Qui est Valentine ?
Une femme d’une quarantaine d’années qui, a priori, a tout pour elle : un mari, deux enfants, un métier qu’elle aime. Une femme très active, une mère concernée et parfois un peu envahissante, bref, une femme d’aujourd’hui : apparemment équilibrée et heureuse, mais dans le fond beaucoup plus complexe, insatisfaite et perturbée que ce qu’elle laisse paraître.
Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec Valérie Guignabodet ?
Je connaissais déjà un peu Valérie, nous nous étions croisées plusieurs fois. Je l’ai revue, elle m’a proposé de lire le scénario et de faire des essais avec
François-xavier Demaison. J’ai été absolument ravie d’elle me choisisse pour le rôle. J’avais vu tous ses films. Je la trouve incroyable : dans la vie, elle est forte, intelligente et en même temps pudique, discrète, tout ce que j’aime. Elle est très carrée dans le travail et en même temps extrêmement sensible.
Comment vous a-t-elle amené à ce rôle ?
Le scénario étant extrêmement bien écrit, avec des dialogues précis et pertinents, il n’y avait plus qu’à interpréter tout en faisant attention de ne pas en faire trop. Nous avons beaucoup répété, après il fallait suivre le scénario et connaître à fond le texte afin d’être le plus libre possible sur le plateau et de se laisser porter.
Y a-t-il des scènes qui vous ont paru plus difficiles que d’autres ?
Aucune scène ne m’a fait plus peur qu’une autre pour la simple raison que... j’ai peur tout le temps ! Sur un plateau, le tract m’habite, j’ai peur de ne pas savoir tout donner, je suis perfectionniste et je veux toujours aller plus loin. C’est pourquoi c’était génial d’avoir quelqu’un comme Valérie, exigeante, pointilleuse dans le bon sens du terme, et en même temps toujours souriante et rassurante. J’ai pu me reposer sur son regard.
Comment cela s’est-il passé avec François-xavier Demaison ?
Divinement bien. Il fait partie des acteurs qui bossent, il est hyper sérieux, très présent sur le plateau, extrêmement fin dans son jeu. Travailler avec lui quotidiennement fut un réel bonheur. Nous avons bien rigolé.
C’est le mari idéal ?
Je pense que le mari idéal n’existe pas, c’est bien ça le problème.
Et avec les deux petites comédiennes qui jouent vos filles ?
Ça a été incroyablement facile, malgré des scènes souvent complexes émotionnellement. La maturité des très jeunes comédiens me fascine. Elles avaient une capacité à analyser les situations plus vite que les adultes, elles savaient où se placer, avaient le sens du travail... tout en conservant en permanence le plaisir enfantin de jouer. Je continue à être en contact sur Facebook avec la plus jeune, elle m’envoie des bisous en chocolat !
Vous avez, dixit Valérie, une énergie, un rythme qui collent à ses dialogues mitraillettes ?
Je parle effectivement très vite et elle m’a dit de ne rien changer ! Ses dialogues sont denses, vifs, piquants et très drôles à condition d’être «balancés»... ce qui nécessite un très bon ingénieur du son et une très bonne mémoire ! Il fallait ciseler chaque dialogue, un vrai travail d’orfèvre au service du jeu. Quelle jubilation !
Quelle serait votre définition de Divorces, une comédie noire ?
Obligatoirement car même si on rit beaucoup, c’est un sujet grave. Le
divorce est, après le deuil, le plus gros facteur de stress de nos vies contemporaines. Je ne l’ai donc pas joué comme une comédie mais comme un drame absolu, toujours dans le premier degré des sentiments. Il faut se prendre les portes dans la figure et se faire mal pour faire rire.
Vous en sortez avec une nouvelle vision du couple ?
Divorces parle d’un couple qui implose, cela peut arriver à tout le monde par manque d’amour, de respect de l’autre ou de confiance en soi. La vie de couple est difficile, plus encore aujourd’hui car on vit plus vieux et on attend beaucoup plus de l’amour. On a donc de plus en plus souvent et l’envie et le temps de refaire sa vie, une fois, deux fois, voire plus... Les enjeux ne sont plus les mêmes qu’avant et en même temps le « couple nouveau» n’a pas encore été inventé. Peut-être qu’un film comme celui-ci, par la réflexion qu’il provoque, peut y contribuer ?