Notes de Prod. : Doomsday

    en DVD le 22 Octobre 2008

Notes de production

Après Dog Soldiers et The Descent, Neil Marshall signe son projet le plus ambitieux à ce jour, mêlant séquences d’actions spectaculaires, intrigue futuriste et décors apocalyptiques. Mais contrairement à la plupart des cinéastes du genre qui font massivement appel aux effets infographiques, Marshall tenait à réaliser son film « à l’ancienne. »
« Je voulais absolument que les scènes d’action soient les plus réalistes possibles, ce qu’on voit très rarement au cinéma de nos jours, » signale-t-il. « Il était hors de question d’utiliser des fonds verts ou de recourir au travail au filin : pour moi, il s’agissait de faire appel à des cascadeurs audacieux capables d’être suspendus à un bolide lâché à 130 km/h ou de sauter dans une voiture qui s’emplafonne dans une autre. »
« Doomsday correspond à ma vision de l’avenir, » poursuit-il. « Un virus mortel frappe le Royaume-Uni si bien que le gouvernement est contraint de construire un mur et de mettre la population écossaise en quarantaine afin d’assurer la survie du reste du pays. 25 ans plus tard, un commando d’élite est constitué pour trouver un vaccin contre le virus mortel. »
Pour le producteur Benedict Carver, président de Crystal Sky Pictures, il n’y a rien d’étonnant à ce que Marshall soit passé d’un film à petit budget à une grosse production.
« Dog Soldiers était un film efficace, tout comme The Descent, » affirme-t-il. « Neil est l’auteur complet des deux films et, quand on est un bon réalisateur, on peut s’attaquer à n’importe quel budget. À mon avis, il a fait preuve d’un vrai talent sur ses deux premiers longs-métrages qu’il a su mettre à profit sur Doomsday. »
Si le film s’inspire sans aucun doute d’œuvres marquantes du genre des années 1970-80, il s’agit pourtant d’un film totalement contemporain.
« Nous voulions rendre hommage à John Carpenter, George Miller et à tous ces grands cinéastes de genre des années 70. Pour autant, Neil a apporté sa touche personnelle au film », ajoute le producteur Paul.
À l’origine, le réalisateur imaginait un guerrier issu d’un monde ultra-moderne qui affrontait un chevalier en armure... dans un paysage post-apocalyptique. « C’est un genre un peu délaissé depuis quelques années, et qui me ramène aux films que j’adore, » note Marshall.
Le projet du réalisateur présentait plusieurs difficultés majeures. « Neil tenait à ce que les scènes d’action soient réalisées à l’ancienne, sans faire appel aux effets visuels. Il fallait donc qu’on trouve un vrai lieu de tournage, puisqu’il n’était pas question de créer le film sur ordinateur », explique Carver.
Autant dire qu’il s’agissait de trouver des interprètes prêts à tourner ce genre de séquences – sans même parler du fait d’être exposé à des coups violents, des plaies purulentes, des têtes tranchées, des combats de sabre, des poursuites en voitures, des orgies cannibales etc.

Visions de l’avenir

« Dans mes deux premiers films, j’ai été amené à travailler avec une équipe réduite, » reprend le réalisateur. « Au maximum, je me suis retrouvé à diriger une vingtaine de figurants, alors que sur Doomsday, j’ai eu recours à une cinquantaine de figurants dès le premier jour et près d’un millier plus tard. Nous avons tourné dans plusieurs décors différents, de la rue à la forêt, en passant par la montagne, un château et un bateau. J’allais donc considérablement changer d’échelle. Cela m’a semblé intimidant au départ, mais je savais que cela serait une aventure formidable. » Marshall décide alors de faire appel à plusieurs de ses collaborateurs fidèles, comme le directeur de la photo Sam Mccurdy, le chef-décorateur Simon Bowles et le superviseur maquillage prosthétique Paul Hyett. « J’aime bien travailler avec mes copains et ils se renouvellent à chaque film. Nous avons une vraie complicité sur le tournage qui rejaillit sur l’ensemble des comédiens et des techniciens. C’était un vrai défi pour nous tous. »

Des comédiens d’aujourd’hui pour un monde de demain

Lorsque Marshall a achevé un premier traitement il y a cinq ans, celui-ci s’attachait au personnage du commandant Eden Sinclair. « Cette femme est un soldat qui ne fait pas de sentiment, une tueuse impitoyable qui vit dans un avenir proche et qui a perdu son âme, » observe le réalisateur. « Elle est un produit du système dans lequel elle a grandi, mais elle a un passé à part et elle intervient dans l’histoire par un biais émotionnel. Sa mission – trouver le vaccin contre le virus mortel – va lui permettre de se racheter. Il faut qu’elle retrouve son humanité et ce qu’elle a perdu quand elle était petite fille. Sa vie a pris un tournant inattendu à cause du virus et de ses conséquences sur le pays. Du coup, elle est devenue très indépendante puisqu’elle n’avait personne pour s’occuper d’elle. Elle a appris à se battre dans la rue et à se mesurer à des hommes. »

Un virus des plus répugnants

De toute évidence, l’agonie due au virus n’a rien de poétique. Marshall a de nouveau sollicité Paul Hyett, maquilleur prosthétique sur The Descent, pour imaginer le virus.
C’est ainsi qu’il a collaboré à l’ensemble des effets prosthétiques de Doomsday qui ont nécessité des dizaines de litres de sang. Les séances de maquillage du virus, baptisé « la Faucheuse », ont débuté dès le premier jour de tournage : un patient qui présente des symptômes est transporté dans un hôpital londonien, ce qui laisse craindre aux pouvoirs publics que le virus est réapparu. « Neil souhaitait que ça ait l’air aussi répugnant que possible, » se souvient Hyett. « On voulait donner le sentiment que si un malade vous toussait dessus, vous pouviez en mourir ! J’ai étudié les symptômes de plusieurs maladies, notamment de mycoses et de maladies vénériennes. On trouve toutes sortes de maladies de peau peu ragoûtantes sur Internet... » Hyett a ensuite effectué plusieurs essais caméra afin que Marshall puisse choisir l’aspect lui semblant le plus repoussant à l’image. Après réflexion, il les sélectionna tous, en demandant à Hyett de croiser les différents pustules, rougeurs, furoncles et plaies pour concocter le « style » de la Faucheuse. L’équipe n’a pas ménagé ses efforts pour qu’aucun détail répugnant ne soit épargné, s’attachant particulièrement à l’apparence des yeux (souvent négligés, selon Hyett). Les yeux ont ainsi été creusés, si bien qu’on a le sentiment que l’infection ronge la paupière. Des lentilles de contact ont également été utilisées pour en renforcer l’aspect jaunâtre.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 288 entrées

  • 1ère semaine France : 89 421 entrées