De toute évidence, l’agonie due au virus n’a rien de poétique. Marshall a de nouveau sollicité
Paul Hyett, maquilleur prosthétique sur
The Descent, pour imaginer le virus.
C’est ainsi qu’il a collaboré à l’ensemble des effets prosthétiques de
Doomsday qui ont nécessité des dizaines de litres de sang. Les séances de maquillage du virus, baptisé « la Faucheuse », ont débuté dès le premier jour de tournage : un patient qui présente des symptômes est transporté dans un hôpital londonien, ce qui laisse craindre aux pouvoirs publics que le virus est réapparu. « Neil souhaitait que ça ait l’air aussi répugnant que possible, » se souvient Hyett. « On voulait donner le sentiment que si un malade vous toussait dessus, vous pouviez en mourir ! J’ai étudié les symptômes de plusieurs maladies, notamment de mycoses et de maladies vénériennes. On trouve toutes sortes de maladies de peau peu ragoûtantes sur Internet... » Hyett a ensuite effectué plusieurs essais caméra afin que Marshall puisse choisir l’aspect lui semblant le plus repoussant à l’image. Après réflexion, il les sélectionna tous, en demandant à Hyett de croiser les différents pustules, rougeurs, furoncles et plaies pour concocter le « style » de la Faucheuse. L’équipe n’a pas ménagé ses efforts pour qu’aucun détail répugnant ne soit épargné, s’attachant particulièrement à l’apparence des yeux (souvent négligés, selon Hyett). Les yeux ont ainsi été creusés, si bien qu’on a le sentiment que l’infection ronge la paupière. Des lentilles de contact ont également été utilisées pour en renforcer l’aspect jaunâtre.

« Ce que j’ai préféré, c’est la première nuit où nous avons tourné avec les Maraudeurs, » déclare la chef maquilleuse/coiffeuse
Tahira Herold. « Neil m’a fait un signe – et j’ai bien cru qu’il voulait que je change quelque chose – mais c’était pour me dire qu’il était totalement satisfait du résultat et pour me remercier. Pour les Maraudeurs, dirigés par Sol et Viper, nous nous sommes inspirés de plusieurs styles, comme celui des punks des années 70 et des Cool Cat Kids d’aujourd’hui. »
Marshall s’est montré surpris lorsque Hyett lui a fait remarquer qu’il y avait plus d’hémoglobine et de tripes que dans leurs précédents films. « Paul m’a dit que la différence, c’est qu’il y a des scènes gore tout au long de
Doomsday et que l’hémoglobine n’est pas concentrée dans la dernière demi-heure, » dit-il. « Nous n’avons pas réalisé un film d’horreur, mais je crois bien que je ne peux pas m’empêcher de faire gicler du sang partout. »
« Bien qu’on ait le sentiment d’un voyage dans le temps, on ne change pas vraiment d’époque, » conclut
Neil Marshall. « Les différents univers du film coexistent tout dans la même temporalité. J’espère surtout que le spectateur passera un bon moment, dans ce voyage à travers l’imaginaire. »