Notes de Prod. : Destination finale 5

    en DVD le 25 Janvier 2012

Notes de Production

Dans Destination Finale 5, la Mort, une fois encore, plane comme une terrible menace, pour- chassant un groupe d’amis qui tentent désespérément d’échapper
à ses assauts impitoyables. Dans le cinquième épisode de la saga, la Mort s’attaque
à une bande de collègues partis en séminaire d’entreprise, pour une courte durée. Alors que le car est en route, il emprunte un immense pont suspendu, qui culmine à 60 mètres au-dessus d’un fleuve. Lorsque le pont s’effondre sous leurs yeux, leur sort semble scellé... Sam, qui a eu une vision prémonitoire de l’accident, tente de sauver ses compagnons d’infortune, et y parvient en partie... C’est en tout cas ce qu’il croit.
Dans les épisodes précédents, on savait d’emblée que les personnages allaient tous mourir, et la seule question qui se posait était de savoir quand et comment – et c’est d’ailleurs ce qui tenait le spectateur en haleine”, affirme le réalisateur Steven Quale. «Mais dans ce nouvel opus, le suspense est plus intense encore : une poignée de personnages a peut-être trouvé le moyen d’échapper à la mort».
Pour le producteur Craig Perry, un cinquième volet permettait non seulement de répondre aux attentes des fans de la saga, mais aussi de les faire bondir sur leurs sièges.
«Nous cherchons systématiquement à nous dépasser nous-mêmes», affirme-t-il. «Le message que les fans nous ont adressé, c’ est qu’ils s’ attendent à des histoires captivantes et éprouvantes, mais aussi divertissantes. On a donc essayé d’être à la hauteur».
Souhaitant tourner le film en 3D, les producteurs Craig Perry et Warren Zide ont fait appel à un expert en la matière, Steve Quale.
«La 3D n’a aucun secret pour Steve», souligne Perry. «Cela fait 20 ans qu’il collabore avec James Cameron, grand maître du relief et du cinéma d’action. En plus, Steve est un vrai cinéphile, si bien qu’entre sa passion pour le cinéma et sa maîtrise technique, il était l’homme de la situation».
Sachant que les codes de la saga étaient déjà bien établis, Quale a eu envie de repousser les limites du genre. «Je me suis fait un visionnage marathon des quatre épisodes d’affifilée, en me mettant à la place d’un spectateur et en notant ce qui me plaisait le plus dans chacun d’entre eux», signale-t-il. «Et puis, je me suis mis à réflfléchir à ce que je ferais une fois que je me retrouverais derrière la caméra».
Le scénariste Eric Heisserer explique qu’il s’agissait d’un vrai bonheur d’écriture car il n’a pas eu besoin de mettre en place le postulat de départ de l’intrigue. «Grâce aux quatre épisodes précédents, je n’ai pas eu à trop m’ étendre sur les scènes d’ exposition pour être certain que le spectateur comprenne ce qui se passe», dit-il. «D’entrée de jeu, je voulais écrire un thriller fantastique captivant qui s’inscrive parfaitement dans la lignée de la saga. Comme les fans, je voulais qu’il y ait des scènes d’horreur terrifiantes, mais j’ai aussi cherché à enrichir la mythologie de Destination Finale en plaçant les personnages face à un dilemme moral qui les oblige à s’interroger sur ce qui compte le plus à leurs yeux».
Étant donné que les scènes de tuerie violente sont emblématiques de la saga, le scénariste se devait de ne pas décevoir les fans.
«Le plus difficile pour moi a été de concevoir les séquences de meurtres», reconnaît-il. «Je me suis rendu plusieurs fois sur les lieux où les films de la saga sont censés se dérouler. J’ai pris des photos, j’ai dessiné des croquis, j’ai fait des interviews. J’ai souvent eu l’impression d’être sur une scène de crime, même si aucun meurtre n’avait encore été perpétré. Il a fallu être extrêmement méthodique pour donner le sentiment que lorsqu’une série d’événements anodins
s’enchaînent dans un ordre bien particulier, cela sonne comme un sinistre présage pour un personnage. L’avantage, c’est que lorsqu’une scène de meurtre fonctionnait, c’est ce qui s’avérait le plus sympa à écrire
».
