La critique de Télérama
Avec
Eté Violent, le metteur en scène Valério Zurlini confirme les qualités qui se faisaient jour dans
La Fille à La Valise. Voici un réalisateur qui, apparemment, laisse l’histoire se dérouler devant nous. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas l’intrigue proprement dite mais le contexte dans lequel elle se déroule. En été 1943, les troupes italiennes et allemandes sont sur le point de perdre la guerre. Un jeune homme, dont le père est un fasciste notoire, tombe amoureux d’une jeune veuve. Les événements historiques les séparent. Se reverront-ils ? Nous ne le saurons jamais. Entre l’extase et la peur, entre la passion et l’amour, entre la fugacité de l’instant et le présent de l’Histoire, à chaque plan Zurlini fait basculer les spectateurs d’un monde dans l’autre. Remarquablement joué par Eléonora Rossi Drago et JeanLouis Trintignant,
Eté Violent est un film qui témoigne de la vitalité du cinéma italien et Zurlini, le metteur en scène, un homme avec qui il faudra compter.
Paule Sengissen,
D’un monde dans l’autre, Télérama du 07.07.1963
La critique de Cahier du cinéma
…En un temps où la majorité des cinéastes italiens se prennent pour des penseurs originaux, à l’image de leurs confrères français, alors qu’ils ne peuvent produire qu’une originalité formelle, et de valeur rarement élevée, le néo-conformisme sincère de Zurlini, qui reflète si bien l’âme de son pays, possède une valeur d’originalité considérable, allié au charme d’une lucidité et d’une modestie sympathique. Par ses bons sentiments, son respect du mélodrame, Zurlini n’est pas sans rappeler Griffith, dont il possède la précision et la conception du rythme. Il s’en tient très rigoureusement à son sujet dont il étudie avec patience les multiples facettes. (…) Une telle rigueur a ses avantages : l’attachement du cinéaste à chaque chose montrée, quel que soit son intérêt, est communicatif ; de plus, cette rigueur exige un traitement sans ellipses des scènes difficiles, dont le fait même d’avoir pu en concevoir la réalisation est déjà une réussite. (…) Enfin, la reconstitution historique du conditionnement des faits et des personnages est convaincante : nul n’a mieux évoqué Rimini et sa jeunesse insouciante.
Luc Moullet,
Années d’apprentissage, Cahier du Cinéma n°146, janvier 1963