Notes de Prod. : Dorothy

    en DVD le 07 Février 2009

Rencontre avec Jenn Murray Interprète de Dorothy

Comment êtes-vous arrivée sur le projet ?
J’étais en dernière année à la Samuel Beckett Drama School, à Dublin et la chargée de casting, Maureen Hughes, m’a remarquée dans un spectacle qui était ouvert aux professionnels. Elle m’a demandé de passer une audition. J’en ai fait quatre et j’ai eu le rôle. Qu’avez-vous pensé du scénario ? Je n’avais jamais lu un scénario auparavant, j’ai suivi une formation de comédienne de théâtre et c’est très différent. |l a fallu que je garde à l’esprit qu’il s’agissait d’un film et qu’une grande partie de l’histoire allait être racontée visuellement et à travers la musique. L’histoire m’intéressait beaucoup, tout comme le personnage de Dorothy, mais ma réaction immédiate a été de me demander comment j’arriverais à l’interpréter correctement. Dorothy est seule et perdue, mais elle est aussi multiple, et j’étais donc à la fois très excitée et anxieuse.

Quelles étaient pour vous les difficultés du rôle ?
Elles étaient nombreuses ! Il fallait avoir sept voix différentes, sept façons de bouger et de marcher. Il a fallu que j’étudie les autres personnes censées être dans ma tête - Mary, Kurt, Duncan, Mimi, David, Jane et Dorothy - et parce que le public peut voir les gens que je suis supposée avoir en moi à certains moments du film, je ne pouvais pas simplement faire appel à mon imagination. Il fallait que je colle à ces personnages et que je les incarne. Dorothy est une fille très malheureuse qui a voulu se suicider. Je voulais tellement la faire vivre avec justesse que quand je rentrais après ma journée de travail, j’avais l’impression qu’elle me suivait. Je n’ai jamais pu me détacher de ce que je faisais devant la caméra.

Pourriez-vous nous présenter votre personnage et ses personnalités ?
Dorothy est une jeune fille de 15 ans, qui vit avec sa tante. Sa mère est morte et elle n’a jamais connu son père. Elle aime peindre et dessiner. C’est une jeune fille isolée qui n’a pas d’amis. Elle ignore tout de ce qui lui arrive. Une personne vient en elle, et quand Dorothy se réveille ensuite, elle n’a aucune idée de ce qui s’est passé. Quand les gens commencent à l’accuser, à lui crier après, elle culpabilise comme le ferait n’importe quel enfant face aux adultes. L’une des personnalités, Mary, a été difficile à jouer parce que c’est une jeune fille pleine de vie et d’énergie, mais aussi quelqu’un qui est en colère et blessé, qui a été violée et assassinée. Je ne voulais pas jouer uniquement Mary comme blessée et en colère, mais il fallait que cette émotion soit très présente parce que c’est d’abord comme cela qu’elle se manifeste en Dorothy. Duncan est lui aussi en rage, violent, au bord de l’éclatement en permanence.

Il est très spontané et il en veut aux gens dans la communauté parce que les quatre hommes qui les ont tués, lui et ses amis, s’en sont tirés. Mais derrière cette colère, il y a un jeune homme heurté, déçu et qui demande justice. |l porte aussi la honte de Mary, victime du viol, et veut la venger.
Kurt est le plus doux des trois. |l fait partie de la bande mais il est plus sensible et il semble se préoccuper de la souffrance de Dorothy. |l veille sur elle et chaque fois qu’elle souffre, il prend le contrôle du corps, il vit la douleur à la place de Dorothy. Il représente la vulnérabilité. Mimi est une version plus jeune et plus intrépide de Dorothy. Quand sa mère lavait les corps à la morgue, elle demandait à Dorothy de les embrasser pour leur dire adieu. Dorothy n’en était pas capable, alors Mimi prenait le contrôle et le faisait à sa place. Mimi a trois ans, elle est heureuse et pleine d’énergie.

David est le fils de Jane, il a quatre ans et s’est noyé en mer. Sa mère lui manque désespérément et il se demande si elle l’a quitté ou l’a oublié. Jane est la psychiatre qui examine Dorothy. Elle souffre terriblement de la mort de son fils et elle ressent un lien profond avec Dorothy, c’est pour cela qu’elle ne l’abandonnera pas.

Avez-vous eu une technique de travail particulière pour travailler vos expressions et vos voix ?
J’ai travaillé avec un extraordinaire coach voix, Poll Moussilides. Je m’échauffais la voix tous les matins avant de tourner. Les autres acteurs jouant les gens que je devais devenir avaient tous enregistré quelque chose pour moi, j’ai pu étudier leur voix et leur langage corporel.