Outre les scènes de tuerie, les producteurs et Quale tenaient absolument à ce que l’intrigue et les personnages bénéficient de la même attention : ils savaient qu’en suscitant l’empathie du spectateur pour les protagonistes, la mise à mort de ces derniers n’en serait que plus éprouvante.
«On s’est mis en tête de réaliser un film visuellement spectaculaire, qui comporte des scènes d’action efficaces – à commencer par celle du pont», affirme Quale. «Mais je pense aussi que le spectateur aime s’attacher à des personnages. Leurs parcours personnels nous permettent de mieux suivre l’intrigue, et c’est pour cela qu’on a consacré pas mal de temps à dénicher les bons comédiens. Et, chemin faisant, on a eu beaucoup de chance».
«Je pense qu’on a trouvé le bon équilibre», déclare Perry. «L’effondrement du pont est la séquence d’ouverture la plus spectaculaire de la saga. Par la suite, le suspense vient du fait qu’on se demande sans cesse non seulement ce qui va arriver aux personnages, mais surtout comment leur sort va être réglé – et c’est grâce à cela que la série Destination Finale est à part».

Les plus chanceux survivront à la catastrophe. Et puis, la Mort viendra tous les chercher... l’un après l’autre…

L’intrigue du cinquième volet de la saga s’attache à Sam, personnage en pleine crise existentielle : soit il continue à travailler dans la fabrique de papier, où il touche un salaire lui permettant de gagner sa vie, soit il tente de réaliser son rêve de devenir chef cuisinier, et il part vivre à Paris... Mais en faisant le choix de s’installer en France, il risque bien de perdre la femme qu’il aime.
«Quand on fait la connaissance de Sam, il est perturbé car sa petite amie, Molly, vient de rompre», note Nicholas D’Agosto, qui interprète Sam. «Et puis, lorsqu’il se retrouve à bord du car, il a le pressentiment que quelque chose ne tourne pas rond, mais il refuse d’y prêter attention. Et quand la Mort commence à frapper les personnes de son entourage, il se met à avoir très peur parce qu’il ne comprend pas ce qui se passe, et ce qu’il est censé faire, ou comment convaincre le FBI qu’il n’a aucune responsabilité dans la mort de ses camarades. Et pour couronner le tout, il s’efforce de prendre les bonnes décisions qui engagent sa vie – pour le temps qu’elle durera….»
«Nick est un type attachant, ce qui a rejailli positivement sur Sam, et c’était déterminant car il était essentiel que le spectateur ait envie de s’embarquer dans cet effrayant périple avec lui», affirme Perry.
«Ce qui me plaît dans cette saga, c’est qu’elle comporte une question ouverte pour le public : quelle est la créature ou l’entité qui déclenche une vision prémonitoire chez le protagoniste afin que celui-ci repousse les assauts de la Mort le temps qu’il faut pour qu’elle revienne ensuite frapper les personnages ?», explique D’Agosto. «Je trouve que c’est une question fascinante pour les fans, mais à laquelle je ne tenterai pas de répondre... même si j’ai quelques idées en la matière».
Alors que la Mort prend dans ses filets les proches de Sam les uns après les autres, personne n’échappe à ses sombres machinations – sauf peut-être la femme dont le protagoniste est amoureux.
Emma Bell campe Molly, charmante petite amie de Sam, qui est profondément amoureuse de ce dernier, mais qui a le sentiment qu’ils s’engagent dans des voies résolument opposées.
Évoquant son personnage, la comédienne précise :
«Elle vit dans une petite ville, et cela lui va très bien. Je ne pense pas qu’elle ait jamais rêvé de s’installer dans une grande ville, ou quoi que ce soit de ce genre. Elle aime Sam, mais elle sait qu’il a des rêves qu’elle ne peut pas combler, et elle craint de freiner ses ambitions avec son amour. Molly est consciente que si Sam devait faire un choix, c’est elle qu’il ferait passer en priorité et qu’il renoncerait à Paris. Mais elle ne veut pas le mettre dans une situation pareille, et c’est pour cela qu’elle prend la décision à sa place».
