Natalie Portman s’est largement documentée sur son personnage. «Anne était animée d’une estime de soi, peu répandue chez les femmes de son époque. Elle considérait qu’elle méritait le titre que la naissance ne lui avait pas octroyé,» déclare-t-elle. «À l’époque, on ne se mariait pas par amour, mais par alliance d’intérêts. Anne accepte ces règles du jeu. Henry VIII est alors charmant, bel homme et cultivé.
Elle voit en lui un égal sur le plan intellectuel et sa stratégie de séduction consiste à lui tenir tête.»
Scarlett Johansson s’est également documentée sur l’époque : «Tandis que le monde extérieur se livrait des guerres de religion et que les pays se battaient pour étendre leur territoire, la cour royale constituait un univers à part.»
Mais l’actrice s’est surtout inspirée du roman. «On ne sait pas grand-chose de la vie de Mary,» poursuit-elle. «Il existe plusieurs interprétations sur la naissance de son idylle avec Henry, mais on ne parle jamais de sa personnalité. Rien n’a été écrit sur elle. Elle faisait tout simplement partie des maîtresses du roi. Les sœurs Boleyn sont décrites comme les deux moitiés du même être. Ce qui, chez Mary, suscite à la fois admiration et rejet de sa sœur correspond aux traits de caractère qu’elle aimerait elle-même posséder. De même, Anne comprend sur le tard qu’elle aurait finalement préféré ressembler à Mary.»
Justin Chadwick souhaitait montrer le roi Henry VIII à travers le regard d’Anne et Mary : le beau roi puissant, intelligent et séduisant, à l’inverse de sa traditionnelle image de souverain colérique et sanguinaire.
Le rôle a été offert à
Eric Bana. «Eric est très bel homme, souligne le cinéaste, et son expérience de l’improvisation lui a permis de témoigner de la générosité et de l’humanité de cet homme qui était roi d’Angleterre.»
Eric Bana : «Je pense que les femmes aiment ce livre parce qu’il représente deux aspects de la psychologie féminine : dans le langage d’aujourd’hui, on dirait qu’Anne est la femme ambitieuse et carriériste, tandis que Mary veut fonder une famille et connaître l’amour. J’aime l’écriture de Philippa car son style est vivant et ses personnages sont forts. Henry est complexe car même lorsqu’il se comporte mal, il est animé par une certaine logique.
À la fin du film, on voit bien ce qu’il est devenu : un enfant gâté, imprévisible et dangereux, imposant face à la Cour, mais dans l’intimité, impressionné par Anne qui le fascine.»
Kristin Scott Thomas est Lady Elizabeth, la mère des sœurs Boleyn, inquiète pour ses filles : «Pour les femmes, la seule manière de s’en sortir consistait à se marier,» explique-t-elle. «Si on faisait un bon mariage, on s’assurait un toit et un couvert. Par ailleurs, mon personnage est une femme très croyante qui désire ce qu’il y a de mieux pour ses filles et craint de les voir perdre pied avec la réalité.
Elle incarne une sorte de référent moral. En un sens, les êtres humains n’ont pas tellement changé depuis cette époque. Bien évidemment, les mœurs ont évolué, mais les sentiments n’ont pas tant varié.»
David Morrissey interprète le Duc de Norfolk, oncle d’Anne et Mary Boleyn. Homme d’intrigue et de pouvoir, il souhaite élever sa famille à la Cour par quelque moyen que ce soit.
«Non seulement il s’arrange pour que Mary et Anne croisent le chemin du roi, mais – sans que le film s’attarde là-dessus – il est également l’oncle de Catherine Howard, future cinquième épouse d’Henry VIII, qui subira le même sort que sa cousine Anne. C’était un intrigant, ambitieux et roué, sans pitié ni scrupule – du moins lorsqu’il s’agissait des intérêts de ses nièces. Cela peut nous choquer aujourd’hui, mais à l’époque, les femmes étaient une monnaie d’échange.»
Jim Sturgess, qui joue George Boleyn, décrit son personnage comme «une fripouille sympathique, attirée par les facilités que la vieà la Cour peut lui offrir. Il s’accorde du bon temps, mais il est tout aussi ambitieux que ses père et oncle. Il comprend qu’il a un rôle à jouer dans cette partie stratégique, même s’il n’est qu’un pion. George est aussi le médiateur entre les deux sœurs. Il semble avoir davantage pris parti pour Anne car c’est la plus malicieuse des deux, mais il voue un amour sincère aux deux. D’ailleurs, c’est sa loyauté envers Anne qui finit par le perdre.»