Notes de Prod. : Elephant

    en DVD le 12 Mai 2004
La carrière de Gus Van Sant est marquée par l’intérêt tout particulier qu’il porte aux jeunes. Dans ses films, de MY OWN PRIVATE IDAHO à WILL HUNTING, il s’est attaché à représenter les jeunes à la frontière de l’âge adulte, alors que leur identité est encore en pleine formation. Avec ELEPHANT, Gus Van Sant dépeint la réalité actuelle des lycées.

Les écoles américaines furent le théâtre entre 1997 et 1999 de 8 accès de folie meurtrière perpétrés par des étudiants. C’est à cette époque que Gus Van Sant songe à aborder ce problème dans un film, "c’était juste un regard différent sur ce sujet" se souvient il.

"On n’avait jamais eu autant de fusillades dans les écoles américaines. Je voulais faire quelque chose qui essaierait de rendre l’état d’esprit des jeunes qui allaient à l’école à cette époque"

La Production…

Il discuta de ses idées avec l’actrice cinéaste Diane Keaton et le scénariste producteur Bill Robinson, tous deux associés dans la société Blue Relief, Inc.

"Diane et moi connaissions Gus depuis plusieurs années et avions toujours voulus travailler avec lui. Nous admirions beaucoup son travail, en particulier les fils comme DRUGSTORE COWBOY et MY OWN PRIVATE IDAHO.
Nous avons pensé que s’il avait une conception artistique du problème et voulait réaliser un film sur les ados et la violence à l’école, nous voulions le soutenir dans osn projet ; Nous savions que l’histoire pouvait avoir un impact puissant et convaincant si elle était racontée par un réalisateur aussi audacieux que Gus. Nous avons également pensé que HBO serait la société idéale pour préserver sa liberté de mettre en œuvre ses idées"
commente Bill Robinson.

"Gus comprend intuitivement les jeunes. Il est l’artiste idéal pour réaliser un film sur ce problème. Je me souviens avoir dit à Bill que quelqu’un devait se pencher avec un regard différent sur la violence à l’école" précise Diane Keaton.

Le titre…

Au départ, Gus Van Sant pensait que le titre choisi par Alan Clarke faisait référence à la vieille parabole des aveugles et de l’éléphant. Dans cette histoire, dont une version apparaît dans des canons bouddhistes datant de l’an 2 avant Jésus-Christ, plusieurs aveugles examinent différentes parties d’un éléphant – une oreille, une patte, la queue, le corps, une défense, etc. Chaque aveugle est convaincu qu’il comprend la vraie nature de l’animal grâce à la partie qu’il a touchée : l’éléphant représente pour l‘un un éventail, pour l’autre un arbre, ou encore une corde, un serpent ou une lance.
Mais aucun d’enter eux ne le voit dans sa globalité. Le thème de cette parabole semblait pour, Gus Van Sant, correspondre au contexte des fusillades dans les écoles. "Je supposais qu’Alan Clarke avait appelé son film ELEPHANT parce qu’il s’agissait d’un problème difficile à identifier, en raison des différentes façons de l’appréhender"i explique-t-il.

Le tournage…

ELEPHANT a été filmé à Portland, Oregon, où vit Gus Van Sant. La pré-production a débuté alors que le cinéaste venait d’achever le tournage de GERRY, réalisé en étroite collaboration avec les acteurs Matt Damon et Casey Affleck, au sein d’une équipe réduite comprenant le producteur Dany Wolf, le directeur de la photographie Harris Savides et l’ingénieur du son Leslie Shatz.
"L’expérience GERRY a été tellement formidable que Gus a décidé de travailler à nouveau de cette manière, avec un script dépouillé et une approche favorisant l’improvisation."

Il fut immédiatement décidé de trouver de vrais lycéens pour interpréter les rôles des élèves dans le film, y compris pour les figurants. 3 000 adolescents se présentèrent aux auditions organisées à Portland.
"Le directeur de casting local, Danny Stoltz, a fait un travail formidable en lançant une campagne à la radio et sur des prospectus – et en plus, comme c’était Gus, les stations de télévision locales ont pris le relais, et c’est devenu une aventure vraiment énorme. C’était assez impressionnant. Gus se promenait, rencontrait des jeunes et leur parlait," se souvient Dany Wolf.












Le format…

Il fut décidé de tourner le film au format 1.33:1, plutôt qu’au format plus large 1.85:1 utilisé pour la plupart des films contemporains. Gus Van Sant avait déjà utilisé ce forma, qui avait été la norme dans l’industrie cinématographique jusqu’au milieu des années 50, dans ses premiers films 16 mm.
"J’aime vraiment la taille de ce format. Par ailleurs, nous allons tourner dans des situations comme les couloirs qui, je pensais, auraient un bon rendu en 1.33", explique-t-il.
En outre, les écoles américaines ont passé pendant des décennies des films 16mm au format 1.33 jusqu’à ce que la vidéo devienne la norme.

IMPRESSIONS CANNOISES :

ELEPHANT se termine, là où BOWLING FOR COLUMBINE, le formidable documentaire de Michael Moore sur la violence américaine, commence…
ELEPHANT suit différents personnages impliqués dans l’atroce fusillade du lycée de Columbine. Cependant, à aucun moment, il n’est question de Bowling ! On sait pourtant que les deux tueurs étaient allés faire un bowling qui avait servi au titre du film de Michael Moore.