Perry se souvient du moment où il a découvert la comédienne : «Je l’ai vue dans un autre film et je me suis dit, ‘Mais qui est cette fille ? Elle est formidable !’ Du coup, quand on a entamé le casting et qu’on a suggéré son nom, on a sauté sur l’occasion. Emma a un regard incroyable : elle est capable de voler la vedette à tous ses partenaires sans dire un seul mot».
Miles Fisher interprète Peter, qui est à la fois le meilleur ami de Sam et son supérieur hiérarchique direct. «C’est un type franc de collier, et extrêmement concret», souligne Fisher. «Quand la Mort commence à s’en prendre à lui et à ses amis, il tente par tous les moyens de trouver une explication logique car il est très rationnel. Et quand la Mort vient chercher la personne qui lui est la plus chère, je crois qu’il craque : il ne peut pas s’y résoudre et, en cherchant à trouver un sens à tout cela, il se raccroche à une chimère».
Perry explique qu’avec le personnage de Peter, la saga s’engage dans une voie nouvelle, plus dramatique, et jusque-là inexplorée. «Il y a des tas de rebondissements et de coups de théâtre qu’apprécieront les fans, mais ce qui est le plus intéressant, à mon avis, c’est qu’on s’ attache à un personnage et qu’on l’ observe en train de changer pendant que le monde qui l’entoure s’ écroule, et qu’il cherche des moyens peu reluisants de s’en sortir», note Perry. «C’est là une piste qu’on n’avait encore jamais explorée».
Fisher a aimé jouer un personnage à contre-emploi de la saga. «Ce qui est génial dans la franchise Destination Finale, c’est que les gens connaissent les codes du genre», dit-il. «Ils savent que tous les personnages vont probablement mourir dans des conditions atroces, et ce qui est amusant, c’est de jouer avec les nerfs du spectateur. Des accidents se produisent tous les jours – dans une baignoire, dans un centre de bronzage, dans un hippodrome ou à chaque fois qu’on prend l’avion. Ces films stimulent l’imaginaire et donnent la chair de poule au spectateur, mais ils ne sont pas dénués d’humour. C’était amusant de jouer avec ces codes et de repousser encore les limites du genre».
La petite amie de Peter, Candice, est interprétée par Ellen Wroe, jeune comédienne et ex-gymnaste – ce qui correspondait exactement aux attentes de la production.
D’ailleurs, c’est à l’époque où elle pratiquait cette activité sportive qu’elle a découvert la saga. «À l’époque où je faisais de la compétition, on organisait des séances tous les samedis soirs où on regardait des films d’horreur, et notamment Destination Finale», raconte-t-elle. «J’étais terrorisée et je fermais les yeux, mais on se les repassait en boucle !»
Quale explique que la comédienne s’est imposée dans le rôle. «Ellen a du cran et c’est une battante, et elle a une expérience de gymnaste à son actif, et dès qu’on l’a vue, on a su qu’on avait déniché notre Candice».
Étant donné que l’actrice n’avait pas pratiqué son ancienne discipline depuis sept ans, le chef cascadeur J.J. Makaro a inculqué des mouvements de gymnastique à deux doublures cascades pour une scène où Candice doit exécuter des figures complexes. Mais, comme l’explique Makaro, les doublures n’ont pas été nécessaires.
«Ellen nous a énormément surpris», dit-il. «Je m’attendais à ce qu’elle ait besoin d’une cascadeuse pour certaines de ses acrobaties, mais Ellen n’a pas tardé à reprendre l’entraînement au gymnase. À chaque fois qu’on pensait qu’on allait pouvoir l’aider, elle nous disait qu’elle n’avait pas besoin de nous. Au final, notre entraîneur nous a dit que seule Ellen pouvait exécuter ses propres figures. Elle nous a sidérés par son professionnalisme».
«La remise en forme a été un peu difficile et j’ai eu du mal à me retrouver au niveau où j’étais après toutes ces années sans entraînement, mais j’ai tenu à relever le défi», indique Ellen Wroe. «Au bout de deux ou trois semaines où je m’entraînais entre deux et trois heures par jour, j’ai senti mes réflexes revenir».


