Notes de Prod. : Fair Game

    en DVD le 09 Mars 2011

Fair Game : L'affaire Plame-Wilson

Au cours de l’année 2002, le président des Etats-Unis, George W. Bush, et son administration tentent de convaincre le monde que le président irakien, Saddam Hussein, cherche à renforcer un arsenal d’armes de destruction massive qui constitue une menace pour la paix et la sécurité du monde.

En février 2002, l’ancien ambassadeur des Etats-Unis au Gabon, Joseph C. Wilson, est envoyé au Niger à la demande de la CIA pour enquêter sur un supposé trafic d’uranium qui pourrait permettre à l’Irak de se doter de l’arme nucléaire. Après de nombreux entretiens et rencontres, Joe Wilson s’aperçoit qu’il est non seulement très peu probable qu’un tel trafic ait eu lieu, mais il découvre en plus que les documents sur lesquels s’appuie la CIA – émanant notamment indirectement des services secrets italiens – sont faux.

En octobre 2002, la CIA présente un rapport intitulé « Iraq’s Weapons of Mass Destruction Programs » dans lequel, au mépris des conclusions de Wilson, il est mentionné l’existence quasi certaine d’un trafic de matière fissile entre un pays d’Afrique et l’Irak.

Le 28 janvier 2003, lors de son traditionnel discours sur l’état de l’Union, le président Bush déclare : « Le gouvernement britannique a appris que Saddam Hussein avait récemment acquis des quantités conséquentes d’uranium en Afrique », crédibilisant son plan de renversement de Saddam Hussein.

Le 20 mars 2003, au terme de l’ultimatum fixé par George W.Bush à Saddam Hussein, les troupes de la coalition bombardent Bagdad et déclenchent l’opération visant à « rendre l’Irak à son peuple ».

Le 6 juillet 2003, Joseph Wilson publie une tribune dans le New York Times où il donne sa propre version des faits et s’interroge sur l’utilisation des informations qu’il a pu recueillir. Il écrit : « Si ces informations ont été ignorées parce qu’elles ne correspondaient pas à une certaine vision préconçue de l’Irak, alors nous pouvons affirmer que nous sommes entrés en guerre sous de faux prétextes ». La polémique est lancée.

Moins d’une semaine plus tard, le 14 juillet 2003, un journaliste, Robert Novak, dans sa chronique du Washington Post, révèle que l’épouse de Joseph Wilson, Valerie Plame, est en fait agent à la CIA. L’info est reprise le lendemain par David Corn dans The Nation. Joseph Wilson commente : « Dévoiler ainsi son identité compromet toutes les opérations, tous ses contacts et tous les réseaux dans lesquels elle a été impliquée tout au long de sa carrière. »

Le 17 juillet 2003, Matthew Cooper publie à nouveau l’information dans Time Magazine et Judith Miller écrit un article sur le même sujet dans le New York Times. La divulgation de l’identité d’un agent de la CIA constitue un crime fédéral et, en décembre 2003, le procureur Patrick Fitzgerald ordonne l’ouverture d’une enquête. Miller et Cooper sont sommés de révéler leurs sources sous peine d’emprisonnement. Bien qu’invoquant le premier amendement de la Constitution américaine qui garantit la liberté d’expression dans la presse ainsi que le secret des sources, les deux journalistes n’échappent pas à la justice. Time Inc., employeur de Matthew Cooper, décide de coopérer. En juillet 2005, Judith Miller est incarcérée et ne sera libérée qu’en septembre de la même année après que sa source l’ait affranchie de sa promesse de confidentialité. On apprend alors que c’est Lewis Libby, proche collaborateur du vice-président Dick Cheney. Plus tard, le nom de Karl Rove, conseiller du président Bush et collaborateur de Dick Cheney, sera aussi évoqué.

En octobre 2005, le New York Times désavoue sa journaliste Judith Miller et estime que cinq des six articles qu’elle a écrits sur les armes de destruction massive irakiennes sont faux.

Le 16 mars 2007, Valerie Plame, rompant son devoir de réserve après quatre années de silence, déclare à des membres du Congrès que « certains hauts responsables de la Maison Blanche et du département d’Etat ont divulgué son identité de manière intentionnelle et irresponsable avec pour seule ambition de nuire à son mari ».

Le 5 juin 2007, Lewis Libby est condamné à deux ans de prison et à une amende de 250 000 dollars. Le 2 juillet, le président George Bush utilise son pouvoir de clémence pour le faire libérer.

Fair Game, L’espion qui fut laissé dans le froid

Fin 2001, Valerie Plame jonglait entre deux existences : sa vie privée en tant qu’épouse de l’ex- ambassadeur Joe Wilson et mère de leurs deux jeunes jumeaux, et sa vie professionnelle secrète – elle exécutait des missions pour la CIA. En tant que chef de la Joint Task Force de la CIA sur l’Irak, Valerie fut chargée d’infiltrer le programme d’armement de Saddam Hussein à un moment crucial de la période qui a précédé la guerre. Jerry Zucker, producteur de Fair Game, déclare : « C’était de toute évidence une histoire fascinante du point de vue politique, mais plus nous découvrions d’éléments sur l’effet qu’a eu cette histoire sur le mariage de Valerie et Joe, plus nous réalisions qu’il y avait, au-delà de l’aspect politique, un drame humain, une histoire profondément personnelle. »

'Trouver Valerie et Joe', à propos de Fair Game

Dès le départ, Doug Liman et les producteurs souhaitaient confier à Naomi Watts le rôle de Valerie Plame. Ayant démontré l’étendue de son registre et l’intensité de son jeu dans plusieurs films dont 21 Grammes, déjà face à Sean Penn, l’actrice incarnait à la perfection le mélange de féminité sereine et de calme inébranlable de Valerie Plame.

Fair Game : Raconter la vérité

Le tournage de Fair Game a commencé en avril 2009. Les prises de vues se sont déroulées à Washington, à New York, à Long Island au Marshall Field Estate, et dans le comté de Westchester dans l’Etat de New York. L’équipe s’est rendue à l’étranger pour tourner au Caire en Egypte, à Amman en Jordanie, et à Kuala Lumpur en Malaisie.