Des influences ?
Consciemment ou non, il y en a forcément... Je dirais que c'est une revisite très humble et très personnelle des grands mythes Chaplinesques avec des “grumeaux” entiers de
Buster Keaton, Tex Avery... en toute modestie.
BD filmée ?
Et comment !!! La caméra est un outil très lourd mais très souple et que je ne me lasse pas de tripoter convulsivement... Alors je m'amuse entre les axes “dits hénaurmes”, les focales outrancières, les mouvements épileptiques, les points de vue improbables (goutte d'eau de perfusion, pixel de cathode ECG,...), le montage frénétique, etc...
J'ai toujours fait cela et je ne me calmerai que quand je serai mort !
C'est fou ce que les types morts sont plus calmes, vous avez remarqué ?
Le casting ?
C'est toujours pareil à chaque film... Je me demande qui va bien vouloir ? Et là, je dois avouer que j'ai été plus qu'“esbaudi”... !!! C'est venu de partout et de tous les horizons !!! Chaque rôle, du plus grand au plus petit, a été interprété par une flopé de virtuoses avec, cerises sur ma tarte à la crème, l'apparition de
Terry Gilliam et de
Terry Jones... Le cinéma est (parfois) un miracle.
Les décors ?
L'austérité high-tech des lieux de profits contraste avec l'exubérance “graffitesque”des lieux de désolation. On a tout trouvé à l'état naturel. Des quartiers entiers high-tech et une usine désaffectée recouverte de tags sublimes. Nous avons engagé les taggers à la fois pour qu'ils ne détruisent pas leurs dessins le temps du tournage et aussi pour les reproduire sur notre décor en studio... Le chef déco (
Hervé Leblanc) a réalisé des prouesses, retrouvant (entres autres) les plans de construction du Novotel (porte d'Orléans) pour refaire une façade à l'échelle 1 en studio !!! Là aussi comblé au-delà de mes attentes !
La musique ?
J'ai retrouvé mon complice
Alain Ranval qui a eu le génie de quelques mélodies (dont celle magnifique dite de “Coquelicot”) et puis de nouveau cerise sur la partition : l'arrivée de Denis Barthe et de Jean-Paul Roy (avec un de leur complice Vincent Bosler), membres du “gigantissime” groupe Noir Désir, qui ont composé des morceaux à l'image de leur rigueur et de leur humilité habituelles... J'avais de surcroît repéré depuis des années des morceaux moins connus de leur répertoire (“Seven Minutes” et “Oublié“ de l'album “Tostaky”) que je leur ai demandé sans en avoir les moyens* mais eux les ont eus pour moi... Ils m'ont aidé à les obtenir et m'ont même offert quelques secondes de « En Route pour la joie »... Le résultat est cette alternance de morceaux puissants et énergisants et de mélodies douces et tendres. Cette alternance de rythme, c'est tout le film !
Les cascades ?
Après avoir revendiqué de telles influences (Keaton, Chaplin…), je pouvais difficilement me “débiner” devant les scènes physiques qui m'attendaient. Je mentirais en disant que cela ne me faisait pas plaisir mais c'était difficile à gérer pour des raisons d'assurances et de surcharge de travail mais là encore, les miracles se sont succédés. (..) Jean-Louis Airola (le plus grand cascadeur français) a accepté de m'entraîner et de superviser le tournage. Le pire que l'on ait eu à faire est une chute depuis une grue, nacelle positionnée au-dessus du toit du Novotel de la porte d'Orléans, départ 45 mètres et arrêt - brutal - à 5 mètres du sol et... dernier miracle... Tout s'est bien passé !!!
Les effets spéciaux ?
Il y en a beaucoup et on les voit peu, preuve qu'ils sont réussis. Sous la magistrale supervision de Julien Meeters, de Mykros Image, des scènes, à mes yeux, très improbables, comme celle du toit, ont été une pure réussite ! A tel point qu'à la fin, je ne savais plus ce qui avait été fait en studio ou en extérieur, je ne peux pas dire mieux pour signifier l'excellence de leur travail.
Le montage ?
2 500 plans en 1h20 de film pour 850 tournés en 10 semaines… Quand on a précisé cela on tout dit… !!! Cette “BD filmée” implique nécessairement des choix de montage très radicaux et sans tomber dans “l'over cutting”, le rythme reste très rapide.
Christophe Pinel (chef monteur) a accédé avec talent et sans faiblir à ma demande.