Notes de Prod. : Disgrace

    en DVD le 15 Juin 2010

Notes d'intention du réalisateur de Disgrace

Nous tenions à ce que le film soit fidèle au magnifique roman de Coetzee, en dépeignant l’Afrique du Sud comme une société complexe qui doit faire face au contrecoup de l’apartheid. Ce point de vue est perceptible à travers l’intrigue, mais plus particulièrement encore dans la relation très forte entre David et sa fille Lucy. Leur tragédie intime fait écho aux réactions très divisées suscitées par l’événement atroce qui est la clé de voûte du film. Dans un paysage somptueux de montagnes et de vallées, nos personnages sont en plein désarroi et se demandent s’ils peuvent aller de l’avant.
Le cadre spectaculaire qui les environne fait partie intégrante de leur trajectoire personnelle. Une trajectoire qui reflète une Afrique du Sud à la fois moderne et traditionnelle.
Les enjeux éthiques de Disgrace sont d’une grande subtilité, ce qui se retrouve dans le jeu tout en nuance des comédiens qui doivent affronter de nombreux dilemmes. Du coup, le spectateur est constamment décontenancé par les non-dits qui se jouent entre les personnages.
Malgré tout, il s’agit bien de l’Afrique et, d’ailleurs, la présence charnelle de l’Afrique habite le film, et tout particulièrement le cadre majestueux de la ferme de Lucy. A mon sens, il est essentiel de rendre compte de la puissance et de la beauté de cet univers naturel si nous voulons comprendre pourquoi, envers et contre tout, Lucy décide de ne pas partir. Les Sud-Africains sont quotidiennement confrontés à des choix semblables : il fallait que l’on explique, dans Disgrace, pourquoi ils décident parfois de rester sur place, et non pas seulement pourquoi ils décident de partir...

Disgrace, adapté d'un roman

En 1999, J.m. Coetzee remporte le Booker Prize pour la deuxième fois avec « Disgrâce ». Situé en Afrique du Sud, dans les années qui ont suivi l’apartheid, le livre a ému les lecteurs du monde entier grâce à la complexité de ses personnages et à sa force émotionnelle. Pour la scénariste et productrice Anna-Maria Monticelli, le roman est « un ouvrage extraordinaire, courageux et lucide ».

Disgrace, un travail exigeant

Anna-Maria Monticelli et Steve Jacobs ont tous deux été comédiens : autant dire que le casting est une étape particulièrement importante à leurs yeux. « Si on choisit les bons interprètes, on a très peu de consignes à leur donner », signale la scénariste. « C’est le choix des bons ‘ingrédients’ qui fait toute la différence pour un film ! » C’est dans cet état d’esprit que le réalisateur et sa scénariste ont contacté John Malkovich pour lui offrir le rôle du professeur David Lurie. « John Malkovich est un immense acteur, très intelligent, habité par ses rôles, et qui sait tout jouer. Il avait l’âge du personnage, il lui ressemblait physiquement et il avait son envergure intellectuelle. Il y a tellement peu de comédiens capables de jouer un rôle aussi

Le propos de Disgrace

Pour Steve Jacobs, le film parle de « grâce, de vengeance, de sexualité, d’autorité et de pouvoir ». Emile Sherman estime que Disgrace évoque l’obligation « d’accepter la réalité et ce qui nous échappe ». De son côté, Jessica Haines, qui incarne Lucy, pense que le film traite de la manière dont « les gens parviennent à surmonter leurs difficultés ».