Une histoire vraie
L'histoire de Catherine Hoffman (
Isabelle Carré) est proche de la mienne. Excepté qu'à l'époque, je n'étais pas encore critique aux "Cahiers du cinéma" mais pigiste à "Détective". J'expérimente, je vis les choses, j'observe autour de moi, je me nourris de tout. Et après, je témoigne.
Comme Catherine, j'ai cru tuer quelqu'un qui avait mystérieusement disparu et je me suis retrouvée à errer dans son quartier, à sa recherche. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, l'histoire de Catherine et Bruno est une histoire vécue.
Les rapports de couple
EROS THERAPIE est un constat sur les hommes, sur la difficulté qu'ils ont aujourd'hui de trouver leur place. Ils sont un peu déboussolés par le féminisme, l'émancipation des femmes qui, de plus en plus, occupent des postes stratégiques. Ils ne savent plus très bien comment se comporter avec elles. Doivent-ils se soumettre ou au contraire essayer de retrouver leur statut d'antan, leur rôle de maître despotique? Les deux personnages masculins principaux du film représentent deux stratégies. Adam, c'est la soumission apparente. Et à l'opposé, il y a Bruno qui veut reprendre les choses en main.
Des rituels particuliers
C'est l'idée de rituels thérapeutiques qui permettent de retrouver un peu de mystère, au sens des Mystères du Moyen Age, c'est-à-dire de spectacle, de théâtralité, de mise en scène d'un rapport fantasmatique à l'autre. Il y a cet homme, apparemment marié et père de famille, qui vient habillé en petite fille. C'est le mystère de la sexualité féminine qu'il veut connaître à travers cette scène extrêmement ritualisée, ce que c'est que d'être une petite fille qui va avoir ses règles.
Un regard psychanalytique
Très tôt, j'ai été le médecin psychiatre préféré de ma mère ! Mon frère a fait psychiatrie, moi-même j'ai fait des études dans ce domaine. Mes meilleurs amis sont psychiatres ou psychanalystes. J'ai un certain goût pour l'étude des caractères et le désir d'élucider la psychopathologie de chacun. Je suis une sorte d'ethnologue amateur des facettes bigarrées du genre humain.
La collaboration avec Pascal Richou
Je suis quelqu'un qui trouve en parlant. C'est en racontant une idée à mon co-scénariste que j'entends ce que je veux raconter. C'est comme le travail analytique avec un psy. On parle des scènes et puis après, chacun l'écrit de son côté. Ensuite, on confronte nos versions. On commence à bien se connaître et à être très rôdés. C'est presque l'inverse de quand j'étais prof de cinéma à la fac. Maintenant, c'est moi qui vais lui montrer ma copie ! Et il me recadre quand je suis trop complaisante avec une scène qui me fait rire moi et pas forcément les autres.
Le choix d'Isabelle Carré
Isabelle Carré est une bosseuse. C'est une actrice de composition, qu'on ne peut pas vraiment ranger dans une catégorie. Ni Lolita, ni femme fatale, ni ingénue, ni libertine. Elle a quelque chose d'enfantin et de préservé. Ce qui la rend, à mon avis, très crédible dans son rôle d'intello lesbienne, très peu intéressée dans le fond par le sexe. Elle peut incarner des choses très différentes. Je la trouve bouleversante dans
SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES. C'est un personnage de mélodrame à la Paulette Godard qu'aurait aimée Chaplin. Elle a cette capacité de toucher, d'émouvoir, sans truquer.