Vous êtes-vous documentée sur le syndrome de personnalités multiples ?
J’ai fait pas mal de recherches. Au départ, j’hésitais à faire des recherches très poussées parce que je ne voulais pas avoir le sentiment de copier quelque chose que j’aurais vu. J’avais l’impression d’avancer un peu à l’aveuglette quand le tournage a commencé, mais c’était ce que je voulais. J’avais le sentiment de savoir qui elle était et je ne voulais pas brouiller cela avec quelque chose que j’aurais aperçu ailleurs.

Comment avez-vous travaillé avec Agnès Merlet ?
Agnès m’a donné une grande liberté pour interpréter le personnage, ce qui est toujours une vraie chance pour une actrice. Elle m’a aussi poussée bien au-delà de ce que j’aurais pensé pouvoir faire. À la fin du tournage, j’étais épuisée émotionnellement et physiquement, mais j’ai vraiment eu le sentiment d’avoir tout donné.

Quelles sont les scènes qui ont été les plus fortes à tourner ?
La scène de l’exorcisme dans l’église a été vraiment difficile. Dans le scénario, ce qui se passait lors de cette
scène était resté assez flou, et le matin où nous avons répété, il s’est avéré que Dorothy devait imiter Mary en train d’être violée sur l’autel. On ne le voit pas dans le film, mais j’ai trouvé cela très difficile. C’était si noir, si affreux de pleurer et crier pendant des heures... À la fin, je crois que j’aurais pu dormir pendant toute une semaine.
La scène où Dorothy se réveille dans son lit après avoir essayé de se tuer et réalise qu’elle est encore en vie a été elle aussi très éprouvante. Vous avez envie d’être généreux envers les autres acteurs et vous voulez donc livrer la même interprétation à chaque prise, mais au bout de trois heures où vous faites la même chose encore et encore, il est très difficile de rester dans le même ton émotionnel.

Que pensez-vous du film terminé ?
Regarder un film dans lequel je joue est une expérience très étrange. Pendant des années, j’ai grandi en allant au cinéma et en rêvant d’être un jour sur l’écran... et quand je me suis vue, je n’ai pas pu croire que c’était vraiment moi. J’ai aussi appris à laisser filer certaines choses : quand le tournage est terminé, le film ne vous appartient plus, certaines scènes ont été coupées. Le film a changé mais il me plaît ainsi. Je crois qu’il est impossible d’être objectif sur un film que vous avez fait...C’est mon premier film en tant qu’actrice professionnelle, et j’ai désormais la certitude que jouer et être créative me rend heureuse. J’ai adoré tout ce que les acteurs y ont mis. Il y a un grand sentiment de communauté quand vous regardez ce film, et visuellement il est magnifique.

Rencontre avec Agnès Merlet scénariste et réalisatrice

Onze ans se sont écoulés depuis votre précédent film, ARTEMISIA. Quel a été votre parcours durant tout ce temps ?
Après ARTEMISIA, un film d’époque avec les contraintes inhérentes au genre, je voulais revenir à un projet plus léger d’un point de vue logistique et plus libre au niveau de la mise en scène. J’ai longtemps travaillé sur un sujet qui s’appelait L’IMBÉCILE, et qui prolongeait certains des thèmes abordés par LE FILS DU REQUIN, notamment la violence chez les adolescents. Le projet n’a pas abouti, peut-être faisait-il peur, en particulier aux chaînes de télé. J’ai pris conscience que la seule possibilité de garder l’univers noir que je décrivais était de l’aborder sous un autre angle, le film de genre. C’est alors que j’ai rencontré les producteurs de Fidélité, et j’ai pu développer DOROTHY tout en restant fidèle à certains thèmes qui me tiennent à coeur.

Rencontre avec Carice Van Houten

Quels sont les éléments qui vous ont donné envie de participer à ce projet ?
Quand j`ai lu le script pour la première fois, je me suis d’`abord demandé si Agnès me voulait pour Jane ou pour Dorothy, parce que je pouvais me voir dans les deux rôles !Avant BLACK BOOK, j’`ai souvent interprété des folles ou des ados tristes. J’`ai d’`abord été attirée par la façon dont Agnès avait écrit son scénario. À travers certaines phrases, on peut sentir l’intelligence d’une personne et comprendre sa vision. Ces aspects m’`ont tout de suite accrochée. L`intrigue était très intéressante, le climat assez étrange. Le mélange des genres était prometteur. En tant qu’'actrice, il y avait vraiment quelque chose à donner.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 292 entrées
  • 1ère semaine IDF : 24 619 entrées
  • Cumul IDF : 51 565 entrées

  • 1ère semaine France : 66 070 entrées
  • Cumul France : 129 603 entrées