S’il y a bien un personnage qui n’a pas de conscience professionnelle, c’est Isaac, prototype même du collègue de bureau qui énerve tout le monde et qui fait fuir les femmes – malgré ses nombreuses tentatives de les séduire. P.j. Byrne, qui n’avait jamais joué dans un film d’horreur, était enchanté à l’idée de camper le rôle. «Je me suis dit que je n’aurais jamais plus l’occasion de mourir dans de telles circonstances dans un film, et encore moins en relief», souligne-t-il. «C’est ce qui m’a poussé à donner mon accord».
Byrne parle de son personnage : «Isaac aime les filles, et il s’aime bien aussi, et surtout il aime draguer ! Il a lu un bouquin sur les meilleures méthodes de drague, et il n’hésite pas à foncer tête baissée sur toutes les nanas, même s’il a peut-être – peut-être seulement – des chances de conclure une fois sur cent. Mais il est toujours en chasse !»
Si Isaac fuit constamment ses responsabilités, Nathan, son collègue à la fabrique de papier, est un type qui bosse dur : il fait partie de la direction et doit donc superviser les ouvriers, ce qui n’est pas toujours évident.
«Nathan est à cheval entre l’usine, où il a affaire aux syndicalistes, et la direction», explique Escarpeta. «Il est également beaucoup plus jeune que la plupart des types qu’il est censé encadrer, si bien qu’il se prend des réflexions en plein visage par l’un des plus anciens de l’usine, et il s’accroche pour gérer tout cela sans perdre son sang-froid».
Autre collègue de l’usine : Olivia, dont la beauté et l’assurance lui valent pas mal de succès. En revanche, elle souffre d’une mauvaise vue. Lasse de chercher en permanence ses lunettes, elle décide de se faire opérer au laser, sans être certaine du résultat.
Jacqueline Macinnes Wood évoque la scène : «C’était un moment très tendu, et délirant, pour moi, si bien que la terreur qu’éprouve Olivia était en réalité la mienne. Je suis toujours prête à relever un défi – je fais de la moto ou du skate-board, entre autres choses – mais rien n’aurait pu me préparer à vivre ça. C’était sincèrement effrayant».

Les spectateurs de la saga Destination Finale n’en finissent jamais de débattre pour savoir quel est le personnage qui connaît la mort la plus atroce, ou quel meurtre est le plus inventif, mais toute l’équipe de ce cinquième épisode était du même avis : c’est la mort d’Olivia qui l’emporte haut la main ! Quale estime que cette séquence en fera réfléchir plus d’un avant d’opter pour une chirurgie des yeux.
«Ce type d’opération s’est largement banalisé, mais Jacqui a joué la scène avec une telle intensité émotionnelle que tous ceux qui étaient sur le plateau avaient du mal à la regarder», avoue-t-il. «Elle a facilement gagné le concours de la séquence la plus glaçante et la plus horrifiante qui soit !»
Le patron de la fabrique, Dennis, est interprété par David Koechner, connu pour son rôle dans une série télé se déroulant, elle aussi, dans une fabrique de papier. Comme dans la réalité, le patron qu’est Dennis n’est pas très aimé de ses employés, ce qui donne lieu à quelques situations comiques. Koechner, qui n’avait jamais vu un seul film de la saga Destination Finale jusque-là, a un peu gloussé quand on lui a proposé le rôle.
«Je suis un brin froussard», reconnaît-il, «si bien que je ne savais pas très bien dans quoi je m’embarquais. Et puis, la production m’a passé une compilation de toutes les scènes de tueries depuis le premier volet, et j’ai trouvé qu’elles étaient hallucinantes».
«David Koechner est l’un des types les plus drôles que j’ai jamais rencontrés, et c’est un formidable acteur comique», signale Perry. «Il a instillé de l’humour et de l’énergie dans le film, tout en apportant une note dramatique à son personnage qui lui donne plus de profondeur et de crédibilité encore».
Le personnage le plus vraisemblable du film est sans doute le très sérieux agent Block, du FBI, qui enquête sur la série de morts mystérieuses : il est interprété par Courtney B. Vance.
«Que dire de plus sur Courtney ?», relève Perry. «Il a une présence extraordinaire et toutes les scènes dans lesquelles il apparaît sont chargées d’une émotion sidérante».
Pour Vance, il s’agissait d’explorer un genre inédit pour lui. «Le cinéma d’horreur me terrifie, mais quand j’ai su que Steve Quale était le réalisateur, je me suis dit que même si je n’avais jamais tourné dans un film du genre, que j’ étais dans de très bonnes mains. Du coup, j’ ai eu envie de me lancer».
