Un cinéma social et réaliste
Echo park, LA s’inscrit dans la tradition du Kitchen Sink Drama. Ce film stigmatise le quotidien d’une communauté latino-américaine sur fond de lutte des classes et de conflits raciaux et sexuels. La Kitchen Sink Drama est un mouvement cinématographique né dans l’Angleterre de la fin des années 50. Il a donné naissance à des films narrant des histoires pour adultes, au réalisme cru, engagés politiquement et à l’humour grinçant. Ils se déroulaient toujours au nord de l’Angleterre, bastion de la classe ouvrière. La tête de file de ce mouvement furent Lindsay Anderson,
John Schlesinger ou encore
Tony Richardson.
Richard Glatzer et
Wash Westmoreland ont souhaité renouer avec ce cinéma social au réalisme poétique, un cinéma qui restitue le quotidien aussi bien dans sa dimension politique qu’émotionnelle, dans sa drôlerie comme dans sa violence. C’est donc avec à l’esprit le desir de recréer l’atmosphère du kitchen Sink drama qu’ils ont abordé le projet d’
Echo Park, L.a.
La musique : Le Reggaeton
La musique tient une place privilégiée dans le film. Richard Gratzer et
Wash Westmoreland décrivent d’ailleurs
Zcho Park, L.a comme un film néo-sink drama sur fond de Reggaeton ! Le Reggaeton est au confluent de la tradition et de la modernité. Ce style musical illustre les influences parfois contradictoires qui animent la communauté latino-américaine mais aussi son extraordinaire vitalité et ses engagements.
Le mot Reggaeton vient du mot « reggae » et du mot espagnol « marathon ». C’est un type de musique-danse qui fait son apparition aux Etats-Unis dans les quartiers latinos à la fin des années 90. Il devient rapidement populaire et se propage à l’étranger. Il se présente comme un cocktail explosif d’airs espagnols traditionnels, de reggae jamaïcain, de danses sud-américaines comme la Bomba ou la Plena et de Hip Hop. Cette musique présente aussi des passages de Rap. Une des caractéristiques est le rythme « Dem Bow » qui a été initié dans une chanson de Shabba au milieu des années 90. Ses paroles, qui relèvent plus du hip hop que des danses latines, portent parfois à controverse du fait de leur dimension politique ou de leur connotation misogyne.
La jeunesse Hispano-américaine s’est rapidement approprié ces airs qui remportent un énorme succès en Amérique du sud et dans les Caraïbes.