
« C’est un film sur le temps. Le rythme du temps est le rythme du film. On s’attache aux destins de trois enfants, Yildiz, Yakup et Ömer, leurs interactions avec leurs parents et la maîtresse d’école. Nos trois enfants sont attrapés par le temps qui passe dans un village coincé entre la mer et la montagne, entre le ciel et la terre. S’y dresse le minaret, balancier réglant la vie du village, brillant parfois comme un poignard d’argent, coupant le jour en cinq temps. Le titre original du film « Bes vakit » signifie d’ailleurs « cinq fois ». La prière dite cinq fois par jour reflète le mouvement du soleil, de la lune et des saisons et correspond aux cinq états d’esprit devant lesquels l’homme est placé : le désir et la peur, l’amour et la rancune, la passion et la haine, les cris et les sanglots, la foi et la souffrance. Chaque rencontre provoque une nouvelle souffrance, la douleur de grandir, de mûrir, de vieillir. C’est la tragédie de la vie. Ce film se veut l’accompagnement de cette tragédie, où les mots et les sons flottent dans la pureté et la fraîcheur de ce lieu unique, dans un temps cinématographique précis. Ce film se veut le témoin de cette souffrance. »
Reha Erdem