Sur chaque scène de crime, on trouve aussi le mystérieux Bludworth, campé par l’acteur de série télé
Tony Todd.
«Tony est un type très imposant», reprend D’ Agosto «Il peut vous adresser un regard qui vous cloue sur place, mais c’est génial de travailler avec lui. Il n’y a pas plus sympa et élégant que lui».
Les fans du genre se sont réjouis en apprenant que Todd était à l’affiche du dernier épisode de la saga. «Après une brève absence des écrans, Tony est de retour, et nous en sommes ravis», déclare Perry, en parlant du seul acteur qui s’est illustré dans trois volets de la franchise. «Tous ceux qui aiment Destination Finale seront heureux de savoir que Tony ne se contente pas de faire une apparition, mais qu’il joue dans plusieurs scènes. Et il est génial dans chacune d’entre elles. Les fans vont adorer».
«Qui est ce Bludworth ?», s’ interroge l’ acteur. «À vous de me le dire ! Peut-être bien que c’est un représentant de commerce.». Il a des secrets bien à lui qu’il ne peut pas dévoiler... mais j’ imagine qu’il y a une raison pour laquelle il refait surface constamment».

Ce pont va s’effondrer et nous allons tous mourir !

Le tournage a démarré début septembre 2010 à Vancouver, en Colombie britannique, qui a servi de cadre aux trois premiers volets de la saga, sur une période de dix ans.
«On a eu l’impression de fêter des retrouvailles d’anciens camarades de lycée», souligne Perry, en riant. «Ce qui est formidable, c’est qu’il y a à Vancouver des techniciens géniaux qui ont déjà travaillé sur les trois premiers épisodes. Ces films sont difficiles à tourner. Ils exigent une expertise technique hallucinante, et quand on tourne avec des gens qui ont déjà travaillé sur un ou deux de ces films, cela facilite beaucoup les choses. D’ailleurs, on a vécu le tournage le plus facile de la saga».
La plupart des chefs de poste avaient déjà participé au tournage d’un épisode de Destination Finale. Citons notamment le coordinateur Effets spéciaux Rory Cutler, le superviseur Effets visuels Ariel Velasco Shaw, le maquilleur Effets spéciaux Toby Lindala et le chef cascadeur J.J. Makaro. Perry a ainsi été assailli par de nombreux souvenirs, et une figurante est même venue le voir un jour en lui montrant sa feuille de service datant du premier volet de la saga.
Pour Quale, c’était une vraie chance de retravailler avec cette équipe. «C’était génial parce que je suis, quant à moi, un petit nouveau, et que cela m’a beaucoup aidé de pouvoir leur demander des conseils et de me fier à leur sensibilité», affirme-t-il. «Rory, Ariel, J.J. et Toby forment une équipe épatante. Et notre chef décorateur, David Sandefur, a fait un super boulot pour soigner le moindre détail du décor et en accentuer le réalisme».
«Rory et Ariel ont vraiment bien fonctionné en tandem, ce qui était fondamental car sur ce type de film,
il fallait qu’on puisse se servir du numérique dans des situations où c’est très difficile de le faire
», poursuit- il. «Je crois qu’on a réussi à passer d’un dispositif à l’autre : effets visuels, effets spéciaux et maquillage. Quand c’était possible, on essayait de ne pas se reposer sur l’infographie ou sur les trucages : on a privilégié les effets réels autant que possible, et par chance, on y est arrivé. Les cascadeurs de l’équipe de J.J. ont bossé dur pour que les scènes d’action soient réalistes, et ont beaucoup épaulé nos acteurs».
Le maquilleur Lindala, déjà présent au générique de Destination Finale 3, avait pour mission de créer des effets sanguinolents saisissants.
«Avec mon équipe, on était vraiment enthousiastes à l’idée de travailler sur un nouvel épisode de la série, car c’est un projet de rêve pour un maquilleur», dit-il. «C’est avec ce type de film qu’on peut réellement témoigner de notre savoir-faire».
