Le cinéaste
Sydney Pollack a réalisé son premier long-métrage documentaire sur le célèbre architecte Frank O. Gehry.
Une grande amitié unit les deux hommes depuis longtemps et le tournage du film, qui a débuté en 2000, s’est étalé sur cinq ans. Frank Gehry aime tracer des esquisses ; c’est par elles que son travail architectural commence. Et c’est ce goût pour les esquisses qui a guidé
Sydney Pollack dans le choix du style de son documentaire. Prenant comme point de départ les esquisses originales que Gehry fait pour chacun de ses grands projets, le film explore le processus qu’entreprend l’architecte afi n de transformer ces croquis abstraits, d’abord en matière tangible, maquettes tridimensionnelles réalisées le plus souvent avec de simples bouts de carton et du scotch, pour devenir ensuite des bâtiments, en titane et en verre, en béton et en acier, en bois et en pierre. Pour saisir l’aspect « esquissé » de ce documentaire, Pollack a tourné sur deux supports différents : pellicule et mini DV (vidéo numérique). Grâce à cette approche discrète, en douceur et aux nombreuses heures qu’il a passées au domicile de Gehry, dans son atelier d’architecte et sur les chantiers, Pollack a pu, pour la première fois, appréhender l’essence de son travail architectural singulier et sa personnalité timide et mystérieuse.
En contrepoint de l’aspect délibérément informel—esquissé—du tournage en vidéo,
Sidney Pollack met un soin tout particulier à capter sur pellicule la grandeur de l’architecture de Gehry, de sa première construction— une grange à foin en Californie—à des bâtiments qui fi gurent aujourd’hui parmi les plus impressionnantes constructions de l’ère moderne, notamment le Musée Guggenheim à Bilbao (Espagne) et le Walt Disney Concert Hall à Los Angeles. Le dialogue entre Pollack et Gehry, dont l’intimité va de pair avec leur longue amitié, nous accompagne telle une suite mélodieuse tout au long du film.
Le caractère discret et informel des conversations qu’entretient Pollack avec Gehry, comme avec les nombreux autres intervenants, est au cœur du film. Ce documentaire ne traite pas d’une théorie architecturale en voie de raréfaction. Au contraire, Pollack a le don de mettre la théorie architecturale à nu, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives sur la vie de cet architecte extraordinaire et son processus architectural unique.