe au début du XXe siècle, la distraction publique favorite est le Karagöz, théâtre d’ombres constitué d’un écran blanc peuplé de personnages en deux dimensions et animés par des événements de la vie réelle et imaginaire. Nul doute alors que le cinéma tienne une place si particulière dans la société turque.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 81 entrées

  • 1ère semaine France : 8 338 entrées