Quand on sait que les toutes nouvelles caméras 3D accentuent le moindre détail, il faut être particulièrement vigilant avec les plans d’hémoglobine. Lindala et son équipe ont passé d’innombrables heures à tester de nouveaux mélanges, et à mettre au point une formule qui paraisse réaliste à l’écran. Ils ont notamment utilisé du chocolat liquide et de la vodka. «Il nous a fallu du temps pour obtenir le bon mélange», indique Lindala. «C’était un peu difficile de travailler en 3D, mais je suis ravi qu’on l’ait fait aujourd’hui, et non pas il y a dix ou quinze ans, car beaucoup de progrès ont été accomplis entre-temps. À l’heure actuelle, on utilise des adhésifs Bondo et Pros- Aide, qui sont translucides et qui se confondent avec la peau, si bien qu’on ne dirait jamais qu’il s’agit d’un artifice. Sans ce dispositif, on aurait eu l’impression d’un maquillage et non pas d’authentiques blessures».

Après avoir travaillé avec James Cameron pendant plus de vingt ans, Steve Quale a non seulement «grandi» avec le développement de la 3D, mais il a joué un rôle-clé dans son évolution technologique et cinématographique. Il a ainsi collaboré aux œuvres de fiction de l’auteur d’Avatar, ainsi qu’à ses documentaires en IMAX, ce qui n’a fait qu’enrichir son expérience du relief sur toutes sortes de supports et d’environnements.
«J’ai très tôt appris ce qu’il fallait faire et ne pas faire en 3D», confie Quale. «J’ai appris à utiliser le dispositif comme un outil narratif, et pas comme un simple gadget, et je ne tourne des plans en 3D que s’ils sont au service du récit car, au bout du compte, ce sont l’histoire et les personnages qui font exister le film, et pas la technologie, aussi sophistiquée soit-elle».
Outre la 3D, la production s’est servie de la caméra numérique HD «Alexa», conçue par Arriflex. Le chef- opérateur Brian Pearson s’explique : «Pendant la préparation, Steve et moi avons longuement discuté du style visuel du film. On voulait prendre une direction différente avec ce cinquième épisode, en tournant plus de plans spectaculaires en relief, et en utilisant des grands angles et des téléobjectifs, ce qu’on fait rarement en 3D. On souhaitait travailler sur un large spectre de focales et de couleurs, pour jouer avec toute la profondeur de champ et la gamme chromatique. Du coup, on a puisé dans des tons chauds, mordorés, ambrés et flamboyants, mais on y a aussi injecté des tonalités plus froides à certains moments pour mettre en valeur les scènes plus spectaculaires».
La saga Destination Finale s’est toujours démarquée du cinéma d’horreur grâce à ses séquences d’ouverture stupéfiantes. La production estime que la scène de catastrophe inaugurale comblera les fans les plus irréductibles qui pensent avoir tout vu.
«L’idée de l’effondrement du pont suspendu est le fruit de longues discussions avec Craig Perry et Sheila Hanahan Taylor», souligne le scénariste Eric Heisserer. «On a commencé par chercher des vidéos de catastrophes naturelles ou industrielles sur Internet, en essayant d’en trouver une qui fonctionne pour le film. Craig a déniché une vidéo de l’écroulement du pont Tacoma Narrows Bridge, et ces images ne m’ont plus quitté. On a passé en revue tous les accidents qui peuvent se produire sur un pont, et quand on pensait avoir tout envisagé, l’un de nous avait une nouvelle idée. Au final, au bout de trois mois de réflexion, de discussions, d’écriture et de réécriture, j’ai fini par obtenir une séquence d’ouverture digne de Destination Finale. Mais c’est Steve Quale qui a su enrichir la scène sur laquelle on travaillait depuis des mois, en l’amenant à un niveau d’excellence qu’on n’aurait jamais cru possible».
Mais le tournage de la séquence en 3D a mobilisé des moyens importants. C’est ainsi qu’elle s’est déroulée dans quatre lieux différents : l’authentique pont Lions Gate Bridge de Vancouver, le plateau de Brunswick Pit, un pont suspendu construit sur un parking à ciel ouvert, et un immense pont de 36 tonnes, et de 18 mètres de long sur 15 mètres de large, construit sur un cardan, dans les studios Mammoth.
