Notes de Prod. : Espion(s)

    en DVD le 20 Août 2009

Entretien avec Nicolas Saada

Quelle a été l’origine du film ?
L’envie de raconter une histoire sentimentale au cœur d’un film de genre. Je tenais aussi à ce que l’intrigue se déroule dans un pays étranger afin de ne pas me retrouver coincé par les conventions du film de genre «à la française». Je me suis inspiré de l’arrestation d’un groupe de voleurs de bagages à Roissy en novembre 2004. J’ai alors imaginé qu’un de ces voleurs se retrouve au cœur d’une conspiration. Par un hasard incroyable, des bagagistes ont de nouveau été arrêtés à Roissy à peine un mois après la fin du mixage du film ! La réalité rattrape la fiction, comme souvent.

Les deux dimensions, l’histoire sentimentale et le récit d’espionnage se mêlent très intimement...
Ce film est d’abord une histoire d’amour sur fond d’espionnage. Je l’ai écrit dans ce sens, pour raconter à travers les personnages. Le plus difficile, c’est de garder ce point de vue jusqu’au bout tout en respectant certaines conventions propres au genre. Dans tout film de genre, il y a des «scènes à faire» et j’ai essayé de respecter ce cahier des charges. J’aime les récits d’espionnage parce qu’ils concernent toujours la manipulation, les faiblesses humaines, la fragilité qu’il y a en chacun de nous.

Votre film est aussi un récit d’initiation, sur un jeune homme qui se retrouve embarqué dans une histoire trop grande pour lui...
Vincent est au début une sorte d’ermite, un type brillant, mais complètement refermé sur lui-même. À travers cette expérience du danger, il change complètement de vie, mais il remet aussi en question sa vision du monde, plutôt individualiste. Il a tout pour réussir mais il est pessimiste et pense que le monde va à sa perte, qu’il n’y a rien à faire. Il n’a pas d’idéal. Progressivement, la nature des événements auxquels il est exposé, la cruauté du dispositif qu’il met en place, commencent à l’affecter. Effectivement Espion(s) peut être vu comme un récit d’initiation, celui de Vincent mais aussi celui de Claire...

Quels modèles aviez-vous à l’esprit avant de commencer à tourner ?
Ils étaient nombreux. Malgré un budget confortable, Espion(s) ne peut en rien rivaliser avec les très grosses productions comme La Mort Dans La Peau. Nous avons tourné la scène du métro en une journée par exemple, à une caméra. Il fallait styliser au maximum la mise en scène. Disons que j’ai essayé de jouer en permanence sur deux registres : celui psychologique du cinéma français classique, et celui plus direct, plus émotionnel du cinéma anglo- saxon.

Avez-vous effectué des recherches avant d’entreprendre l’écriture du scénario ?
J’ai lu plusieurs ouvrages sur la Syrie, j’ai aussi fait des recherches sur l’hypothèse d’un explosif liquide utilisé à des fins terroristes. C’était en mars 2006. L’été suivant on interdisait l’embarquement de produits liquides sur les vols à cause d’une alerte majeure en Grande-Bretagne : plusieurs individus avaient tenté d’embarquer de l’explosif liquide dans des vols long courrier. Le souci de ce genre d’explosifs liquides c’est qu’ils peuvent devenir avec le temps indécelables, c’est-à-dire incolore et inodore. Le nitrométhane n’est heureusement pas aussi volatil que ce que l’on voit dans le film, mais il est probable que, très bientôt, on arrive à le raffiner pour qu’il ait la rapidité de la nitroglycérine.

Entretien avec Guilaume Canet

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?
L’enthousiasme de Nicolas Saada, surtout, et le thème du scénario. Un quidam peut se faire engager par les services secrets, qu’il soit chauffeur de taxi ou épicier ! La DST a souvent fait appel à des gens qui n’ont rien à voir avec cette profession, ce qui permet des dérapages comme on en voit dans le film. J’ai aussi été séduit lorsque Nicolas me parlait de ce qu’il voulait faire, de comment il voulait le filmer, de la musique, la lumière, l’ambiance, et j’aimais beaucoup ce que je connaissais de son travail sur Radio Nova, et les références qu’il me proposait, comme William Friedkin et tout un cinéma des années 70 auquel je suis très sensible. Son court métrage, Les Parrallèles a achevé de me convaincre. Cela faisait longtemps que je n’avais pas fait de premier film, et j’ai eu envie d’en refaire un.

Entretien avec Géraldine Pailhas

Quelle a été votre réaction à la lecture du scénario ?
Il y avait pour moi une évidence dans ce que je lisais. Nicolas Saada m’en parlait depuis deux ans, je savais qu’il avait écrit ce rôle pour moi. Ce qui me réjouissait plus que tout, c’était la perspective de ce que nous allions faire ensemble du scénario. Comment avez-vous construit votre rôle ? Il a vraiment été nourri avec le temps. Quand je trouve des qualités à un personnage, il ne ressemble encore qu’à une ébauche. Il était suffisamment peu explicite pour me laisser de l’espace. Un rôle prend de l’ampleur dès que je sais ce que je vais y mettre. J’imaginais que cette femme serait assez silencieuse, et que mon travail serait de nourrir ses silences.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 246 entrées
  • 1er jour IDF : 10 428 entrées
  • 1ère semaine IDF : 87 540 entrées
  • Cumul IDF : 180 592 entrées

  • 1ère semaine France : 205 586 entrées
  • Cumul France : 456 114 entrées