Notes de Prod. : Espion(s)

    en DVD le 20 Août 2009

Entretien avec Géraldine Pailhas

Quelle a été votre réaction à la lecture du scénario ?
Il y avait pour moi une évidence dans ce que je lisais. Nicolas Saada m’en parlait depuis deux ans, je savais qu’il avait écrit ce rôle pour moi. Ce qui me réjouissait plus que tout, c’était la perspective de ce que nous allions faire ensemble du scénario. Comment avez-vous construit votre rôle ? Il a vraiment été nourri avec le temps. Quand je trouve des qualités à un personnage, il ne ressemble encore qu’à une ébauche. Il était suffisamment peu explicite pour me laisser de l’espace. Un rôle prend de l’ampleur dès que je sais ce que je vais y mettre. J’imaginais que cette femme serait assez silencieuse, et que mon travail serait de nourrir ses silences.

Parlez-nous de votre personnage...
Claire est une femme qui s’est éteinte lentement, elle a dû apprendre à se protéger face à la violence de la vie, et la seule protection qu’elle a trouvée était auprès de cet homme, qui a lui donné un cadre. Elle n’a pas les moyens de se confronter à une réalité autre que celle qui lui est proposée par son mari. C’est plus sûr que d’imaginer qu’il y a autre chose ailleurs, éventuellement plus stimulant, mais plus dangereux. L’intrusion assez brutale de Vincent va révéler quelque chose chez elle, qu’elle va aimer voir s’éveiller à nouveau, sans penser à se protéger. Elle laisse à Vincent tout l’espace pour s’engouffrer. À partir du moment où elle offre un peu d’elle, elle offre tout. Cet abandon- là me touche beaucoup, et je pense que c’est aussi ce qui renverse Vincent.

Comment avez-vous travaillé avec Nicolas Saada ?
Nous parlions de ce que nous voyions et lisions. Dans les films qu’il m’a proposés de voir, certains avaient parfois un rapport très lointain avec Espion(s), mais il s’agissait plutôt d’une base de données à ma disposition. C’est très agréable pour moi de travailler ainsi. Avec Nicolas, les références intervenaient toujours de façon joyeuse et enrichissante. Sur le tournage, c’était comme si nous avions un accord tacite, qui ne passait pas par les mots, mais je me sentais confiante et je savais ce qu’on était en train de faire.

Espion(s) est autant une histoire d’amour qu’un récit d’espionnage...
Je me suis totalement investie dans l’histoire d’amour, de mensonges et de trahisons, pour moi la trame principale était presque de l’ordre du symbole pour rendre concret ce qu’est la peur, dans toutes ses dimensions. Le terrorisme ancre l’histoire d’amour dans un paysage très contemporain, même s’il est précis dans ce qu’il montre et qu’il passe en revue tous les types d’espions... Moi, je suis vraiment une espionne à la petite semaine, qui aurait préféré ne jamais rien savoir et rester dans son cocon.

Vous avez travaillé plus précisément avec Guillaume Canet ?
Nous avons fait quelques lectures, en présence de Nicolas, en riant énormément lorsque nous arrivions aux péripéties d’espions, qui sont un peu étranges sur le papier ! J’ai beaucoup aimé son regard et construire avec lui la relation de nos personnages. J’ai senti chez lui une grande réceptivité. Il a un beau regard, il n’esquive pas, ce qui permet beaucoup de choses. Vincent, qui est un homme ordinaire, se transforme en espion, et c’était une préoc- cupation constante pour Guillaume de dérouler tout le processus d’acclimatation du personnage le plus précisément possible.

Quel directeur d’acteurs est Nicolas Saada ?
Comme il y avait eu beaucoup d’échanges en amont, il nous a offert une grande liberté sur le plateau. Il fait confiance aux comédiens qu’il choisit. J’aime bien que tout ne soit pas verbalisé et cadré, ce qui crée des situations intéressantes mais n’empêche pas de travailler dans la précision.

Vous avez un souvenir de tournage marquant ?
Mon premier jour : c’était avec Archie Panjabi, et c’est sans doute la scène la plus difficile, puisque c’est là qu’elle m’apprend ce que fait réellement mon mari. Je devais donc la jouer avec une actrice anglaise, qui ne parlait pas français, et que je n’avais jamais rencontrée. Et c’était génial, d’une évidence absolue dans un échange qui s’est fait dans la simplicité et la bienveillance. Je lui suis extrêmement reconnaissante. Je découvrais alors la fragilité qui devait être celle de Claire dans le film.

Entretien avec Nicolas Saada

Quelle a été l’origine du film ?
L’envie de raconter une histoire sentimentale au cœur d’un film de genre. Je tenais aussi à ce que l’intrigue se déroule dans un pays étranger afin de ne pas me retrouver coincé par les conventions du film de genre «à la française». Je me suis inspiré de l’arrestation d’un groupe de voleurs de bagages à Roissy en novembre 2004. J’ai alors imaginé qu’un de ces voleurs se retrouve au cœur d’une conspiration. Par un hasard incroyable, des bagagistes ont de nouveau été arrêtés à Roissy à peine un mois après la fin du mixage du film ! La réalité rattrape la fiction, comme souvent.

Entretien avec Guilaume Canet

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet ?
L’enthousiasme de Nicolas Saada, surtout, et le thème du scénario. Un quidam peut se faire engager par les services secrets, qu’il soit chauffeur de taxi ou épicier ! La DST a souvent fait appel à des gens qui n’ont rien à voir avec cette profession, ce qui permet des dérapages comme on en voit dans le film. J’ai aussi été séduit lorsque Nicolas me parlait de ce qu’il voulait faire, de comment il voulait le filmer, de la musique, la lumière, l’ambiance, et j’aimais beaucoup ce que je connaissais de son travail sur Radio Nova, et les références qu’il me proposait, comme William Friedkin et tout un cinéma des années 70 auquel je suis très sensible. Son court métrage, Les Parrallèles a achevé de me convaincre. Cela faisait longtemps que je n’avais pas fait de premier film, et j’ai eu envie d’en refaire un.
 

Box-office au 08 Janvier 2010

  • Paris 14h : 1 246 entrées
  • 1er jour IDF : 10 428 entrées
  • 1ère semaine IDF : 87 540 entrées
  • Cumul IDF : 180 592 entrées

  • 1ère semaine France : 205 586 entrées
  • Cumul France : 456 114 entrées