«Pour obtenir ce qu’on voulait, il a fallu qu’on fasse preuve de beaucoup d’imagination dans la manière d’utiliser les ressources à notre disposition», souligne Quale. «Grosso modo, toute la première partie – qui aboutit à l’effondrement du pont – a été tournée au Lions Gate Bridge. On a tourné des plans aériens et on a eu l’autorisation de fermer une file à la circulation sur le pont, un dimanche au petit matin, mais pour quatre heures seulement. Pour un maximum d’efficacité, on a fonctionné à quatre caméras en même temps».
«Puis, l’équipe est partie au Brunswick Pit», poursuit- il, «où nous avons fait construire un plateau. C’était très utile car cet emplacement offrait un point de vue imprenable, très proche du panorama qu’on observe depuis le Lions Gate Bridge, si bien qu’on a pu mêler des plans du véritable pont à notre décor, sans que cela se voie. Notre troisième lieu de tournage était le pont suspendu : nous avons pu hisser une partie du matériel à une dizaine de mètres au-dessus du sol pour tourner des plans de points de vue différents. C’est là que les acteurs tombent du pont et s’accrochent à ce qui reste des rambardes. Enfin, une fois que le pont commence à s’écrouler, on s’est replié dans un studio, où nous avons fait bâtir une grande partie du pont sur des cardans hydrauliques. C’est là que nous avons tourné l’essentiel des plans sur fond vert».
Pour concevoir la scène du pont, le chef-décorateur David R. Sandefur s’est appuyé sur son expérience d’architecte pour élaborer les plans. Il a fallu creuser sur une vaste étendue, à proximité du Brunswick Pit, pour accueillir l’immense plateau de tournage, comportant un échafaudage de 15 mètres de haut muni de fonds verts, des écrans blancs de 12 mètres de large sur 18 mètres de long, installés en hauteur, et une douzaine de grues.
«On a trouvé l’emplacement du Brunswick Pit trois semaines seulement avant le début du tournage, et on avait encore énormément de travaux à effectuer», souligne Sandefur. «On a vraiment bouleversé la topographie du lieu, non seulement en aplanissant le terrain par endroits, mais aussi en le surélevant à d’autres pour pouvoir supporter les fondations du pont d’asphalte et de la zone environnante. Il nous a aussi fallu penser aux normes de sécurité et d’environnement, en prévoyant un dispositif de ruissellement approprié, qui évite tout glissement de terrain susceptible d’emporter notre décor. Dès le déclenchement de la catastrophe, Steve devait pouvoir tourner au-dessus et en dessous du pont, et je savais qu’on ne trouverait jamais de plateau d’une hauteur suffisante pour ces plans. Du coup, on a eu l’idée de recouvrir des containers d’asphalte, afin de donner l’illusion d’un pont suspendu».
«On a eu beaucoup de chance de pouvoir travailler avec David Sandefur», affirme Perry. «Il a non seulement imaginé des décors hallucinants, mais il a su recréer un pont suspendu grandeur nature, et le reproduire sous différentes formes, afin d’obtenir une séquence d’ouverture des plus mémorables».

Vous étiez censés mourir sur ce pont – vous n’étiez pas censés survivre. Vous avez trompé la Mort”.

Ayant fait en sorte que la Mort guette à chaque instant, et qu’elle se profile dans les restaurants et s’insinue même près de la fontaine à eau de l’entreprise, la production espère que ce cinquième épisode sera le plus haletant de la série.
Craig Perry, qui a participé à l’ensemble de la saga, précise : «C’est ce qui fait que Destination Finale fonctionne si bien : on s’attend à des événements abominables qui se déroulent dans un cadre quotidien.
Cela peut sembler un peu fou de se demander par quels moyens tuer nos personnages, et comment leur infliger des blessures inédites. Mais je pense que le spectateur verra qu’on a encore réussi à se surpasser
».
Steven Quale est enchanté d’avoir pu réaliser ce film en relief, et estime que les fans seront récompensés pour leur fidélité à la saga : «Je pense qu’ils vont se précipiter dans les salles car le film réunit tous les ingrédients qui en font un formidable film d’horreur à suspense : des personnages attachants, des scènes de tuerie époustouflantes, et des rebondissements qui prendront tout le monde par surprise. Ils auront des montées d’adrénaline comme jamais !»