Pour
Neill Blomkamp, un des aspects les plus excitants de District 9 était de pouvoir porter sur le grand écran sa vision de la vie extraterrestre. La coscénariste
Terri Tatchell raconte : « Neill n’a pas choisi la facilité avec ses extraterrestres. Ils ne sont pas attirants, ils ne sont pas mignons, et ils n’éveillent aucun sentiment de compassion. Il a imaginé des créatures effrayantes qui ont un look de guerriers, et cela ajoutait un défi supplémentaire à la mise en scène. »
Neill Blomkamp explique : « Je ne sais pas vraiment pourquoi je les ai imaginés tels qu’on les voit dans le film, mais ce dont j’étais certain, c’était que je voulais une race d’extraterrestres qui ressemble à des insectes. »
Le développement de ces créatures a été un long processus auquel ont participé
Neill Blomkamp et les artistes de WETA Workshop.
Joe Dunckley, le superviseur des effets plateau, explique : « L’idée de base était que les non-humains devaient avoir un exosquelette d’insecte croisé avec celui d’un crustacé. Ils ont des jointures tendineuses et fragiles entre les parties dures de leur carapace, un peu comme les crabes et les langoustes. Ils ont été faits pour inspirer le dégoût, et comme ils sécrètent une sorte de résine, nous avons utilisé plusieurs sortes de matières gluantes pour leur donner cet aspect brillant et vivant. »
Les extraterrestres ont été créés grâce à un mélange d’effets visuels et d’effets spéciaux physiques car certaines parties de leur corps, comme leur taille très fine et leurs jambes coudées, auraient été difficiles à animer autrement.
Joe Dunckley explique : « Little C.J. a été créé entièrement en images de synthèse, mais nous avions sur le plateau un mannequin en silicone très réaliste pour servir de référence aux artistes des effets visuels ».
La raison qui a poussé
Neill Blomkamp à utiliser un mélange d’effets visuels et de maquillages spéciaux et de prothèses pour les extraterrestres est simple : si les prothèses fournissent une bonne base de référence pendant le tournage, leur rendu final et leurs mouvements sont bien meilleurs avec les effets visuels. Le réalisateur note : « Nos créatures ont des tailles extrêmement fines, même avec des effets spéciaux et des prothèses le résultat n’aurait jamais été satisfaisant, c’est pour cela que nous nous sommes tournés vers les effets visuels. »
L’armure la plus sophistiquée de l’arsenal extraterrestre est l’exo-combinaison, une combinaison vivante biotechnologique qui se fixe elle-même sur l’extraterrestre, et que celui-ci contrôle de l’intérieur.
Neill Blomkamp raconte : « La combinaison reconnaît Wikus comme un extraterrestre et se branche à son cerveau. Il ne fait plus qu’un avec elle, et quand les balles ricochent sur son armure métallique, elle envoie à son cerveau une sensation de douleur. »
L’exo-combinaison a forcé le coordinateur des cascades
Grant Hulley à modifier son approche des cascades. Il explique : « Dans la plupart des scènes, nous avons essayé de rester réalistes. Par exemple, quand une personne était touchée par une rafale de mitrailleuse, elle n’était pas projetée en arrière et ne passait pas à travers un mur. Par contre, quand l’exo-combinaison attaque, l’enfer se déchaîne, comme dans cette scène où un véhicule est propulsé dans les airs. Nous avons construit une rampe à l’endroit où devait se trouver l’exo-combinaison, qui a été ajoutée en images de synthèse lors de la postproduction. Après avoir pris de l’élan sur 300 mètres, le véhicule a touché la rampe à 80 km/h et a été projeté dans les airs en faisant un retournement à 270 degrés. Pour être honnête, je n’avais encore jamais fait cette cascade avec un véhicule aussi gros et je n’étais pas très sûr du résultat, mais au final, c’était encore mieux que ce que nous avions imaginé ! »