Angie David : Comment avez-vous découvert le roman d’Anna Gavalda et quand avez-vous eu l’envie de l’adapter au cinéma ?
Claude Berri : C’est toujours une question de hasard. Emmanuel Pierrat, mon avocat, m’a dit un jour de lire le livre. Vu les 600 pages, j’ai d’abord hésité. A ce moment-là, le livre n’était pas encore un best-seller, mais il commençait à avoir du succès. Alors, j’ai lu le livre. Je l’ai aimé et j’ai senti que beaucoup de gens allaient s’y intéresser. Avant que je ne me décide à réserver les droits du livre, Emmanuel Pierrat a demandé à l’éditeur de ne pas les vendre tant que je n’aurais pas pris une décision. Puis, j’ai fini la lecture et j’ai encore hésité, vu la densité du roman. Le succès grandissant du livre m’a ensuite confirmé dans cette intuition. Alors, avant même d’être sûr que le livre pouvait être adapté, j’ai pris les droits. Pendant l’été qui a suivi, tout en pensant que je ne réaliserais pas le film, j’ai démarré l’adaptation, qui serait de toute façon utile à l’autre metteur en scène. J’ai commencé à écrire le scénario. Et plus j’avançais, plus je riais, je m’amusais beaucoup en écrivant les scènes. A la fin du scénario, je me suis dit qu’il n’était pas question que ce soit quelqu’un d’autre qui fasse le film. Quand l’écriture du scénario a été complètement terminée, le livre était devenu un énorme succès.