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Harrison Ford interprète Max Grogan, un agent de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) : "Cet homme n'a plus le feu sacré", explique l'acteur. "Il ne se sent pas à sa place dans cet univers bureaucratique. Il est en outre un peu plus laxiste que ses jeunes collègues, ce qui engendre quelques problèmes."
Wayne Kramer : "Ce personnage complexe est le pivot du film. J'avais besoin d'un acteur qui exprime l'honnêteté foncière d'un homme astreint à un travail extrêmement délicat.
Harrison Ford est une icône américaine, avec l'autorité, la présence, la virilité d'une star à la William Holden ou à la Robert Mitchum."
Harrison Ford : "Il est important de donner aux gens un aperçu sur d'autres expériences et d'autres cultures.
Droit de passage n'est pas un film polémique. Il vous donne la possibilité de partager le vécu d'étrangers issus de divers horizons et qui souhaitent simplement jouir des mêmes libertés que nous." •
Cliff Curtis interprète l'agent Hamid Baraheri, un collègue de Brogan dont la famille, fortunée, a émigré d'Iran emportant avec elle ses richesses et ses croyances. Sa sœur, Zahara (
Melody Khazae), est née aux États-Unis. Totalement intégrée, ellereprésente un souci permanent pour ses parents, traditionalistes, qui cherchent à lui imposer leurs valeurs.
• L'actrice brésilienne
Alice Braga interprète Mireya, une ouvrière prête à tout pour assurer à son jeune fils un avenir que le Mexique ne peut lui offrir. Arrêtée dans un atelier de couture clandestin, elle est impitoyablement refoulée vers son pays et jetée dans le premier bus. "Le film montre la dure réalité de l'immigration", déclare l'actrice. "Wayne la connaît de première main. Il sait qu'avant d'être une question de bureaucratie, l'immigration est un problème humain, et que les immigrants doivent être traités dignement."
Il n'est pas rare pour des enfants nés américains d'avoir des parents en situation irrégulière sur le territoire des États-Unis. Avoir un enfant américain n'est pas une garantie de régularisation pour un immigrant clandestin, du moins pas avant que celui-ci ait 21 ans En revanche, le jeune bénéficiera de tous les avantages et droits inaliénables reconnus aux Américains, dont le droit à l'éducation.
On rencontre fréquemment des familles avec un ou plusieurs enfants nés sur le sol américains, et d'autres plus âgés, nés dans leur pays d'origine, et qui sont en situation aussi irrégulière que leurs parents. Ils risquent, comme eux, d'être déportés à tout moment. • Ce douloureux problème est illustré par le cas de la famille Jahangir. Celle-ci s'est enfuie du Bangladesh avec une fille, Taslima, et a eu deux autres enfants depuis son arrivée aux États-Unis.
"Rien ne distingue Taslima d'une jeune Américaine, si ce n'est qu'on lui dénie la citoyenneté américaine", explique l'actrice
Summer Bishil. "Je pense qu'elle cherche simplement ses racines dans le Coran, mais cette quête va avoir pour elle des conséquences dramatiques. Taslima est aussitôt soupçonnée de sympathies terroristes, accusation parfaitement infondée, mais dont il est très difficile de se dépêtrer."
• L'avocate Denise Frankel (
Ashley Judd) ne se bat pas seulement pour Taslima. Elle défend aussi les droits d'une innocente fillette africaine pour qui les États-Unis sont une ultime planche de salut. La petite, n'ayant aucune famille en Amérique, est menacée d'expulsion. Denise la prend sous sa protection et se porte garante de son bien-être, mais le système n'est disposé à se laisser fléchir.
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Ray Liotta interprète le mari de Denise, Cole Frankel, fonctionnaire en charge de l'attribution de la fameuse "carte verte", qui donne le droit de résider sur le territoire américain. Un bureaucrate qui n'est pas insensible à la détresse des plus nécessiteux…
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Alice Eve interprète la jeune actrice australienne Claire Shepard, prête à tout pour obtenir ce viatique. Elle est une proie facile pour l'insatiable Cole, qui en fera son esclave sexuel.
• Le chanteur Gavin Kossof (
Jim Sturgess), petit ami anglais de Claire, est tout aussi désireux d'obtenir un titre de séjour. Par le biais d'un ami, il se fera engager dans une école hébraïque, sans être pratiquant ni parler hébreu. Seule condition, impérative : garder le secret sur son statut.
Wayne Kramer se reconnaît dans les aspirations de Claire et Gavin : "Jeune, j'étais irrésistiblement attiré par l'Amérique. Je me suis immergé dans sa culture – son cinéma, sa télé, sa musique, sa littérature. J'ai su très tôt que j'y réaliserais un jour mes rêves. Je m'identifie donc sans peine au combat d'artistes pour qui une carrière internationale démarre nécessairement aux États-Unis. Mais il faut d'abord franchir quantité d'obstacles légaux avant de vivre et travailler à L.A. La plupart des nombreux acteurs et réalisateurs étrangers que j'ai croisés ici m'ont fait part des difficultés qu'ils avaient rencontrées ici à leur arrivée."
Los Angeles est un foyer d'immigration particulièrement dense et actif. En 2007, c'est là qu'on trouvait la plus grande colonie d'immigrants naturalisés des États-Unis. Nombre d'associations et groupes de soutien se battent pour les intérêts de la population immigrée, notamment pour les ados déracinés qui ont souvent du mal à s'adapter à leur nouveau pays.
L.A. bénéficie d'une image positive de par son cosmopolitisme. On est assuré d'y retrouver ses compatriotes, regroupés en clans et communautés solidaires : Chinois, Guatémaltèques, Coréens, Japonais, Salvadoriens, etc.
"Je n'ai vu nulle part ailleurs des prestations de serment collectives d'une telle ampleur", assure Kramer. "Des milliers de gens acquièrent ainsi chaque mois la nationalité américaine. Mais un immigré n'en reste pas moins un immigré. Je vis ici depuis 22 ans, et il ne se passe pas un jour sans qu'on me demande d'où je viens. Votre couleur, votre accent suffisent à vous différencier, de sorte que vous n'êtes jamais totalement intégré. Je me suis donc résigné à avoir un pied dans chaque culture, bien que je me définisse comme Américain et n'aie plus aucun lien avec l'Afrique du Sud. Mais c'est peut-être cela qui fait la beauté de l'Amérique, ce pays d'immigrés où chacun peut garder une partie de ses racines…"